Entreprises, salariés, gouvernement... Le grand bazar du télétravail

Publié le par angeline351

Entreprises, salariés, gouvernement... Le grand bazar du télétravail

Des entreprises qui rechignent à des mesures trop strictes, des salariés moins enthousiastes à l'idée d'exercer à la maison… Avec le reconfinement, le travail à distance a perdu de son élan depuis le printemps : ce qui a changé, ce qui coince et ce qu'il coûte.

Eliane Lugassy, fondatrice de MonBuilding, qui conçoit des applis, le dit tout net : « Pour le premier confinement, on était pleine balle, tout le monde à la maison sans se poser de questions. Là, on est moins motivés. »

Ses 37 collaborateurs sont bien en 100 % distanciel, « mais ça va être difficile à tenir ». Eliane Lugassy évoque une moindre efficacité -« quand on est ensemble, on crée plus de valeur et les projets avancent plus vite » - et une démoralisation des troupes -« j'ai une équipe jeune et, quand on est isolé, c'est compliqué de se motiver ». Les données le prouvent : si, lors du premier confinement, le trafic sur les routes et dans les transports avait chuté à 5% de la normale, il est remonté à 95 % en septembre. Les salariés ont donc massivement repris le chemin du bureau et, à l'heure du reconfinement, le trafic a reculé lentement à 20 % de la normale, attestant d'une mise en œuvre relative du télétravail généralisé.

Car si le protocole sanitaire recommande jusqu'au 1er décembre « le télétravail cinq jours sur cinq là où il est possible», il ne l'impose pas. La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a certes durci le ton, menaçant de contrôler les récalcitrants en rappelant à l'ordre les plus visibles, comme Patrick Pouyanné, PDG de Total, qui incitait ses employés à continuer de venir deux jours par semaine. Reste que « ce protocole n'a pas valeur de loi, souligne Sabrina Kemel, avocate au cabinet FTMS. Si le chef d'entreprise instaure des rotations de personnel dans le respect des mesures sanitaires, il a peu de risques d'être condamné. »

« Les entreprises ont mis en place des protocoles internes, remarque Alban Moreau, du cabinet de conseil Fiteco. Elles jugent donc les conditions correctes pour faire venir certains salariés. » Tirant parti du flou juridique, chaque société a choisi elle-même où mettre le curseur du télétravail. Et il va rarement jusqu'au basculement comme à PSA (lire page 26) ou à Numa, entreprise de formation de 40 personnes où, selon son dirigeant Romain Cochet, « le test du télétravail à 100 % pendant le confinement s'est très bien passé, alors on ne s'est jamais arrêtés ».

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