Phildar, Alinéa, ces entreprises reprises par leurs dirigeants...

Publié le par angeline351

Phildar, Alinéa, ces entreprises reprises par leurs dirigeants...

Facilitée par une ordonnance d'Emmanuel Macron datant du 20 mai 2020, la reprise d'entreprises mises en redressement judiciaire se fait sans autorisation préalable du Parquet. Résultat : Phildar comme Alinéa retrouvent leurs dirigeants...à coûts moindres.

Il va y avoir du sang neuf au sein des enseignes de la galaxie Mulliez, comme on dit pour désigner Décathlon, Leroy Merlin, Pimkie, et d'autres encore, qui font toutes partie de l'Association familiale des Mulliez (AFM). En effet, parmi les entreprises sur lesquelles les tribunaux de commerce ont statué ces dernières semaines figurent Phildar et Alinéa. Et la similitude entre les modes de reprises de ces deux enseignes est troublante : pour la première, les 125 personnes dont les postes sont supprimés se verront proposer un emploi au sein de Pimkie, Grain de Malice ou Rouge Gorge, qui appartiennent à l'AFM, et pour la seconde, le millier de personnes sur le carreau espèrent trouver satisfaction chez Décathlon ou Leroy Merlin. 

PHILDAR AUSSI

En tout cas, c'est ce qu'a promis le repreneur d'Alinéa, Alexis Mulliez...qui n'est autre que l'ancien patron de l'enseigne fondée il y a près de trente ans. Choisi par le tribunal de commerce de Marseille le 14 septembre, il était le seul en lice et a donc repris Alinéa après qu'elle fut placée en redressement judiciaire en mai dernier. Même schéma pour Phildar. Ce 22 septembre, à Lille cette fois, le tribunal de commerce a préféré l'offre de PP Yarns, parmi les trois présentes (Kindy et Mondial Tissus avaient aussi déposé un dossier). PP Yarns? Une société créée par Eric Vandendriessche, directeur général de Phildar depuis fin 2019, qui s'est appuyé sur vingt membres de la galaxie Mulliez. Ces derniers ont mobilisé au total 14 millions d'euros. Mais ne reprennent "que" 15 magasins sur un total de 115 et 86 salariés sur 209, quand Kindy reprenait 52 magasins et Mondial Tissus 16. L'offre n'est également pas la mieux-disante sur le plan social. En revanche, elle est plus intéressante sur le plan financier.

Apurement de la dette

Ces reprises sont facilitées par une ordonnance d'Emmanuel Macron prise dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire le 20 mai dernier et valable jusqu'au 31 décembre 2020. Si avant, il fallait une autorisation préalable du Parquet pour reprendre une entreprise, ce n'est plus le cas. L'objectif était aussi de faciliter la reprise d'entreprises en difficulté.  Mais certains y voient maldonne. "Les repreneurs s'affranchissent de la dette au passage auprès des fournisseurs ou de l'Etat car un redressement judiciaire permet d'alléger les charges et d'éviter de faire un PSE", explique un spécialiste. Les tribunaux de commerce, eux, regardent attentivement les conséquences sociales. Et le reclassement promis pour les salariés restants d'Alinéa et de Phildar a dû peser dans la balance.

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