Les conditions de crédit aux entreprises et aux ménages se durcissent en Europe

Publié le par angeline351

 

Malgré les centaines de milliards d'euros déversés par la Banque centrale européenne (BCE) sur les marchés ces derniers mois, malgré les mécanismes de soutien mis en place par les Etats, les banques de la zone euro ont resserré leurs conditions de crédit au troisième trimestre. Et elles s'attendent à le faire de nouveau au quatrième, sur fond d'inquiétudes liées à une deuxième vague de la pandémie. Ce sont les conclusions de l' enquête trimestrielle sur la distribution de crédit bancaire menée par la BCE, selon laquelle 19 % des 143 banques de la zone euro interrogées font état de directives internes en ce sens concernant la clientèle des entreprises, et de critères d'octroi de prêts plus stricts au troisième trimestre. Elles n'étaient que 1 % au trimestre précédent.

« Certains secteurs restent vulnérables aux incertitudes autour du développement ultérieur de la pandémie et de la prolongation des mesures de soutien fiscal », explique la BCE, dont le Conseil des gouverneurs se réunit jeudi . Alors que les mesures sanitaires se multiplient en Europe, les analystes attendent des signaux.

Baisse de la demande de prêts d'urgence
Les critères d'octroi de crédit aux entreprises se sont resserrés en Espagne, mais aussi en Allemagne et en France, les banques évoquant leur perception et leur tolérance au risque comme des facteurs de resserrement. Elles se montrent en revanche positives sur leurs coûts de refinancement et leurs contraintes de bilan.

Ce resserrement des conditions de crédit aux entreprises reste bien en deçà des pics de la crise financière (52 % entre le quatrième trimestre 2007 et le premier trimestre 2009) et toujours en deçà du pic de resserrement de 30 % du quatrième trimestre 2011, lors de la crise de la dette souveraine, souligne toutefois la BCE.

La demande de prêts ou de tirage de lignes de crédit des entreprises a diminué au troisième trimestre, reflétant une baisse des besoins de liquidités d'urgence par rapport au deuxième trimestre, au pic de la crise, observe l'institution.

Conditions resserrées aussi pour les prêts immobiliers
Le dispositif des prêts garantis par l'Etat (PGE), « fortement utilisé par les entreprises depuis sa mise en place, est désormais beaucoup moins sollicité », a confirmé mardi la Banque de France dans un communiqué distinct. Son encours atteignait 120,7 milliards d'euros fin septembre, après 119,1 milliards fin août.

Au niveau européen, les ménages sont aussi touchés par le resserrement du crédit . La BCE l'a constaté au troisième trimestre sur les critères d'octroi pour l'achat d'un logement et pour le crédit à la consommation, alors même que la demande a augmenté, signe de rattrapage après les mois de confinement.

L'institution se prépare au pire, comme en témoigne l'appel renouvelé d'Andrea Enria, président du conseil de surveillance prudentielle de la BCE, en faveur de la création d'une « bad bank » qui reprendrait les créances douteuses stockées dans les bilans des banques de la zone euro. Selon lui, ces prêts en souffrance pourraient passer d'environ 500 milliards d'euros avant la pandémie à « 1.400 milliards d'euros ».

La BCE propose la création d'une « bad bank »
Pour absorber cette montagne de dette, « une société de gestion d'actifs européenne serait une solution efficace », ou à défaut un « réseau européen de sociétés nationales de gestion d'actifs », a-t-il écrit mardi dans une tribune intitulée « Cette fois, nous devons faire mieux ».

Alors que les banques se préparent à une vague d'impayés, il appelle à la création d'une structure de défaisance dont les actifs seraient « garantis par un organisme européen ».

Cette idée a jusqu'ici été accueillie avec réserve par les banques et les pouvoirs publics français. Elle résonne toutefois avec les discussions menées au Royaume-Uni, où la capacité des entreprises à rembourser leurs prêts d'urgence suscite des inquiétudes et nourrit les réflexions autour de la création d'une « bad bank ».

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