Mecafi à Châtellerault : comment le groupe Nexteam justifie le plan social

Publié le par angeline351

Mecafi à Châtellerault : comment le groupe Nexteam justifie le plan social

A Châtellerault, 242 suppressions de postes sont envisagées chez Mecafi. Dans un courrier à l'intersyndicale, le P-DG du groupe Nexteam justifie ce plan de restructuration. Il affirme que ses marges de manoeuvre financières sont limitées.

 

Depuis le 8 juillet 2020 et l'annonce d'un plan de 242 suppressions de postes chez Mecafi à Châtellerault, le groupe aéronautique Nexteam ne s'est plus exprimé publiquement.

Son P-DG, Ludovic Asquini, décline toute sollicitation médiatique. Il réserve ses explications à "(ses) collaborateurs et à (ses) partenaires", nous a-t-il précisé par téléphone.

Alors que les trois sites de production de Mecafi sont bloqués par les salariés depuis lundi 21 septembre, le dirigeant a justifié le plan social dans un long courrier adressé à l'intersyndicale.

Voici de larges extraits de cette lettre que les élus du personnel ont lue publiquement devant l'ensemble des salariés.

Sur l'origine du plan de restructuration de Mecafi
"Le PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) annoncé nous est (...) imposé par la conjoncture économique, écrit Ludovic Asquini.

Vous connaissez la situation financière de Mecafi depuis notre reprise en septembre 2018 (perte abyssale en 2018, équilibre en 2019, perte sur le premier semestre 2020). (...)

Le groupe (...) s’est lourdement endetté pour reprendre une société aux caisses vides qu’il a fallu renflouer. Le groupe a déjà largement joué son rôle en garantissant financièrement la société Mecafi et continue à le faire. Ce mois-ci, le groupe Nexteam va encore devoir soutenir Mecafi pour que les salaires puissent continuer à être payés à l’heure.

(...) L'urgence de la situation et l’arrêt quasiment complet de notre activité, comme de celle de toute notre branche d’activité, nous ont conduit à devoir bâtir dans les meilleurs délais ce projet, afin de ne pas obérer nos chances de survie et de pouvoir conserver l'emploi de plus de la moitié des salariés de notre société."

 
Le groupe s’est lourdement endetté pour reprendre une société aux caisses vides qu’il a fallu renflouer.

Ludovic Asquini, P-DG de Nexteam, dans un courrier à l'intersyndicale de Mecafi.
Sur les mesures d'accompagnement du plan social
"Ces mesures se doivent d’être réalistes par rapport aux moyens dont notre groupe dispose.

(...) Nous ne pouvons entrer dans un financement de notre PSE qui serait sans mesure et réalisme, et obérer par là-même nos chances de poursuivre notre activité pour plus de la moitié des salariés qui continueront, grâce à ce plan, à travailler au sein de la société Mecafi.

(...) Mecafi représente plus de 75 millions d’euros d’endettement pour le groupe avec au moins cinq ans de pertes projetées. (...)

Si je devais me comporter en simple actionnaire financier, la solution évidente serait de faire connaître la situation de Mecafi au tribunal de commerce qui devrait trouver une solution aux 499 collaborateurs avec des mesures d’accompagnement très minimalistes.

Nous sommes conscients que ce PSE ne sera jamais à la hauteur de ce que vous pourriez attendre mais les mesures proposées à ce stade de la négociation sont en lien avec nos capacités financières et représentent un endettement supplémentaire très significatif. (...)

Sur le blocage en cours des trois sites de production
"Si la grève est un droit, le blocage est quant à lui un délit qui, en plus de détériorer encore plus notre trésorerie, dégrade la confiance de nos clients et nous met sous le coup de pénalités de retard, continue le P-DG de Nexteam.

Vous comprendrez donc qu’il ne peut être envisagé d’avancer dans les négociations sans la levée des blocages de nos trois sites, actuellement constatés."

 
 Nos résultats prévisionnels 2020 s’avèrent déjà à date encore plus catastrophiques que ceux que nous envisagions.

Ludovic Asquini, P-DG de Nexteam.
Sur les négociations en cours du PSE
(...) Nous travaillons activement (...) sur la tentative de réduction du nombre de licenciements qui seraient au final notifiés, par le biais du dispositif d’activité partielle de longue durée.

Néanmoins (...), nos résultats prévisionnels 2020 s’avèrent déjà à date encore plus catastrophiques que ceux que nous envisagions au début de notre procédure d’information /consultation, ayant perdu des volumes supplémentaires depuis notre annonce, et nous devons nécessairement en tenir compte pour la survie de notre société.

Notre premier objectif est (...) de tenter de préserver un maximum d'emplois, tout en restant cohérent avec la réalité actuelle, économique au sein de notre secteur d’activité et financière, compte-tenu des moyens de notre groupe."

 
Les trois sites de production toujours bloqués
Ce jeudi 24 septembre, les salariés de Mecafi ont voté le maintien du blocage des trois sites de production (Prisma, Eolia, Idea), engagé depuis lundi 21 septembre.

Dans la matinée, ils ont refusé en bloc la demande de leur direction d'autoriser l'expédition de pièces réclamées "en urgence" par le groupe Safran, client de Mecafi.

Une nouvelle réunion du PSE est programmée ce jeudi après-midi. Les salariés réclament des "mesures d'accompagnement cohérentes".

 

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