Le gouvernement a choisi les villes qui accueilleront 2.500 agents du fisc

Publié le par angeline351

Le gouvernement a choisi les villes qui accueilleront 2.500 agents du fisc

Le projet de relocalisation d'une fraction des 100.000 agents du fisc est sur les rails. Cinquante villes candidates ont été retenues pour les accueillir. Vingt autres s'ajouteront avant la fin de l'année.

Agen, Angoulême, Carpentras, Dieppe ou Nevers. Cinquante communes ont été sélectionnées pour accueillir les 2.500 agents du fisc qui vont être délocalisés d'ici à 2026. En octobre, une deuxième vague comprenant une vingtaine de villes viendra compléter la liste.

Lancé en 2019 par Gérald Darmanin, du temps où il était à Bercy, le projet de « démétropolisation » (comme on l'appelle dans le jargon interne) aboutira au transfert de 2,5 % des quelque 100.000 agents de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) vers des villes moyennes et petites. La démarche vise à « rééquilibrer la présence des services sur le territoire […] des emplois situés dans les métropoles les plus peuplées, notamment l'Ile-de-France », a rappelé Jérôme Fournel , le directeur général de l'administration fiscale, dans un courrier électronique adressé à ses équipes, le 3 septembre.

Si le contour est connu, le détail des transferts reste à définir. Ces questions, qui suscitent évidemment beaucoup de crispations, doivent être discutées dans les groupes de travail constitués à cet effet, d'ici à la fin de l'année. A ce stade, seul le centre de service bancaire de Versailles sait déjà qu'il sera relocalisé dans une autre ville l'an prochain. Les communes de Mâcon ou Angoulême pourraient accueillir la trentaine d'agents qui y travaillent, indique une source syndicale.

Réseaux de proximité
La direction n'envisage pas de muter d'autres services entiers. « La logique est plutôt de réorganiser le métier, comme par exemple sur la publicité foncière [les agents chargés de fournir les données pour les transactions immobilières, NDLR]. Ce sont des services territoriaux avec des charges de travail très variables et l'idée est de créer des services d'appui pour venir absorber la surcharge et tenir ainsi les délais », précise Jérôme Fournel aux « Echos ».

Parallèlement à ce projet, l'administration fiscale poursuit la mise en place des « nouveaux réseaux de proximité », censés faciliter l'accès à ses services dans les territoires. « Les deux projets sont complémentaires », assure l'ancien directeur de cabinet de Gérald Darmanin. « Les réseaux de proximité permettent d'améliorer le service auprès des usagers et des élus locaux, en augmentant de 40 % le nombre de communes dans lesquelles la DGFiP est présente. La relocalisation des agents basés dans les métropoles répond, elle, à une logique d'aménagement du territoire : on aura des pôles d'expertise ailleurs qu'en Ile-de-France. »

De nombreuses trésoreries fermées
Du côté des syndicats, on dénonce une forme d'illusion d'optique. « Ces projets donnent l'impression qu'on remet de l'emploi en région ou que l'on va redynamiser des centres-villes, alors que de nombreuses trésoreries ont été fermées ces dernières années. Au final, le solde sera bien négatif », pointe un représentant.

De fait, le fisc, comme les autres administrations rattachées à Bercy, assume le gros de l'effort en matière de suppressions de postes de fonctionnaires, alors que la crise des « gilets jaunes » a plutôt découragé les initiatives dans les autres services de l'Etat. Une réalité que Jérôme Fournel ne nie pas. « Entre 2020 et 2022, 4.900 emplois auront été supprimés à la DGFiP. Mais la grande nouveauté est que désormais, l'effort portera davantage sur les grandes villes que sur les départements ruraux, c'est-à-dire l'inverse de la logique qui prévalait jusqu'ici. »

En plus des 2.500 agents du fisc qui seront relocalisés, environ 500 fonctionnaires de Bercy quitteront Paris et les grandes villes dans les prochaines années.

Isabelle Couet

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