La crise fragilise les étudiants les plus précaires A Metz, l’épicerie solidaire fournit des denrées alimentaires à un nombre croissant d’étudiants en difficulté. Des jeunes qui peinent, plus que d’habitude, à trouver des petits boulots à côté de leurs études.

Publié le par angeline351

La crise fragilise les étudiants les plus précaires
A Metz, l’épicerie solidaire fournit des denrées alimentaires à un nombre croissant d’étudiants en difficulté. Des jeunes qui peinent, plus que d’habitude, à trouver des petits boulots à côté de leurs études.

Après une longue trêve estivale, l’épicerie étudiante solidaire de l’île du Saulcy, à Metz, a rouvert mardi 22 septembre. Difficile de ne pas la trouver, le local jouxte celui des poubelles du bâtiment Simone-Veil de l’université de Lorraine. Derrière la porte métallique, un canapé bleu élimé, au fond de la pièce, nous tend ses accoudoirs ; il permet aux étudiants de passage de se poser quelques instants. Sur la droite, une palette entière de petits pots de compote précède une autre, garnie de conserves. Il y a aussi un four, un réfrigérateur, des plaques de cuisson. En temps normal, des étudiants y sont souvent affairés à la préparation d’un repas. Désormais, le protocole sanitaire interdit une cuisine collective dans l’enceinte du campus.

En 2018, 67 étudiants avaient profité du canapé bleu et des produits de première nécessité fournis gratuitement par l’épicerie solidaire du campus de Saulcy. En 2019, ils étaient 106. En cette rentrée 2020, ils sont 142 à être inscrits – en particulier des étudiants étrangers.

Les décodeurs : Précarité : près de 20 % des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté
Oussama, 22 ans, étudiant algérien en master de sciences de l’ingénieur à l’université de Lorraine, fait ses comptes : il reçoit 600 euros par mois de sa famille, auxquels il enlève 180 euros pour le loyer de sa chambre de 9 m2 (qu’il partage avec des blattes) du Crous. Il soustrait également le coût de sa carte de transport et de son abonnement téléphonique. Tous ces frais fixes réglés, il lui reste chaque mois 300 euros pour vivre. En France, le seuil de pauvreté, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit « à 1 041 euros par mois pour une personne seule », dit l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Oussama, comme des milliers d’autres étudiants, est bien en deçà.

« Perte de dignité »

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