Castex: "La France a tenu mais est considérablement affaiblie"

Publié le par angeline351

Castex: "La France a tenu mais est considérablement affaiblie"

Le plan de relance de 100 milliards d'euros a été détaillé ce jeudi par le gouvernement, autour de ses trois piliers: 30 milliards d'euros pour la transition écologique, 35 milliards pour les entreprises et 35 milliards pour la cohésion sociale et territoriale.  "Un cadeau pour la France" pour éviter un "effondrement de l'économie française et une explosion du chômage", a déclaré le Premier ministre, Jean Castex.

Baptisé "France relance", le dispositif doit relancer l'économie française pour retrouver en 2022 le niveau d'activité  de 2019. Baptisé "France relance".

Alors que la culture n'a pas du tout été évoquée lors de cette présentation du plan de relance, le Premier ministre s'est défendu sur les 2 milliards d'euros prévus pour la culture dans le plan, en réponse à une question d'un journaliste: "Je considère, c'est un choix politique, que la culture est un investissement d'avenir. J'ai conduit avec la ministre de la Culture des consultations la semaine dernière. Tous les acteurs [rencontrés], me semble-t-il, nous ont plutôt exprimé une vive satisfaction des options qui sont retenues."

"Nous attendons des entreprises qu'elles jouent le jeu"
Interrogé sur les contreparties, Bruno le Maire a réitiré sa demande aux entreprises : "Nous attendons des entreprises qu'elles jouent le jeu de ce plan de relance et nous avons un certain nombre de dispositifs pour lesquels nous définirons des contreparties."

"N'opposons pas offre ou demande, a enchaîné Jean Castex, défendant un plan de défense de l'emploi. Nous cherchons à renforcer la compétitivité de notre pays. C'est le tissu productif qui a surtout été impacté. 55 milliards d'euros ont été perdus dans ce secteur. "Vont bénéficier de ces mesures en majorité des PME, TPE et ETI, c'est-à-dire des entreprises non délocalisables. Grâce à ces mesures, nous allons relocaliser. Sur les secteurs d'activité, on est plutôt sur le domaine industriel. Notre volonté c'est que ces entreprises à caractère industriel puissent se développer en France. Il faut enlever toutes les entraves qui empêchent ce développement."
Pour conclure, Jean Castex promet de de veiller à trois exigences, car "le comment a autant d'importance que le quoi". "La première c'est la concertation. Nous avons concerté pour la construction du plan nous continuerons de le faire pour toute sa mise en oeuvre, a d'abord assuré le Premier ministre. Deuxième exigence : le suivi de l'exécution. Ce plan est ambitieux avec de nombreux programmes différents. Si nous voulons qu'il produise ses effets, il est indispensable de le piloter de près. Nous allons mettre en place un suivi de l'exécution. Enfin troisième exigence : la territorialisation à chaque fois que cela sera possible".

Elisabeth Borne prend la parole pour le volet emploi du plan

Le volet "cohésion sociale et territoriale" de 35 milliards d'euros est présenté par Elisabeth Borne, ministre du Travail. 

"Le volet "emploi" du plan de relance représente un investissement total de 15 milliards d'euros. "Il repose sur trois grands chantiers, a indiqué la ministre. D'abord, le plan jeune, présenté dès juillet compte tenu de l'urgence et qui vise à donner des solutions aux 750.000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Il est massif, puisqu'il est de 6,7 milliards d'euros, son déploiement est conçu et réalisé avec les acteurs des territoires." Il s'agit d'aides à l'embauche pour les jeunes et les apprentis, de la création de 200.000 places de formation orientées vers les métiers d'avenir et de la création de 300.000 parcours d'insertion subventionnés par l'Etat, comme des Parcours Emploi Compétences (PEC) ou encore la Garantie Jeune.

"Second chantier à 7,6 milliards d'euros, c'est un bouclier anti-licenciement pour protéger les entreprises qui subiront une baisse d'activité dans les prochains mois, a enchaîné Elisabeth Borne. Il s'agit d'éviter que les entreprises se séparent des salariés et des compétences dont elles auront besoin dans la reprise en combinant activité partielle de longue durée avec le financement de formation." Sur cette enveloppe, un milliard d'euros servira à financer la formation des salariés concernés par ce dispositif.

Le troisième chantier: près d'1 milliard d'euros sera investi pour accompagner les salariés des secteurs en difficultés vers les secteurs porteurs, soutenus par le plan de relance. 

Outre les mesures de formation et de maintien d'emploi, le plan de relance comprend des mesures d'investissement dans le secteur médico-social d'un montant de 6 milliards d'euros, tel que promis lors du "Ségur de la Santé". Plus de 5,2 milliards d'euros seront également consacrés aux collectivités locales.

"Un pas de géant pour la transition écologique", estime Barbara Pompili

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili prend la parole à la suite de Bruno Le Maire pour présenter le volet environnemental de 30 milliards d'euros du plan de relance. "Je veux d'abord dire que ce plan, c'est un bond de géant pour la transition écologique, a indiqué la ministre. Sa part verte est sans commune mesure : les axes dits de "verdissement" représentent un tiers de son montant."

Concrètement le volet verdissement soutiendra la transformation de tous les secteurs fortement émetteurs de gaz à effet de serre: transports, bâtiments, l'énergie/industrie et l'agriculture. 

"Les transports bénéficieront de 11 milliards au total, sur le ferroviaire, le fret et notamment sur les petites lignes", a rappelé la ministre. Sur cette enveloppe, 4,7 milliards vers le ferroviaire dans le but d'augmenter le transport de marchandises et d'ajouter des lignes régionales. Près de deux milliards d'euros serviront à compenser les pertes de la SNCF liées à la baisse de trafic lors de la crise du coronavirus. Le plan compte par ailleurs développer l'usage du vélo dans les villes et les transports en commun.

Pour massifier la rénovation des bâtiments, 6,7 milliards d'euros seront consacrés à la rénovation énergétique des bâtiments publics et privés dont une enveloppe de 2 milliards d'euros pour un dispositif baptisé "ma prime rénov'", qui sera désormais ouvert à tous, pour "lutter contre les passoires thermiques où qu'elles soient".

Deux milliards d'euros seront dédiés sur deux ans à l'industrie de l'hydrogène, présentée comme un élément clé de la transition énergétique. L'objectif est d'investir 7 milliards d'euros dans ce secteur d'ici 2030.

Deux milliards d'euros seront utilisés pour inciter les consommateurs à acheter des voitures électriques et deux autres milliards financeront la recherche et développement d'un avion plus propre.

1,2 milliards d'euros seront également consacrés à la transition de l'agirculture: "1,2 milliard pour la transition agricole permettront de développer une agriculture plus saine et environnementale et 250 millions d'euros pour accélérer le renouvellement des équipements agricoles, ce qui permettra de diminuer le recours aux pesticides. Le plan comprend également 250 millions d'euros pour rénover les abattoirs et 200 millions d'euros pour aider les forêts à s'adapter au changement climatique." 

Enfin, deux milliards d'euros seront encore consacrés au recyclage et à l'économie circulaire.

"Ces investissements sont un investissement dans notre avenir. Nous serons au rendez-vous pour assurer le suivi", a conclu Barbara Pompili.

Nous allons y arriver", promet Bruno le Maire

 

Bruno Le Maire est le premier ministre à prendre la parole après Jean Castex, pour donner des détails sur le plan de relance. "Nous allons y arriver, la France sortira plus forte de cette crise, avec une économie plus compétitive et plus décarbonnée", a d'abord voulu rassurer le ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance.

Sur le volet de la compétitivité française, le plan de relance prévoit d'investir 35 milliards d'euros au total. Première mesure : une 20 milliards d'euros de baisse des impôts de production sur deux ans. Ensuite le plan de relance prévoit un milliard d'euros d'aides pour la relocalisation industrielle, dont 600 millions d'euros dans cinq secteurs stratégiques comme la santé, l'électronique ou encore l'agroalimentaire.

Enfin le Programme d'investissement d'avenir (PIA), programme d'investissement de long terme initié par l'Etat en 2010, mobilisera 11 milliards d'euros sur les deux prochaines années pour soutenir l'innovation.

Le ministre a aussi voulu être ferme sur le suivi du plan: "Nous mettrons en place une batterie d'indicateurs de suivi, sur le taux de décaissement, sur les créations d'emploi, sur la rénovation énergétique afin que les Français puissent suivre directement la mise en oeuvre de ce plan de relance."

Pas de hausse d'impôts et dette soutenable
"Il n'y aura pas de hausse d'impôts, cette erreur affaiblirait notre croissance et enverrait des signaux négatifs aux ménages comme aux entreprises. (...) Grâce à l'accord historique obtenu par le président de la République, nous bénéficions d'un soutien européen à hauteur de 40 milliards d'euros." (...) Nous en attendons un très rapide retour sur investissement." 

Le Premier ministre a ainsi défendu le principe d'un tel plan de relance:"La pire option, pour la soutenabilité de notre dette, serait de ne pas faire de plan de relance. De laisser l’économie s’installer en sous-régime. 4 points de PIB perdus, c’est, chaque année, environ 50 milliards d'euros de recettes non perçues." Jean Castex estime également que  l'effet sur la dette sera "presque entièrement résorbé à partir de 2025".

 "Plan le plus massif des pays européens"
"Ce plan de relance de 100 milliards, c'est presque quatre fois plus que le plan de relance de 2008. Cela représente un tiers du budget de l’Etat. C’est le plan de relance le plus massif annoncé à ce jour parmi les pays européens", assure le Premier ministre.

 Jean Castex prend la parole 
"La France a tenu mais est considérablement affaiblie", a déclaré le Premier ministre, Jean Castex, au sujet de la crise économique provoquée par la pandémie de coronavirus. Jean Castex tient une conférence de presse pour annoncer les contours du plan de relance. "100 milliards d'euros, c'est le montant dont notre économie a besoin", affirme Jean Castex. L'objectif annoncé est de retrouver le niveau de richesses d'avant-crise d'ici à 2022.

 Les oppositions dénoncent les insuffisances du plan de relance
Les oppositions ont dénoncé jeudi les insuffisances du plan de relance du gouvernement, à l'instar du premier secrétaire du PS Olivier Faure qui a critiqué un "plan du sapeur Camember" qui "vient bien tard". "C'est le plan du sapeur Camember, ce personnage de bande dessinée au 19ème siècle", qui creusait à chaque fois un trou pour remplir le précédent, "et c'est ce qui se passe aujourd'hui", a déploré le député de Seine-et-Marne sur franceinfo.

"Vous avez un plan dont on nous dit qu'il est censé préparer l'avenir et (...) dans le même temps on fait aussi en sorte d'aider les entreprises carbonées, qu'il n'y ait pas de conditions fixées à la baisse de la fiscalité pour les entreprises", a-t-il dénoncé. "Sur 100 milliards, consacrer aussi peu à la santé, aussi peu à la rénovation thermique des bâtiments, c'est juste incompréhensible", a-t-il poursuivi, en estimant aussi que le plan "vient bien tard", car le gouvernement "a attendu un trimestre".

A droite, le patron de LR Christian Jacob a également jugé que "le plan de relance du gouvernement arrive tard". "On aurait dû le faire avant l'été pour permettre aux entreprises d'anticiper davantage", a-t-il estimé sur Twitter.

 

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