Ticket restaurant universitaire et allocation de rentrée : les nouvelles mesures contre la précarité

Publié le par angeline351

Ticket restaurant universitaire et allocation de rentrée : les nouvelles mesures contre la précarité

M. Castex a annoncé, mercredi, la réduction du repas universitaire à un euro pour les boursiers et une augmentation de 100 euros de l’aide à la rentrée scolaire.

C’est un « coup de pouce », un « petit plus » qui ne « suffira pas », prévient-on déjà dans les milieux associatifs. Le premier ministre, Jean Castex, a annoncé, lors de son discours de politique générale, mercredi 15 juillet, devant l’Asemblée nationale, la réduction du prix des repas universitaires à un euro pour les étudiants boursiers, et l’augmentation de 100 euros de l’allocation de rentrée scolaire, versée chaque année aux familles les plus fragiles. Des mesures de « protection » et de « soutien » à destination de deux catégories de Français identifiées comme « vulnérables ».

Dès la rentrée, le ticket restaurant universitaire, ou ticket RU, ne coûtera plus que 1 euro aux étudiants boursiers, contre 3,30 euros actuellement. Une mesure destinée à « soutenir les étudiants, notamment les plus modestes, qui se retrouvent en difficulté avec moins d’accès aux petits boulots », a précisé le premier ministre. Avec ce geste envers les 715 804 boursiers de l’enseignement supérieur, le gouvernement semble entendre la revendication des syndicats étudiants, qui alertaient depuis plusieurs mois sur « l’explosion » de la précarité pendant la crise sanitaire.

« 74 % des jeunes en difficulté financière »
Ces derniers saluent une « belle annonce », et soulignent que la part de la nourriture a augmenté dans le budget des étudiants pendant le confinement. Selon une enquête de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) avec l’institut Ipsos publiée le 13 juillet, « 74 % des jeunes de 18 à 25 ans ont eu des difficultés financières ces trois derniers mois, dont des problèmes pour s’alimenter », rappelle Orlane François, présidente de la FAGE. Elle prévient que le ticket RU à un euro pour les uns ne doit pas se traduire par une augmentation pour les autres. En 2019, le prix du repas avait augmenté de 5 centimes, passant de 3,25 à 3,30 euros. La FAGE réclame en outre de l’aide pour les étudiants non boursiers, « qui, eux aussi, ont perdu des petits boulots et se retrouvent sans ressources ».

« La tarification sociale dans les restaurants universitaires était nécessaire, se félicite également Mélanie Luce, de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF). Car, sans cela, certains ne peuvent même pas manger. Mais les étudiants n’ont pas seulement des problèmes de frigo, ils ont aussi des problèmes de loyer et de santé. » Les deux syndicats appellent de nouveau à réformer le système des bourses pour toucher plus d’étudiants.

Une précarité aggravée par le Covid-19
Les familles les plus modestes, elles, verront leur allocation de rentrée scolaire (ARS) augmenter de 100 euros. Pour la rentrée 2019, cette aide perçue par 3 millions de foyers sur conditions de ressources allait de 369,95 euros pour un écolier jusqu’à 403,88 euros pour un lycéen. Là encore, les associations de terrain ne peuvent que se réjouir de cette aide pour des familles souvent fragilisées par la crise due au Covid-19. Dans une enquête de l’Insee publiée le 19 juin, les plus modestes étaient trois fois plus nombreux que les plus riches à déclarer une situation financière dégradée au cours du confinement (30 % contre 11 %).

 La rentrée est un moment de grande tension financière pour les familles, obligées de racheter du matériel tous les ans », rapporte en outre Aminata Koné, secrétaire générale de la Confédération syndicale des familles (CSF). Surtout cette année, alors que le confinement a démontré « l’importance de l’équipement numérique », outil essentiel de « l’école à la maison » dont les élèves démunis sont parfois restés éloignés, faute de matériel. Mais les 100 euros supplémentaires ne sortiront pas les familles de la précarité. « Cela peut aider à acheter des fournitures et de la nourriture, à être plus tranquille pendant quelques jours, concède Marie-Aleth Grard, vice-présidente d’ATD Quart Monde France. Mais ça ne suffira pas à aider ces familles à s’en sortir. »

Publié dans INFORMATION, VOS DROITS

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