Loire-Atlantique. Airbus : les salariés espèrent échapper à la saignée

Publié le par angeline351

Loire-Atlantique. Airbus : les salariés espèrent échapper à la saignée

L’annonce, mardi, par le PDG d’Airbus, d’un plan de suppression de 15 000 emplois en Europe, dont 5 000 en France, n’a pas surpris les 7 000 salariés des deux usines du groupe et de sa filiale Stelia Aerospace en Loire-Atlantique.

Dès la fin avril, dans un courrier qu’il leur avait adressé, Guillaume Faury laissait entendre que les mesures de chômage partiel touchant une partie des 135 000 salariés du groupe ne suffiraient pas à passer le trou d’air provoqué par la crise sanitaire. Depuis, les « Airbusiens » s’attendaient à subir une saignée de grande ampleur. Mais ils devront encore attendre ce jeudi matin pour savoir quelle sera sa déclinaison par site.

« L’activité a déjà redémarré, ce n’est pas le moment de tailler dans les effectifs »
Il est temps qu’on sache enfin. On ne pouvait pas rester plus longtemps dans le flou, explique Xavier Dahéron, président de la CFE-CGC d’Airbus Nantes (2 650 salariés). Majoritaire chez les cols blancs (ingénieurs, agents de maîtrise), le syndicat a d’ores et déjà fait savoir qu’il s’opposerait à tout départ contraint de salariés. Et plaide pour la mise en œuvre de tous les dispositifs possibles, dont l’activité partielle de longue durée, pour sauver des emplois.

De son côté, la CGT, majoritaire chez les cols bleus, veut croire que la production sera relativement épargnée. Il y a eu très peu d’annulations de commandes, on a plus de 7 600 avions à livrer. Il faudra bien les fabriquer, souligne Laurence Danet, la secrétaire du syndicat. L’activité a déjà redémarré, on est remonté à 50 livraisons par mois, contre 60 avant la crise. La direction fait revenir des ouvriers qui étaient en chômage partiel sur leurs jours fériés. Ce n’est pas le moment de tailler dans les effectifs ».

À Bouguenais, les syndicats organisent deux assemblées générales, en fin de matinée et en début d’après-midi, pour informer les salariés après la réunion du comité de groupe prévue ce jeudi 2 juillet. Même s’il y a du chômage partiel et du télétravail, on s’attend à avoir beaucoup de monde.

La crainte d’un effet domino
À Montoir (3 400 salariés), FO appelle à des débrayages, au même moment, pour dire non aux licenciements secs. Frédérick David, le responsable du syndicat majoritaire chez les « compagnons », dénonce l’ampleur du plan de restructuration annoncé pour faire face à un trou d’air qu’il espère conjoncturel. Si demain ça repart, il va nous manquer des compétences.

FO craint en outre un effet domino sur toute la filière aéronautique. Avec nos sous-traitants et les intérimaires, c’est au moins le double d’emplois qui risque de disparaître. Afin de limiter la casse, le syndicat plaide pour le maintien de l’activité partielle avec l’aide de l’État , l’activation des plans de formation et la mise en place de mesures d’âge pour les salariés proches de la retraite. Mais aujourd’hui, la pyramide des âges n’est pas favorable, avec guère plus de 130 salariés âgés de plus 58 ans, souligne Frédérick David.

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