Salaires, chômage… les propositions de Geoffroy Roux de Bézieux et Laurent Berger:buf buf l’hypocrisie d'un faux dialogue 

Publié le par angeline351

Salaires, chômage… les propositions de Geoffroy Roux de Bézieux et Laurent Berger

les responsables du Medef et de la CFDT se sont retrouvés au siège de notre journal pour débattre de leurs solutions pour faire face à la crise économique.



PIB en chute, chômage en forte hausse, risque de défaillances d'entreprises en cascade… Le patron des patrons et le syndicaliste réformiste ont accepté, comme en février 2019, notre invitation à débattre ensemble de leur vision de la crise économique et sanitaire et de leurs solutions pour la relance.

Vendredi, un peu avant 9 heures, Geoffroy Roux de Bézieux et Laurent Berger sont arrivés séparément au siège du « Parisien-Aujourd'hui en France », en voiture, muni d'un masque, retiré dans la salle de réunion où les chaises sont disposées à bonne distance. Les traits sont tirés et les mines graves à l'heure d'évoquer les enjeux auxquels la France est confrontée. Face à l'urgence de la situation, l'un et l'autre soulignent la nécessité de prendre le temps de l'analyse et sont également convaincus que l'une des clés résidera dans la qualité du dialogue social instauré dans les entreprises.

LE DÉCONFINEMENT
Comment se passe la reprise ?

GEOFFROY ROUX DE BÉZIEUX. Elle se fait dans la sécurité, de façon assez progressive. Le commerce non alimentaire est reparti, le bâtiment aussi. Mais dans l'industrie, qui a continué à tourner à 60 %, les carnets de commandes se remplissent plus doucement. Le confinement a été une période très intense de dialogue social dans les entreprises et, dans la très grande majorité des cas, tout s'est fait en bonne intelligence avec les représentants du personnel.

LAURENT BERGER. Le dialogue social a fait la différence. Là où il y en a eu un, comme chez Toyota, cela s'est bien passé. Et quand il n'y en a pas ou avec retard, comme chez Amazon, cela se passe mal. Les travailleurs vont être, à juste titre, exigeants pour leur santé. La confiance et le dialogue sont déterminants pour imaginer les nouvelles règles que le Covid nous impose.

 
G.R.B. Et cela se fera au plus près du terrain. On ne peut pas imposer les mêmes règles à un chantier, un supermarché ou une usine automobile. Mais arrêter la production pour nettoyer les chaînes ou limiter le nombre de clients dans un magasin a un coût. A un moment dans la chaîne de valeur, il faut que quelqu'un paye. On rentre dans un monde économique et des modèles qu'on ne connaît pas.

LA RELANCE
Quelles pistes voyez-vous se dessiner pour la relance ?

L.B. Cette crise sanitaire interroge la raison d'être de l'entreprise et les indicateurs de ce qu'est le progrès. On a mis l'économie à l'arrêt pour sauver des vies mais en temps normal, il y a aussi des victimes, de la pollution par exemple. Cela nous invite à repenser notre modèle. Surtout, ne repartons pas sur des logiques « low-cost ».

G.R.B. On ne pourra pas passer cette pandémie par pertes et profits, ni se dire : « On fait la relance et on oublie ». Au Medef, nous avons mis en place un groupe de réflexion sur les grandes tendances qui ont émergé : écologie, relocalisation, télétravail.

L.B. On ne s'en sortira pas sans prendre le temps de l'analyse. Il faut accepter de tout regarder, même des choses qu'on n'a pas forcément envie de voir comme le fait que les plus fragiles ne sont pas les mieux protégés par notre système de protection sociale.

 

 

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