Face au coronavirus, le collectif inter-hôpitaux "ne veut pas de médailles, juste des moyens"

Publié le par angeline351

Face au coronavirus, le collectif inter-hôpitaux "ne veut pas de médailles, juste des moyens"

Pour le collectif, qui réclame “une revalorisation des salaires" des soignants, les annonces du gouvernement sont "une provocation".

Cela fait plus d’un an qu’ils sont en grève et la crise du coronavirus est passée par là. Alors quand ils entendent qu’ils vont recevoir une “médaille”, la colère regagne les rangs des soignants plus mobilisés que jamais pour lutter contre la maladie. Ce 14 mai, sur France Info, le collectif inter-hôpitaux estime que les annonces du 13 mai, après un conseil des ministres qui leur était en partie dédié, sont “une provocation”.

“Nous on ne demande pas de médaille, on demande juste des moyens pour faire notre travail”, a déclaré Olivier Milleron, cardiologue à l’hôpital Bichat à Paris et membre du collectif. Autre proposition de LREM qui est très mal passée, la possibilité “d’offrir des jours de RTT aux soignants”. “On a l’impression qu’il n’y a pas du tout de connaissances. Le problème c’est qu’il n’y a pas assez de personnel dans les hôpitaux”, insiste le médecin.

“On va défiler avec les sacs poubelles?”
Même réaction à propos du défilé du 14 juillet où les personnels hospitaliers pourraient être invités à défiler, comme l’a fait savoir le Premier ministre lors de ce même conseil. “Le 14 juillet, c’est un défilé militaire, qu’est-ce qu’on va y faire? On va défiler avec les sacs poubelle qu’on a été obligés de mettre dans les services parce qu’on n’avait pas de protection, et qu’on n’a pas été capable de nous en donner?”, ironise le médecin, très en colère.

Avec son collectif, il réclame “une revalorisation des salaires, on ne veut pas de prime. C’est obligatoire. Emmanuel Macron s’était engagé à ça, il doit le faire”, a-t-il insisté. Emmanuel Macron doit s’entretenir par visioconférence avec des soignants ce 14 mai dans l’après-midi. Peut-être en vue d’une réponse à cette attente?

Pour FO c’est un plan d’envergure qu’il faut mettre en œuvre ! La charité, c’est l’ancien Monde !

Communiqué de la Fédération des Personnels des Services Publics et des Services de Santé Force Ouvrière

Les nombreux dons en nature et espèces, les initiatives en tous genres et les actes de bénévolat à l’adresse des établissements de santé, Ehpad... posent question.

Pour autant, avant d’entamer son propos, la Fédération des personnels Services Publics et des Services de Santé Force Ouvrière (FO-SPS) tient à remercier l’ensemble des acteurs contribuant ou ayant contribué aux soutiens des agents qui sont en première ligne face au Covid-19, y compris ceux qui depuis des années ont voté et limité drastiquement l’Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie (Ondam) avec les conséquences que nous connaissons aujourd’hui ! Les mêmes souhaiteraient aujourd’hui, que les hospitaliers bénéficient de la charité des travailleurs du secteur privé par le don de jours de congés monétisés en chèques vacances.

Les mêmes, ont décidé d’attribuer une prime en direction du secteur sanitaire et médico-social, qui par ses modalités de répartition devient illisible, inégalitaire, et injuste, en instituant des limitations en fonction du lieu d’exercice et du temps de présence, alors qu’ils reconnaissent que tout le secteur public de la santé s’est pleinement mobilisé et mis en danger face à la pénurie de protections individuelles mais aussi d’effectifs et de lits.

Pour tous ces repentis, la Fédération FO-SPS adresse un message clair et exige :

 Que la prime promise pour tous les hospitaliers soit de 1 500 € pour tous, quel que soit le territoire, l’établissement, le temps de travail effectif ;

 Que cette même prime soit étendue aux Ehpad, au secteur médico-social, au handicap, et au secteur socio-éducatif ;

 Que le gouvernement transmette aux organisations syndicales représentatives, une lettre de cadrage ainsi qu’un agenda social hospitalier sur l’après Covid tant sur les salaires et les déroulements de carrière, que sur l’avenir de notre système de soins.

La Fédération FO-SPS rappelle que ce n’est pas à coup de primes éphémères et d’actes de charité que notre système de santé retrouvera de l’efficacité, du prestige et une réputation que nous enviaient de nombreux pays étrangers. Aucun sujet ne doit être tabou et l’après crise a déjà débuté, socialement tout au moins.

Nos dirigeants doivent comprendre que la santé reste un investissement et non une dépense, et il est urgent de ne plus gérer les établissements de santé comme des entreprises marchandes.

C’est pourquoi, FO déposera un préavis de grève à compter du 25 mai 2020 pour une période illimitée jusqu’à l’obtention d’une feuille de route, l’ouverture d’un calendrier de négociations, d’un véritable plan de santé publique pour le secteur sanitaire, médico-social et sociaux éducatif.

FO est prêt, et les agents n’en peuvent plus et ne veulent plus d’un système de santé au rabais. Tout au long de cette crise sanitaire mais déjà depuis plus d’un an, les hospitaliers avaient averti le gouvernement ; aujourd’hui, ils en ont assez d’attendre.

Pour la Fédération FO-SPS la santé des agents et des citoyens n’a pas de prix.

SERVICES PUBLICS ET DE SANTÉ
Secrétaire général

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