Coronavirus. Ambiance à Nantes : et la rue Jean-Jacques a pris un air de fête…

Publié le par angeline351

C’était un clin d’œil, une attention amicale, ça relie maintenant les voisins. En plein confinement, fanions, messages, apéros costumés ont donné à la rue Jean-Jacques-Rousseau un air festif. Une rue visitée, copiée même.

Leur confinement a été comme une parenthèse enchantée. Pourtant, rien n’y préparait. Pendant que les gens se mettaient à distance les uns des autres, les deux voisines et pour finir les habitants de la rue Jean-Jacques se sont rapprochés.

Bruna Marques pressentait que vivre confiné serait difficile à supporter. J’ai accroché un dessin à ma fenêtre avec dessus écrit bisous, c’était le 18 mars, dit-elle. On a échangé quelques mots par la fenêtre, on s’est envoyé des SMS, complète Clémence Busseau, sa voisine d’en face. L’artiste en pyrogravure dit en riant, avec un soupçon d’autodérision : Je la prenais pour une bourgeoise. Bruna, formatrice actuellement en télétravail, sourit. Elle et Clémence évoquent des prénoms, des surnoms, disent que maintenant beaucoup de voisins se connaissent, surtout leur groupe de trente, au milieu de la rue.

Guirlandes, apéros déguisés entre voisins qui se connaissent par leurs prénoms
Tous les jours, les voisines finissent par s’interpeller par leurs fenêtres ouvertes. J’ai fait du pain à la machine et je l’ai partagé en le déposant près de sa boîte aux lettres. Après c’étaient les gâteaux et le reste, dit Bruna. Bastien Bachelier, qui vit avec Clémence, les appelle les poissonnières. Amusé, il les pousse à créer un pont entre balcons. Clémence en rigole : Il a fait chiche et a monté une poulie, une tyrolienne, et on a commencé à tout faire passer, des bouteilles et à manger, plus besoin des boîtes aux lettres ».

 

Et il y a eu les guirlandes, sorte de filet de pêche multicolore du bas en haut de la rue. Comme chez Clémence il n’y a du soleil que jusqu’à 11 h du matin, on a eu l’idée de fanions effet miroir pour donner du soleil toute la journée, disent-elles. Les cordes et les tissus aux couleurs vives ont été transportés par poulie et à l’aide de balais.

Les voisins nous regardaient bizarrement toutes les deux. On a attrapé le regard de deux, trois puis quatre voisins, et le haut de la rue s’est mis à faire des guirlandes. Puis le bas, en installant trois à quatre banderoles chaque soir en grande pompe juste après les remerciements aux soignants.

La douce folie de la rue Jean-Jacques est passée sur le New York Times grâce à une belle image du photographe de l’AFP Loïc Venance. Elle a fait le tour du monde.

Souvent, il y a des apéros, des repas commandés chez un commerçant de la rue, comme ce couscous jeudi soir pour la quatrième soirée costumée sur le thème de « la plage ». Même les policiers ont promis d’y faire un tour pendant que Bastien faisait le DJ avec un nouveau blind test, s’ingéniant à varier les répertoires musicaux pour rassembler les générations.

Cette rue était pour moi un boulevard traversé par des scooters et des bus, c’est maintenant un village, s’amuse Clémence. Et les Nantais, qui n’y passaient pas, viennent maintenant s’extasier devant ces fanions qui évoquent les années 50, l’univers de Jacques Tati. Et si la rue était un point du Voyage à Nantes ? On dit bien la rue, pas nous, car on n’a rien fait d’autre que de mettre des guirlandes. Et créer des ponts entre voisins… » Elles disent : « D’autres rues mettent des guirlandes, Kléber, la Galissonnière, et on parle de Sainte-Thérèse…

 

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