Coronavirus. À Nantes, les commerces s’organisent pour la réouverture

Publié le par angeline351

Coronavirus. À Nantes, les commerces s’organisent pour la réouverture

Les magasins non-alimentaires, fermés depuis le 15 mars, pourront lever le rideau à partir du 11 mai. Entre respect des distanciations sociales et matériel de protection sanitaire, la profession est sur le pied de guerre

Lavez-vous les mains et portez votre masque avant d’entrer , pourra-t-on lire sur la porte du magasin Markkus, à Nantes. À compter du 11 mai, cette boutique de vêtements pour hommes lèvera le rideau après presque deux mois de fermeture. Comme tous les commerces non-essentiels, excepté ceux des centres commerciaux de plus de 40 000 m², pour lesquels le préfet doit encore trancher.  J’ai investi dans un distributeur sans contact de gel hydroalcoolique, placé devant la boutique, renseigne Patrice Guilloux, gérant de la boutique Markkus. Il y aura aussi des masques de secours.

Cette réouverture soulage les commerçants, même si elle reste conditionnée à une kyrielle de règles sanitaires, indispensables pour limiter la propagation du virus.

Dans un  cahier des charges strict , annoncé par Édouard Philippe lors de son allocution à l’Assemblée nationale, mardi 28 avril, pour présenter le plan de déconfinement, l’accent a été mis sur la limitation du nombre de personnes dans les magasins.

Les commerçants ont dix jours pour s’organiser : limiter la jauge de clients, désinfecter les comptoirs, renflouer les stocks de visières et de masques, ou encore se procurer des vitres de plexiglas pour les caisses…

À Nantes, chacun est sur le pied de guerre.  On a une mission, celle de rouvrir en respectant à 100 % les mesures sanitaires, pour que salariés et clients se sentent en sécurité. Si on réussit, cela permettra aux bars et restaurants de rouvrir dans un second temps  , suppute Hugues Frioux, gérant des salons Le coiffeur et Coup de peigne , à Nantes et Saint-Nazaire, par ailleurs vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie en charge du commerce. Et de réitérer :  C’est la première marche dans le déconfinement, il ne faut pas se casser les dents. 

Deux clients en magasin
Dans les boutiques de vêtements, la Fédération nationale de l’habillement réitère l’obligation de limiter la jauge à une personne pour 10 m² dans les centres commerciaux, et une pour 16 m² en centre-ville, ainsi que de mettre en quarantaine les vêtements essayés.

Dans son magasin de chaussures Aux pieds des anges, Séverine Angelle n’acceptera  pas plus de deux clients simultanément. Nous avons aussi commandé 400 paires de chaussettes à usage unique. Ca va être la saison des nu-pieds, cette fois, il faudra les essayer avec des chaussettes. 

Dans certains salons, les coiffeurs arboreront des visières pour couper les cheveux. Partout, on pourra voir des gels sur les comptoirs, des magasins désinfectés plusieurs fois dans la journée, des employés masqués. Pour les clients, bien que le masque ne soit pas obligatoire, des commerçants l’imposent, comme Florent Ricordelle, gérant du salon de coiffure Square F, à Nantes :  Personne ne rentrera sans masque dans le salon. Nous en aurons aussi quelques-uns en stock, mais nous devrons les facturer. 

Vivre avec le virus
Malgré toutes ces précautions, les clients seront-ils au rendez-vous ? Les coiffeurs attendent une  vague à la sortie du confinement, suivie d’une baisse de l’activité . Les commerces ne cachent pas leur crainte face à leur trésorerie à sec, dans des secteurs déjà sous tension avant la crise sanitaire.  On va devoir élargir nos plages horaires, pour étaler les clients. Sans compter tous les frais pour les gels, les masques, les surblouses… Et le report des charges à payer, énumère Florent Ricordelle. Il pourrait y avoir une augmentation des tarifs chez certains coiffeurs. 

Beaucoup misent sur la fidélité de leur clientèle, comme Carine Martin, tatoueuse et gérante de Studio 54, qui modère :  Tout le monde portera un masque, donc o n ne fera pas de piercing buccal ou nasal.C’est une reprise en demi-teinte, mais c’est mieux que rien du tout !  

Entre crainte et soulagement, les commerçants s’échinent à sécuriser leurs magasins, pour que salariés et clients apprennent à vivre avec le virus.

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