Coronavirus : United Airlines voudrait se séparer d'un tiers de ses cadres

Publié le par angeline351

Coronavirus : United Airlines voudrait se séparer d'un tiers de ses cadres

Bénéficiaire d'une aide fédérale, la compagnie américaine ne peut pas toucher à ses effectifs avant octobre prochain. Dans des mémos internes, elle incite ses salariés à partir volontairement. Les pilotes seraient aussi concernés. L'un des principaux syndicats de la compagnie porte plainte.

United Arlines prépare son personnel à des coupes sombres dans les mois qui viennent. La compagnie, impactée comme tout le secteur aérien par la crise du Covid-19, souhaiterait, selon des sources internes, supprimer au moins 3.450 emplois de cadres au 1er octobre, soit 30 % de managers, ce qui comprend aussi les pilotes.

Une date qui ne doit rien au hasard. La compagnie aérienne qui vient de recevoir une aide fédérale de 5 milliards de dollars dans le cadre du « CARES act » (Coronavirus Aid, Relief, and Economic Security) , est tenue, en contrepartie, à ne pas toucher à ses effectifs jusqu'au 30 septembre prochain. La compagnie aérienne compte donc atténuer la brutalité de ses coupes sombres en encourageant les départs volontaires. Et plusieurs cadres dirigeants se sont attelés à la lourde tâche de préparer le terrain.

« Moins de passagers que de pilotes » en avril
Intervenant mardi sur CNN, John Earnest, le responsable de la communication de la compagnie américaine, a résumé l'ampleur de la situation dans laquelle se trouve la compagnie aérienne qui a déjà réduit de 90 % ses plans de vols jusqu'au mois de juin : « en avril nous avions certains jours moins de passagers que de pilotes dans notre effectif », a-t-il affirmé. Et de prévenir que United Airlines « s'attend à être une compagnie plus petite » d'ici au mois d'octobre.

S'il n'a pas donné plus de détail, en interne les choses ont commencé à se préciser pour les salariés. Greg Hart, le directeur des opérations a ainsi, dans une première note interne, expliqué que « malheureusement, dans les prochaines semaines et les mois à venir il nous faudra aligner les effectifs des salariés en première ligne à la demande » du trafic aérien.

Du cash pour les départs volontaires
De son côté, dans un autre document interne à l'entreprise, Kate Gebo, la directrice des ressources humaines, a précisé un peu plus le scénario retenu par la direction. Les salariés qui seront affectés par la cure d'austérité seront informés à compter de mi-juillet. Ceux qui quitteront volontairement la compagnie percevront des indemnités de licenciement dont une partie sera versée en espèces. Ce qui ne serait plus le cas pour les départs après le 1er octobre, prévient-elle.

Dans une autre note, citée par l'agence Reuters, ce sont les pilotes qui sont directement concernés et il leur a été demandé de « se préparer à un déplacement », qui affectera environ 30 % d'entre eux. Ce qu'un responsable syndical a interprété comme 30 % de pilotes en moins dès le 1er octobre. Cela concernerait, selon le site spécialisé « One Mile at a Time » pas moins de 4.457 pilotes. Et principalement ceux ayant le plus d'ancienneté.

Par ailleurs, United Airlines demande aussi à ses cadres de prendre 20 jours de congés non payés entre le 16 mai et le 30 septembre. Certains sont encouragés à travailler quatre jours par semaine. « La réalité à laquelle nous faisons face, notamment au moment où nous devrions être en train d'approcher ce qui est normalement souvent la période la plus intense de l'année, est pour le moins dantesque », conclue Kate Gebo.

Un syndicat porte plainte
Les réactions n'ont pas tardé. L'un des principaux syndicats de l'entreprise, l'IAM qui représente près de 25.000 salariés de la compagnie, a déposé une plainte devant un tribunal fédéral à New York, arguant que les plans de réduction des effectifs violaient les engagements pris.

De son côté, le sénateur démocrate de l'Ohio, Sherrod Brown, a indiqué qu'il allait écrire au Trésor afin de demander que celui-ci émette des directives plus précises visant à éviter que les compagnies aériennes ne puissent pas procéder de la sorte. « L'aide fournie aux transporteurs aériens dans le cadre du CARES act était conditionnée à une protection des salariés des compagnies aériennes contre les licenciements », a-t-il expliqué sur l'antenne de CNB. « L'Administration doit faire plus pour s'assurer que les compagnies aériennes utilisent les aides financières conformément à ce qui est prévu » et non au détriment de leurs salariés, a-t-il encore expliqué.

 

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