Coronavirus : Le trafic aérien amorce une timide reprise

Publié le par angeline351

Coronavirus : Le trafic aérien amorce une timide reprise

Après douze semaines de dégringolade , le trafic aérien donne des signes de reprise un peu partout dans le monde, y compris en Europe, où la baisse a atteint des niveaux record. Une reprise encore timide et fragile, mais une reprise quand même ! C'est ce qui ressort des statistiques quotidiennes de l'Association internationale du transport aérien ( IATA ), du coordinateur de la gestion du trafic aérien en Europe, Eurocontrol, ou encore du spécialiste de la collecte des horaires de vols, OAG .

600.000 sièges de plus en une semaine
Pour la deuxième semaine consécutive, l'offre aérienne mondiale, exprimée en nombre de sièges proposés dans les systèmes de réservation, a augmenté de 2 % comparée à la semaine précédente, selon les données d'OAG. Soit 600.000 sièges de plus. Mais l'offre mondiale reste inférieure de 68 % à la même période de l'an dernier, avec 29,8 millions de sièges programmés, contre 110 millions avant crise. Sauf annulations de dernière minute, l'augmentation de l'offre devrait se poursuivre et même s'amplifier dans les prochaines semaines, avec 42,3 millions de sièges prévus la semaine prochaine et des « poches de croissance » encore plus fortes sur certains marchés, notamment en Asie.

 

La Chine en tête
En Chine, où le trafic est reparti à la hausse depuis plusieurs semaines, l'offre a augmenté de 8 % en une semaine, avec un trafic intérieur revenu à 72,6 % de son niveau d'avant crise lundi, contre 68 % la semaine précédente. En Inde, le trafic aérien, presque à l'arrêt fin avril, est remonté à un tiers de son niveau d'avant crise en seulement sept jours. La baisse semble également stoppée en Amérique du Nord et du Sud, ainsi qu'au Moyen-Orient.

Premiers frémissements en Europe
Quant à l'Europe, si la reprise n'est pas encore aussi marquée qu'en Asie, le trafic a néanmoins commencé à remonter la pente, très timidement en Europe de l'Ouest, plus nettement en Europe centrale et de l'Est. Selon Eurocontrol, le nombre de vols quotidiens, tombé à environ 3.500 mi-avril - soit 90 % de moins que l'an dernier à la même période - est remonté par paliers à plus de 4.000 mouvements en début de semaine.

 

Cela reste encore inférieur de 86,8 % à celui de mai 2019 dans le ciel européen, et la compagnie qui opérait le plus de vols quotidiens lundi dernier était Wideroe (179 vols le 11 mai), une petite compagnie régionale scandinave, devant le transporteur de fret express DHL (178 vols). Air France n'arrivait qu'en 16e position, avec seulement 50 vols. Mais, selon les prévisions d'Eurocontrol, le trafic aérien en Europe devrait remonter à 7.000 vols par jour en juin. Et plusieurs compagnies majeures ont déjà annoncé leur intention d'augmenter sensiblement leurs offres dans les prochains jours.

Les compagnies relancent la machine
Le groupe Lufthansa prévoit ainsi d'offrir 106 destinations début juin, en passant de 80 à 160 appareils en service, sur un total de 760 pour les quatre compagnies du groupe. Air France-KLM espère remonter à 10 % de son niveau d'avant crise en juin et 20 % en juillet. Ryanair prévoit, quant à elle, d'assurer 40 % de son programme à compter du 1er juillet, soit l'équivalent d'un millier de vols, sur 90 % de son réseau. La plupart de ses 80 bases en Europe, dont Paris Beauvais en France devraient redémarrer.

La crainte de la quarantaine
A condition toutefois que la situation sanitaire continue de s'améliorer et que les autorités n'imposent pas des restrictions aux voyages incompatibles avec la reprise du trafic. Ce qui n'est pas certain. Lors de son dernier briefing, ce mercredi, le directeur général de l'IATA, Alexandre de Juniac, a mis en garde contre le projet de certains pays, comme le Royaume-Uni et l'Espagne, d'imposer des périodes de quarantaine aux voyageurs en provenance d'autres pays. « On ne pourra pas redémarrer dans ces conditions », a-t-il souligné. Même chose concernant la réouverture des frontières de l'Union européenne. La Commission européenne a proposé aux Etats de prolonger les restrictions d'accès jusqu'au 15 juin, mais certains Etats envisageaient plutôt une prolongation jusqu'en septembre.

Des années pour s'en remettre
Dans tous les cas de figure, le retour du trafic aérien à son niveau d'avant-crise n'interviendra pas avant 2023, selon les dernières prévisions de l'IATA, qui table sur 76 % du trafic en 2021, dans le meilleur scénario, et 66 % dans le moins bon. Avec toutefois une différence entre le trafic intérieur, qui devrait être le premier à se redresser, et le trafic international long-courrier, qui pourrait rester en dessous de son niveau de 2019 jusqu'en… 2025.

 

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