Issoudun : l'avenir du site logistique Vivarte une nouvelle fois sur la sellette

Publié le par angeline351

Issoudun : l'avenir du site logistique Vivarte une nouvelle fois sur la sellette

Nouveau rebondissement chez Vivarte, après la demande de la direction de la Halle d’un placement en sauvegarde au tribunal de commerce de Paris.

C’était mercredi et les deux sites logistiques d’Issoudun et de Montierchaume rouvraient pour une vingtaine de salariés chacun afin de répondre à la forte demande engendrée par la réouverture du site web de l’enseigne La Halle. 2.000 commandes par jour pour un chiffre d’affaires allant de 150.000 à 200.000 €, qui ont agréablement surpris la direction de Vivarte. « Les mesures barrières ont été prises sur les dépôts. Il n’empêche que notre syndicat n’était pas favorable à cette reprise car il y a toujours un risque de contamination », souligne Philippe Visse, représentant de la CFTC.

Le directeur des deux sites, Pierre Jorez, confirme : « Une journée de commandes aujourd’hui est équivalente à une semaine de commandes. Pour le moment, nous en restons à ces effectifs et nous attendons d’avoir un peu de recul pour éventuellement les augmenter »
« Ce sont des fonds vautours »
Une bonne nouvelle du côté des commandes qui peut réjouir. Une nouvelle d’autant plus appréciée par le personnel issoldunois que pèse une épée de Damoclès (sur 38 d’entre eux) à la suite du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) lancé en février dernier ; il portait sur l’entrepôt logistique d’Issoudun et, plus largement, sur le siège de la Halle, soit 101 salariés au total. Un plan d’investissements de sept millions d’euros pour moderniser le site était par ailleurs prévu.

Un projet qui s’est derechef écroulé avec l’annonce faite par la direction de la Halle, lors de la réunion du Comité social d’entreprise réuni ce mercredi, de son intention de déposer une demande de placement en sauvegarde au tribunal de commerce de Paris. « Cette demande a pour objectif de permettre la poursuite de notre activité, le maintien de l’emploi et l’apurement de nos dettes. Dans ce cadre, nous disposerions du concours d’un administrateur judiciaire qui dresserait un bilan de la situation et nous aiderait à établir un plan de sauvegarde adapté à notre situation », explique Stéphane Roche, président de la Halle, dans un communiqué.

Cette demande qui ne concerne pas les deux autres enseignes du groupe, à savoir Caroll et Minelli, devrait être examinée le 21 avril.

Le service de communication de Vivarte confirme que « le PSE est annulé. Quant à l’investissement, il sera également revu voire annulé. Ce qui signifie qu’il n’est plus question de licencier du personnel pour le moment puisqu’il n’y a plus de PSE. »

Après cette annonce, Jean-Louis Alfred, représentant syndical CFDT, ne mâche pas ses mots : « Ce sont des fonds vautours avec lesquels on veut faire payer la restructuration par l’État. Ils profitent de la pandémie pour restructurer l’entreprise. Ils ont bien pris soin de ne pas mettre Caroll et Minelli dans le PSE car cela bloquerait une vente éventuelle. Il y a 200 magasins La Halle dans le rouge. Si on les ferme ou si on les vend, comme ils veulent le faire, il en restera environ 600 et, à partir de ce moment-là, les deux sites logistiques n’ont pu lieu d’être. L’un des deux fermera et ce sera celui d’Issoudun car il n’est pas aux normes. Peut-être même les deux. Cela fait cinq ans que je parle d’un démantèlement. Je ne me suis hélas pas trompé. »

Le service communication de la Halle explique qu’on n’en est pas là : « La suppression des entrepôts n’est pas à l’ordre du jour mais il y a une réflexion en cours sur les magasins, ceux qui vont être cédés, et s’ils le sont, il y aura des ajustements en conséquence. »

Jean-Louis Alfred poursuit : « La bonne nouvelle, c’est que si la demande de la direction est acceptée, il y aura la nomination d’un administrateur judiciaire. Il pourra nous donner la véritable situation de La Halle. »

Dans une semaine, le Tribunal de commerce aura apporté une réponse sur le placement en sauvegarde. Reste que la route sera encore longue pour connaître l’avenir du site logistique issoldunois qui, il n’y a pas si longtemps encore, était promis à une extension. Philippe Visse l’avoue : « On ne s’y attendait pas. Tout cela est en tout cas très mal engagé. »

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