Comment la DGA teste les futurs masques grand public

Publié le par angeline351

Comment la DGA teste les futurs masques grand public

Dans son centre ultra-sécurisé de Vert-Le-Petit (Essonne), la Direction générale de l'armement (DGA) teste les prototypes de masques grand public envoyés par les industriels. Une reconversion expresse pour ce site spécialiste des menaces NRBC (nucléaire, radiologique, biologique, chimique).

C'est un centre de recherche discret, coincé entre les étangs de Vert-le-Petit (Essonne) et la Juine, un petit affluent de l'Essonne. Soigneusement flouté sur Google Maps, surveillé 24h sur 24 par la gendarmerie de l'armement, le centre Maîtrise NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) de la Direction générale de l'armement (DGA) avait plutôt l'habitude de tester les équipements de protection et de détection des armées face à la menace nucléaire ou chimique. Suite à la crise du Covid-19, le site de 200 salariés a opéré une reconversion à marche forcée. Il est désormais, pour une durée indéterminée, le centre de tests français des futurs masques grand public développés par les industriels français du textile. "Depuis le 17 mars, nous avons déjà émis 1.135 rapports sur les prototypes que nous ont envoyé les industriels, explique l'ingénieur général de l'armement Raymond Levet, directeur du site. C'est un tempo nouveau pour nous, qui travaillons d'habitude sur des programmes de plusieurs années, mais nos personnels sont enthousiastes et ne comptent pas leurs heures".

Pourquoi ce choix de la DGA ? Dès début mars, le Secrétariat national de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) identifie le centre NRBC de Vert-Le-Petit comme la meilleure option pour réaliser rapidement les tests de masques. Ancienne poudrière royale, spécialiste des menaces chimiques depuis 1920, le site dispose de bancs d'essais uniques en France, notamment des tunnels de tests capables de calculer l'efficacité de filtrage des masques. Il bénéficie aussi d'une main d'oeuvre qualifiée, des ingénieurs et techniciens de haut vol capables d'effectuer rapidement des tests fiables. Dès le mois de mars, la DGA a participé à la définition par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) de deux catégories de masques dits grand public : ceux de catégorie 1, destinés aux professionnels en contact avec le public (police, gendarmerie, hôtesses de caisses...) ; et ceux de catégorie 2, un peu moins performants, destinés aux personnes n'ayant que des contacts occasionnels (entreprises...).

15 à 20% de masques au niveau
Mi-mars, une trentaine de salariés du centre de Vert-le-Petit sont à pied d'oeuvre. Les premiers rapports sont envoyés le 17 mars. Le centre en réalise désormais une centaine par jour. Chaque rapport détaille les résultats des tests, et des préconisations pour améliorer le produit. Les industriels peuvent intégrer les modifications demandées, et renvoyer le masque dans sa nouvelle version. "Les Tissages de Charlieu (spécialiste des tissus Jacquard basé dans la Loire) nous avaient envoyé un premier prototype aux performances insuffisantes, raconte un cadre du centre. Après plusieurs aller-retours, leur masque est désormais de très bon niveau." Seuls 30% des masques reçus passent avec succès les tests de qualité des matériaux. 

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