Une expérience de caisses automatiques tourne court à Auxerre

Publié le par angeline351

Une expérience de caisses automatiques tourne court à Auxerre

Les deux caisses automatiques du Leader Price de l'avenue Saint-Georges, à Auxerre, prenaient le relais des hôtes de caisse en soirée et le dimanche après-midi depuis septembre 2019. Un test finalement stoppé net ce lundi 10 février, qui laisse perplexe certains directeurs de magasin.  
Il s’en est fallu de peu pour que l’expérience passe inaperçue. Fin septembre, le Leader Price de l’avenue Saint-Georges, à Auxerre, change son mode de fonctionnement sur décision du groupe Casino, auquel il appartient. D’habitude ouvert de 8 à 20 heures, le magasin propose aussi aux clients de venir faire leurs courses entre 6 et 8 heures du matin, puis de 20 heures à minuit, ainsi que le dimanche après-midi.

Pour respecter le principe du repos dominical, inscrit au Code du travail, l’enseigne s'est donc équipée de caisses automatiques, dites aussi libre-service, qui prenaient alors le relais des hôtes et hôtesses de caisse à ces nouveaux horaires.

Une façon de contourner la loi ? "Pas vraiment, dans la mesure où c’est un phénomène récent que la loi n’encadre pas encore.

Le travail du dimanche est très réglementé : il existe quelques dérogrations, mais on ne peut ouvrir le dimanche que jusqu’à 13 heures d'habitude. On sait pertinemment que l’informatique et l’intelligence artificielle vont modifier le paysage du travail », observe Florence Lamesa, responsable à la Direccte (Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) pour l’Yonne. 

Des règles à respecter
Pour ouvrir, même partiellement, un magasin sans caissier, quelques règles ont été instaurées. Pas question d’acheter de l’alcool, sans personne pour contrôler l’âge de la clientèle. Finis les tickets-restaurant ou les réductions, seule la carte bleue est acceptée par la machine, afin de réduire les chances de braquage.
Deux agents surveillent les lieux chaque soir et le dimanche après-midi, et un bouton permet de demander une assistance à distance en cas de problème technique. 

Le directeur Jean-Sébastien Chavard se dit très enthousiaste quant à cette expérience éphémère. "Il n’y a eu aucune suppression d’emploi puisque les hôtesses de caisse officiaient aux horaires traditionnels.

Nous avons laissé ouvert de 6 à 8 heures pendant six semaines, avant d’arrêter. Nous n’avions eu qu’un seul client ! Mais le soir, ça fonctionnait merveilleusement bien. Nous sommes en zone d’habitations, donc c’est propice quand on rentre chez soi un peu tard. Petit à petit, le bouche-à-oreille faisait son effet et la clientèle augmentait."

"D’habitude, tout est fermé quand je rentre"

Mais lundi 10 février, le test s’arrête net. "Le groupe Casino a fait le choix d’arrêter cette expérience dans ce Leader Price, ce n’est pas ma décision", explique le directeur. Motif invoqué : le manque de rentabilité du dispositif. "Les chiffres étaient en augmentation et la période de test trop courte", estime Jean-Sébastien Chavard. Qui craint une forme de "déception" de la part des clients, "en tout cas pour ceux qui adhéraient".

Du côté desdits clients, les avis s’avéraient effectivement partagés. "Nous sommes dans une société de surconsommation, il faut tout avoir immédiatement", déplore Stéphanie. Antonia, qui travaille de nuit, trouve le système "génial ! C’est pratique pour moi, il n’y a pas de bousculade". Mariam, cuisinière, avance une position intermédiaire. "Avec mes horaires décalés, je suis contente. D’habitude, tout est fermé quand je rentre. Tout le monde a une famille, donc c’est mieux si les caissiers ne sont pas obligés de rester si tard. Mais lorsqu’il faut demander un renseignement, le contact humain reste essentiel."

La relation client, un pilier important du commerce
Le "contact humain", une expression qui revient régulièrement dans la bouche des consommateurs et se transforme en "relation client" dans celle des directeurs de magasin. Une notion importante pour les deux frères Franck et Jérôme Chaufournais, respectivement à la tête des Leclerc de Sens et d’Auxerre.

"Qu’on ne se plaigne pas ensuite que les gens préfèrent acheter sur internet."

 

 

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