Retraites. « Nous ne pouvons pas abandonner ce combat… », dit le secrétaire général de FO

Publié le par angeline351

Retraites. « Nous ne pouvons pas abandonner ce combat… », dit le secrétaire général de F0

La semaine débute par un appel aux blocages dans les transports parisiens, ce lundi 17 février, à l’initiative des syndicats Unsa, FO, Solidaires ainsi que FO cheminots à la SNCF. L’intersyndicale CGT, FO, Solidaires appelle aussi à faire grève et à manifester jeudi. Secrétaire général de FO, Yves Veyrier dénonce la complexité du futur régime des retraites et un risque « d’étatisation ».

 

 Cinq syndicats ont appelé à la grève dans les transports, ce lundi 17 février. Malgré cet appel à une « journée morte » pour protester contre la réforme des retraites, le trafic sera peu perturbé, d’après la RATP. La mobilisation syndicale peut-elle encore peser dans le débat ? Entretien avec Yves Veyrier, secrétaire général de FO. 

Pourquoi à nouveau appeler à manifester alors que la bataille se joue désormais à l’Assemblée ?

Nous ne pouvons pas abandonner ce combat. Les générations suivantes nous le reprocheraient. C’est le Conseil d’État qui le rappelle, le régime des retraites, c’est une composante majeure du contrat social de ce pays. La réforme des retraites telle qu’elle se présente a pour seul objectif de donner un outil, à l’État et au gouvernement, permettant de gérer l’enveloppe budgétaire des retraites, toutes catégories confondues, soit 320 milliards d’euros équivalent à 14 points de PIB. Et, on l’a compris, pour ensuite repousser l’âge de départ en retraite à 65 ans, 66 et peut-être 67 ans demain.

Vous craignez une étatisation des retraites ?

Très clairement, oui. On est dans un processus qui va conduire à évincer la négociation collective autonome de la protection sociale. Or, ce sont nos cotisations, notre part de salaire. C’est une erreur historique de transférer à l’État l’ensemble de la gestion de l’économie. Il sera systématiquement soumis au chantage des entreprises. Le Premier ministre est d’ailleurs clair sur ce sujet quand il dit que les mesures qui seront prises ne pourront pas augmenter le coût du travail. La part laissée à la négociation entre les employeurs et les syndicats disparaît.

La retraite des femmes devrait s’améliorer. Pourquoi émettre des réserves ?

Ces améliorations auraient pu être apportées dans le cadre du régime actuel. Quant à ces inégalités, elles sont la résultante d’écarts de salaires creusés tout au long de la vie professionnelle entre les femmes et les hommes. C’est à ça qu’il faut s’attaquer.

Vous aviez d’autres solutions que l’âge pivot pour garantir l’équilibre financier du régime des retraites ?

Rien n’interdit d’augmenter les cotisations de 1 %. Ce qui permettrait d’avoir un régime équilibré à l’horizon 2030. On demandait au gouvernement de nous laisser négocier cette augmentation. En cas d’accord, on pouvait ainsi abandonner toute mesure d’âge d’équilibre temporaire ou pérenne.

« Les salariés resteront dans l’inconnu jusqu’au dernier moment »

Le prochain régime garantira les mêmes droits pour tous. Vous n’êtes pas d’accord ?

Il y aura beaucoup d’exceptions. Et la promesse d’un euro, garantissant les mêmes droits pour tous, a fait long feu. Là encore, c’est le Conseil d’État qui dit que le système sera d’une très grande complexité. Les salariés resteront dans l’inconnu jusqu’au dernier moment. Aujourd’hui, dès 55 ans, y compris pour les polypensionnés, chacun peut avoir une idée claire de ce que devrait être son niveau de retraite. Ce ne sera pas le cas demain..

De nouvelles garanties devraient être obtenues pour la pénibilité. C’est un progrès ?

Cette question de la pénibilité, nous l’avons posée dès le début des discussions. Sans succès. On ne nous a pas écoutés. Il a fallu la grève du 5 décembre pour que ce sujet soit enfin repris. Le problème est que le gouvernement aborde cette question comme moyen de justifier la suppression des dispositions existantes dans la fonction publique (carrières actives) ou comme compensation au recul général de l’âge effectif de départ.

Comment se porte FO ?

Nous nous sommes remis de cette crise et du départ de Pascal Pavageau. Fo, aujourd’hui, se porte bien.

Votre prédécesseur demandait plus de transparence sur les chiffres. Combien avez-vous d’adhérents ?

L’épisode des fichiers n’avait rien de très clair ! Les commentaires les plus pessimistes nous donnent 300 à 350 000 adhérents. On en déclare 500 000. La vérité se trouve entre les deux car nous n’avons pas de fichier centralisé. L’adhésion se fait au niveau de chaque syndicat local.

 

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