Non, les policiers n’ont pas le droit de demander aux manifestants de retirer leurs autocollants

Publié le par angeline351

Non, les policiers n’ont pas le droit de demander aux manifestants de retirer leurs autocollants

L’interpellation a fait l’objet de nombreux commentaires indignés. Le 24 janvier, lors de la manif parisienne contre la réforme des retraites, Jean-Charles M. est interpellé à Paris pour une histoire d’autocollants. Le militant de la Snes-FSU raconte à CheckNews : «J’avais quatre ou cinq autocollants politiques contre la réforme des retraites sur ma veste, rien d’insultant. Les policiers ne voulaient pas me laisser quitter le cortège et rejoindre mon bus si je ne les enlevais pas.» Le retraité de l’enseignement s’exécute… mais recolle les stickers après quelques pas. «Ils ont crié "il les remet, il les remet", m’ont sauté dessus, puis m’ont interpellé et emmené dans le fourgon», se souvient-il. Jean-Charles M. passera près de vingt-quatre heures en garde à vue, accusé d’outrage et rébellion. Sur le simple rappel à la loi qu’il signe le lendemain, il précise ne pas reconnaître les faits. «Le représentant du procureur m’a dit que j’avais été puéril de remettre mes autocollants, s’amuse le sexagénaire avec le recul. Si j’avais su, je les aurais remis quelques mètres plus loin.»

L’épisode fait écho à de nombreux autres témoignages de manifestants racontant comment, eux aussi, se sont vus enjoindre ces derniers mois, au sortir des cortèges, de retirer leurs autocollants. Or, cette pratique récurrente sort du cadre légal, à en croire le service de communication de la police nationale. «Les agents ne sont pas autorisés à faire retirer ces éléments lors de manifestations, ou au sortir de celles-ci, nous répond ledit service. Sauf si le message porté contrevient à la loi, parce que c’est une injure raciste ou à caractère antisémite, par exemple.» Contactée par CheckNews, la préfecture de police de Paris nous assure que «des rappels d’instruction, indiquant qu’il est proscrit de demander la dépose des badges et autres signes distinctifs portés par les participants à une manifestation, sont faits régulièrement aux forces de l’ordre». Les exemples recueillis montrent que les consignes, si elles existent, ne sont donc pas (toujours) appliquées. 

Publié dans INFORMATION, VOS DROITS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article