Edouard Philippe n’a pas stoppé au hasard les discussions sur la réforme des retraites : le 49.3 tombe pile entre la fin des régimes spéciaux et les articles concernant la future valeur du point et l’âge d’équilibre, ce qui laissait présager de débats techniques et très houleux.

Publié le par angeline351

Edouard Philippe n’a pas stoppé au hasard les discussions sur la réforme des retraites : le 49.3 tombe pile entre la fin des régimes spéciaux et les articles concernant la future valeur du point et l’âge d’équilibre, ce qui laissait présager de débats techniques et très houleux.

L’ordre du jour n’affichait qu’un seul sujet : «Coronavirus». Mais au cours d’un conseil des ministres exceptionnel organisé ce samedi matin pour décider de plusieurs mesures destinées à endiguer l’épidémie de CoVid-19 en France, le Premier ministre en a profité pour décider de l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution sur le projet de loi «instituant un système de retraite universel». Secret bien gardé : le secrétaire d’Etat chargé des Retraites n’était même pas présent à l’Elysée et son équipe ne l’a su qu’au moment où Edouard Philippe a débarqué à l’Assemblée nationale peu avant 17h30, pour engager la responsabilité de son gouvernement sur ce texte majeur qui sera donc adopté sans vote. «Non pour mettre fin au débat mais pour mettre fin à cet épisode de non-débat (….) et pour permettre à la suite du processus législatif de s’engager», a justifié le chef du gouvernement sous les applaudissements de son camp et les protestations sonores des rangs insoumis et, notamment, de François Ruffin.

«Après plus de 115 heures de débats en séance publique, de jour comme de nuit, week-end inclus, l’Assemblée nationale en est arrivée à l’examen de l’article 8 d’un projet de loi ordinaire qui en compte 65, plus de 29000 amendements restent à examiner», a affirmé Philippe, dénonçant une «stratégie d’obstruction délibérée de la part de minorités» et la «paralysie» des débats. Sauf que, si la première semaine d’échanges sur ce texte n’avait pas permis d’aller au-delà de l’article 1, la cadence était bien plus rapide en deuxième semaine, avec des discussions sur le fond. Pourquoi donc interrompre l’examen du texte à l’article 8, à l’orée d’une troisième semaine de débats?

Publié dans INFORMATION, RETRAITES

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