Thomas Cook France : repris ou licenciés, que vont devenir les 685 salariés ?

Publié le par angeline351

Thomas Cook France : repris ou licenciés, que vont devenir les 685 salariés ?

Si les offres de reprises validées par le Tribunal entérinent la reprise de 347 salariés, 338 vont perdre leur emploi. Un Comité d’Entreprise Extraordinaire statue cet après-midi sur les modalités de leur départ.
Faut-il regarder le verre à moitié plein ou celui à moitié vide ? S’il l’on peut se réjouir que 51% des salariés de Thomas Cook France conservent leur emploi à la faveur des offres de reprise détaillées hier par le tribunal de commerce de Nanterre, ils sont tout de même 49%, soit 338, à figurer sur la liste des futurs licenciés économiques.

La quasi-totalité des employés du siège à Clichy, soit 137 salariés en CDI, dont la plupart étaient rattachés au TO Jet tours, perdent ainsi leur emploi. « Au-delà du choc du licenciement, cela va être dur de quitter une équipe. On travaille ensemble depuis tant d’années. C’est ce qui me fait le plus mal », témoigne l’un d’eux.

De même, 25 agences n’ont pas trouvé preneurs, entraînant le licenciement de 58 salariés. Certains points de vente délaissés par les offres de reprise, à l’instar de ceux de Labeige, Lille ou Thiais, comptaient jusqu’à quatre salariés qui se retrouvent donc tous sur le carreau.

Des chefs d’agence vont se retrouver seuls

A ces 195 postes supprimés, il faut ajouter ceux des agences qui porteront bientôt l’enseigne de leurs nouveaux propriétaires mais pas forcément avec les mêmes effectifs. Si 149 points de vente au total ont pu être repris, les situations sont différentes d’une agence à l’autre.

Ainsi Salaün Holidays repreneur de 58 agences et 105 postes en supprime par ailleurs près d’un tiers, soit 48. Certains points de vente qui ne comptaient que deux salariés n’en auront bientôt plus qu’un. C’est le cas à Agen, Nice, Nancy, Lyon, Saint-Nazaire, Lille ou encore Antibes et Albi. Seuls demeurent en poste les chefs d’agence qui vont sans doute se sentir bien seuls. De même, Havas Voyages reprend 19 agences, conserve 47 postes mais en supprime 14. Prêt à Partir ne garde que 5 des 9 salariés des 5 agences dont il fait l’acquisition.

Quel que soit le repreneur, tous ont dû faire des coupes dans les effectifs. Dans les agences comptant de 3 à 4 salariés et où des suppressions de poste interviennent, il va falloir donc trancher entre vendeurs. Ce qui sera forcément douloureux même si des règles légales s’imposent. L’examen des « critères d’ordre » figurait ainsi à l’ordre du jour du Comité d’entreprise extraordinaire (CCE) se tenant depuis 14h30 au siège de Thomas Cook France à Clichy-la-Garenne (92).

Incertitude et cohabitation pour certains salariés

Pour le CCE, réuni en présence des instances représentatives du personnel « pour consultation sur le projet de licenciement collectif pour motif économique des salariés non repris », il s’agit aussi d’établir aujourd’hui le calendrier prévisionnel des licenciements. L’attente risque encore de durer plusieurs jours pour les salariés dont les postes sont supprimés. Il faudra en effet patienter jusqu’à la validation du PSE par la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) avant l’envoi de la notification officielle des licenciements.

Une information transmise hier aux salariés les prévient ainsi qu’à compter du 2 décembre (l’entrée en jouissance des repreneurs ayant été fixée au 1er décembre 2019 à 00h), certains non repris se trouveront dans l’agence avec le repreneur tout en restant salariés Thomas Cook. Les salaires de décembre (dès le 1er décembre jusqu’à la notification du licenciement) seront intégrés dans le solde de tout compte, précise aussi la direction.

Dans le cadre d’un licenciement intervenant dans une procédure de redressement judiciaire, les salariés ne peuvent prétendre qu’à leurs indemnités légales. « Et il n’y aura pas de mesure d’accompagnement comme cela avait été le cas lors des précédents PSE chez Thomas Cook », regrette une salariée. « Nous comprenons que cette période est difficile pour les salariés qui ne connaissent pas encore leur sort. Nous faisons au mieux et au plus vite pour réduire la durée de cette période qui n'excédera pas dix à quinze jours », promettent la direction et les administrateurs.

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