Réforme des retraites : pour Bernard Thibault, « le malaise est plus fort » que lors des grèves de 1995

Publié le par angeline351

 Réforme des retraites : pour Bernard Thibault, « le malaise est plus fort » que lors des grèves de 1995

malaise est plus fort » que lors des grèves de 1995

Ce qui préoccupe les gens, c’est : quelle retraite ? Quand ? Pour quel montant ? Sur ces questions, [le gouvernement] n’apporte pas de réponses, », accuse l’ancien numéro 1 de la CGT.

L’ancien leader de la CGT lance un avertissement à l’exécutif. A quelques jours des grèves du 5 décembre contre la réforme des retraites, Bernard Thibault prévient que « le mécontentement social est plus fort qu’en 1995 », l’année des grandes grèves qui ont fait reculer Alain Juppé. A la tête de la CGT Cheminots, Bernard Thibault était alors l’un des principaux acteurs du conflit.

« Aujourd’hui, le sujet des retraites s’ajoute à un malaise social patent. Depuis les Gilets jaunes, c’est une évidence », déclare-t-il dans un entretien au « Journal du Dimanche » du 1er décembre. Le mouvement de grève sera-t-il plus suivi qu’il y a 24 ans ? Bernard Thibault botte en touche :

« En matière sociale, rien n’est jamais écrit d’avance. Je me garderai donc de faire des prévisions. Nous entrons dans une zone d’incertitude. »

 Sur le fond de la réforme, Bernard Thibault, qui manifestait déjà le 24 septembre dernier, explique pourquoi il est opposé au basculement dans un régime de retraite par points :

Ce système crée une incertitude permanente sur le montant de votre retraite », observe-t-il. « Là, on se dote d’un outil qui, mécaniquement, permettra de contenir la masse financière à verser pour les retraites. (…) Le gouvernement est ainsi déresponsabilisé. »
« Dans les pays pratiquant la retraite par points, tous les syndicalistes m’ont dit la même chose : Surtout ne mettez pas le doigt dans cet engrenage ! »

 Les Français soutiennent la grève », estime aussi le syndicaliste. « Ils ont donc perçu que le sujet est beaucoup plus vaste que les régimes spéciaux, qui sont un écran de fumée pour masquer l’essentiel ».

« Ce qui préoccupe les gens, c’est : quelle retraite ? Quand ? Pour quel montant ? Sur ces questions, il n’apporte pas de réponses. »
Ces réponses ne tarderont plus. Le Premier ministre Edouard Philippe a en effet prévenu que la concertation avec les partenaires sociaux s’achèvera, « le 9 ou le 10 décembre », puis que le projet du gouvernement sera présenté « dans les jours qui suivront ».

Deux conditions
Bernard Thibault considère aussi que « deux conditions » sont requises pour mener à bien un changement de l’architecture de nos régimes de retraite :

« Un minimum de consensus sur le bien-fondé de ce bouleversement, et une confiance dans le gouvernement. Aucune de ces conditions n’est réunie. »

Il ne croit pas que qu’Emmanuel Macron ait besoin de « tenir » coûte que coûte pour être réélu, bien au contraire :

« Tous les présidents qui ont forcé la main des Français sur un sujet social de première importance – Sécurité sociale, Code du travail ou retraite – l’ont systématiquement payé politiquement », souligne Bernard Thibault.
Quant aux risques de débordements par des casseurs, le syndicaliste prévient que « les violences ont toujours été instrumentalisées par le pouvoir pour tenter de décrédibiliser les mouvements sociaux (…) ça sert à ce qu’on ne parle plus des revendications. »

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