À Charleville-Mézières, Conforama touché par la saignée

Publié le par angeline351

À Charleville-Mézières, Conforama touché par la saignée

Le couperet est tombé. Sept postes sont supprimés à Conforama, dans le cadre d’un plan national de restructuration. En protestation, plusieurs salariés ont débrayé hier.

 

Après des mois à se demander à quelle sauce ils allaient être mangés, les salariés du magasin Conforama de Charleville-Mézières viennent d’apprendre que sept postes sont condamnés sur le site de la Croisette, qui compte actuellement 38 salariés en CDI. L’épilogue d’un long feuilleton, les premières inquiétudes datant du début d’année, comme L’Ardennais s’en était fait l’écho dès le 11 mars.

La coupe claire dans les effectifs concerne l’ensemble de la France. Choix motivé par des pertes financières et dicté, selon la direction générale de la grande enseigne d’ameublement, par les mutations des modes de consommation.

La saignée est d’envergure : 1 905 postes sont condamnés (sur environ 9 000) et 32 magasins vont baisser le rideau. « Celui de Charleville n’en fait pas partie, car il est considéré comme rentable », fait savoir Force ouvrière. Le syndicat organisait, hier, un mouvement social (une première pour Conforama à Charleville), suivi par une dizaine de salariés, dont certains pourraient se retrouver dans la charrette. Les grévistes ont fait signer une pétition aux clients se rendant au magasin, ce samedi matin, entre 10 et 14 heures.

Dans le détail, toujours selon FO, un poste de vendeur va disparaître ainsi que six postes du pôle enlèvement, caisses et service après-vente. « Ce qui nous écœure, c’est le montant des indemnités de licenciement », s’indigne Pascaline Thiery, déléguée syndicale. Montant jugé par les grévistes « ridicule », voire carrément «  insultant ». La grille, telle que proposée par le groupe pour le moment, est encore sujette à négociations : 1 000 euros pour un à dix ans d’ancienneté, 2 000 euros pour 10 à 20 ans, et 2 500 euros au-delà de 20 ans. Inacceptable pour les « anciens » de la boîte. « Nous avons tout donné pour ce magasin. J’étais présente à son ouverture, ici, le 25 novembre 1987 », confie ainsi Catherine, qui ne cache pas son amertume. « On se connaît tous, la plupart ont en moyenne vingt ans d’ancienneté », abonde Christine. L’idée de voir partir sept des leurs (les identités ne sont pas encore connues) est un crève-cœur pour tous.

Pour rappel, Conforama est passé en 2011 dans le giron du géant sud-africain Steinhoff. Ce mastodonte, présent dans trente pays, a dévissé en bourse après la révélation d’un scandale financier lié à des irrégularités comptables, en 2017. « Et aujourd’hui, c’est nous qui payons tout ça », s’agace Force ouvrière.

Dans de nombreuses autres villes de France (Millau, Saint-Ouen, Grenoble, etc), les salariés de « Confo » ont conduit des actions cette semaine. Le pays « où la vie est moins chère », selon le slogan historique de l’enseigne, est devenu en quelques mois le pays de la colère.

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