Coupe du monde féminine de football : la différence de salaire entre joueurs et joueuses est-elle un problème ?

Publié le par angeline351

Coupe du monde féminine de football : la différence de salaire entre joueurs et joueuses est-elle un problème ?

L'ouverture de la coupe du monde féminine de football 2019, ce vendredi 7 juin, a donné lieu à une controverse : est-il légitime que les rémunérations des joueuses soient moindres que celles des hommes, sachant qu'elles "dégagent" moins d'argent ?
Le débat divise jusque dans les rangs des joueuses de la coupe du monde féminine de football 2019, qui s'ouvre ce vendredi 7 juin à 21 heures au Parc des Princes avec le match France-Corée du Sud : doit-on s'indigner de l'écart de salaire entre les footballeuses et leurs homologues masculins ?

LE SALAIRE DES JOUEUSES BIEN INFÉRIEUR
Les chiffres sont sans équivoque : pour ce Mondial, les primes prévues pour les 24 sélections s'élèvent à 26,6 millions d'euros. Le double d'il y a quatre ans, mais loin des 354 millions d'euros distribués lors de la Coupe du monde masculine, en 2018 en Russie. L'écart entre les deux équipes de France est aussi conséquent : 400.000 euros par joueur pour les Bleus de Didier Deschamps, 15.000 euros par joueuse en cas de victoire finale pour les Bleues de Corinne Diacre.

 

Ces écarts sont également présents au niveau du championnat de France : la Fédération française de football (FFF) a indiqué à Franceinfo que le salaire mensuel moyen d'une footballeuse pro dans l'Hexagone était de 2.494 euros brut par mois, contre 73.000 euros en Ligue 1. Ces chiffres, pour les deux genres, cachent de grandes disparités. Chez les femmes, la star norvégienne Ada Hegerberg touche ainsi 400.000 euros de salaire et primes par an, juste devant deux joueuses françaises de premier plan, Amandine Henry (360.000 euros) et Wendie Renard (348.000 euros). La vedette brésilienne du Paris Saint-Germain, Neymar, gagne 36 millions d'euros chaque année…

Il existe également un écart en termes de conditions de travail : de nombreuses sélections féminines ont voyagé en avion en classe économique pour se rendre en France en vue de la Coupe du monde. En 2015, plusieurs équipes ont partagé le même hôtel lors de la compétition, et cette année, la Fifa a réservé des hôtels trois ou quatre étoiles pour les joueuses en les attribuant aux sélections. Loin des camps de base luxueux entièrement dédiés aux hommes pour les grandes compétitions.

BOYCOTT DE LA BALLON D'OR NORVÉGIENNE
Ces disparités sont de moins en moins acceptées au sein du football féminin, où les initiatives se multiplient pour faire avancer les intérêts des joueuses. Ainsi le 8 mars dernier, les joueuses américaines, championnes du monde en titre, ont mené une class action en portant plainte contre la fédération de football états-unienne pour discrimination de genre. Elles s'y plaignent des écarts de salaire, mais également des différences de moyens en termes de préparation, d'entraînement ou de suivi médical. Résultat : une augmentation de 30% et des meilleures conditions de voyage. Deux ans plus tôt, la sélection féminine norvégienne, vice-champion d'Europe, avait obtenu de gagner autant que l'équipe masculine, qui avait accepté de réduire sa rémunération. En Australie souffle également un vent de révolte féministe : les footballeuses professionnelles australiennes ont obtenu un accord collectif augmentant d'un tiers le salaire de base des joueuses du championnat national, la W-League, leur permettant d'égaler celui des hommes ! Un succès certes plus facile à obtenir en Australie, dont le prestige du championnat masculin est très limité, qu'en Europe…

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