Assurance chômage : dernière négo avant fiasco?

Publié le par angeline351

Assurance chômage : dernière négo avant fiasco?

Organisations syndicales et patronales ont rendez-vous mercredi après-midi pour trouver un accord limitant le recours aux contrats courts. Ce n'est pas gagné…

Cette fois, ce sont eux qui ont failli ne pas y aller. Après un rendez-vous annulé par les organisations patronales le 28 janvier, les syndicats ont menacé à leur tour de ne pas se rendre à la dernière séance de négociation de la réforme de l’assurance chômage, prévue ce mercredi. Avant de se décider finalement, pour la plupart, de jouer le jeu jusqu’au bout. Même s’ils ne se font guère d’illusion sur son issue.

«On y va demain parce qu’on ne veut pas de chaise vide et parce qu’on veut entendre ce que le patronat a à dire. S’ils nous retrouvent demain, c’est qu’ils ont des propositions tangibles ou qu’il n’y aura pas d’accord», a tranché ce mardi Marylise Léon, la négociatrice de la CFDT, sur BFM Business. Elle estime, «à vue de nez à 5%» les chances d’aboutir à un accord entre partenaires sociaux. FO, la CFE-CGC et la CFTC ont aussi annoncé qu’ils se rendraient au siège du Medef pour ce rendez-vous. La CGT, de son côté, doit se prononcer ce mercredi, après une réunion en interne.

Pour cette ultime rencontre, le patronat a promis du nouveau grain à moudre sur les contrats précaires, que le gouvernement entend réduire, par cette réforme. Lors du précédent round, le 14 février, les pistes développées par les organisations patronales n’avaient pas convaincu les syndicats. Elles avaient notamment suggéré d’instaurer une prime de précarité sur les «CDD d’usage», des CDD dérogatoires sans limitation de renouvellement ni versement d’indemnité de fin de contrat.

Une piste balayée par les syndicats, jugeant la mesure incomplète et peu efficace. Ces derniers avaient donc demandé au patronat de revenir le 20 février avec une proposition écrite de type bonus-malus, ce fameux dispositif promis par Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle qui consiste à moduler les cotisations sociales des entreprises en fonction de leurs recours aux contrats courts.

«Pas à la hauteur en matière de lutte contre la précarité»
Sans surprise, le patronat, qui depuis le début ne veut pas entendre parler du bonus-malus, a refusé les conditions posées par les syndicats. Dans un communiqué commun publié lundi, les trois organisations patronales (Medef, CPME, U2P) évoquent donc de nouvelles «propositions alternatives au dispositif de bonus-malus», sans en dire davantage. Une piste, selon l’U2P, serait de créer un «fonds mutualisé» destiné à financer des formations pour les salariés enchaînant plusieurs contrats courts, ou des complémentaires santé.

Des propositions «pas à la hauteur des attentes en matière de lutte contre la précarité», a déjà fait savoir Michel Beaugas, de FO. Le syndicat ne bouge pas de sa ligne: «Les annonces patronales semblent exclure toute modulation des contributions. Si tel est le cas, [les organisations patronales] porteraient la responsabilité d’un échec de la négociation.» Avec à la clé, une reprise en main du dossier par le gouvernement et, si l’exécutif respecte ses engagements, la mise en place du bonus-malus, au grand dam du patronat.

«Ceux qui vont trinquer ce sont les demandeurs d’emploi»
Mais aussi, autre pendant de cette réforme: une modification des règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi, à la sauce du gouvernement. Au risque, pour les syndicats, que les mesures imposées par l’exécutif – qui souhaite atteindre 3 à 3,9 milliards d’euros d’économies en trois ans – soient plus dures que celles qui auraient pu être négociées entre partenaires sociaux. «Ceux qui vont trinquer ce sont les demandeurs d’emploi», déplore ainsi Marylise Léon, de la CFDT.

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