«Gilets jaunes» : Emmanuel Macron n'a pas prévu de s'exprimer après Edouard Philippe

Publié le par angeline351

 «Gilets jaunes» : Emmanuel Macron n'a pas prévu de s'exprimer après Edouard Philippe

Le premier ministre a annoncé ce mardi la suspension pour six mois de plusieurs mesures fiscales, des concessions devant permettre à un exécutif acculé, de sortir de la crise des "gilets jaunes", mais déjà qualifiées d'insuffisantes.

Passe d'armes entre Gérald Darmanin et Eric Woerth
Le ministre des Comptes publics a visiblement mal pris les remarques de l'ancien ministre Eric Woerth qui avait lancé : "Vous êtes toujours en retard d'une mesure". Gérald Darmanin a convenu qu'il faut "plus d'humilité" du gouvernement, mais aussi "plus de responsabilité dans l'opposition". Il a ensuite énuméré toutes les mesures de supression de taxes portées par le gouvernement que n'a pas voté Eric Woerth, comme la suppression de la taxe d'habitation.

Christophe Castaner : «Nous avons lutté contre des gens qui n'ont pas de limites»
Le ministre de l'Intérieur a dénoncé les dérives du mouvement des "gilets jaunes" samedi dernier à Paris. "Nous avons lutté contre des gens qui n'ont pas de limites. Face à des gens qui ont complètement radicalisé leur mouvement", a-t-il affirmé, ajoutant que la "mobilisation sera maximale dans les prochains jours partout où ce sera nécessaire".

Édouard Philippe : «Il ne faut pas perdre de vue la non-augmentation de la dette publique»

 

Répondant aux questions de Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, le premier ministre a déclaré : «J'observe que vous nous avez proposé beaucoup de baisse de recettes, et beaucoup d'augmentation de dépenses. Mais il ne faut pas perdre de vue le principe d'une non-augmentation de la dette publique. Je le dis pour une raison simple : tout le monde sait, et tout le monde feint de ne pas s'inquiéter de cette hausse ces dernières années. Une augmentation de 35% de PIB en dix ans, c'est un vrai problème pour notre pays. Nous voulons que nos solutions soient discutées avec les Français pour maintenir une forme de cohérence, pour être certains que nous ne distribuons pas sans compter, que nos mesures servent à quelque chose. C'est pour ça que se donner trois mois d'un débat intense, ce n'est pas botter en touche».

François de Rugy : «Nous avons décidé de faire une pause sur la question de la fiscalité carbone»
Le ministre de la Transition écologique et solidaire prend ensuite la parole, répondant aux questions du député LR Damien Abad, qui demande la «suspension» de la taxe sur les carburants. «Le premier ministre a annoncé ce matin un certain nombre de mesures à la suite des discussions que nous avons eues la semaine dernière avec tout le monde. Nous avons décidé de faire une pause sur la question de la fiscalité carbone, du rattrapage essence-diesel et du GNR. Nous avons décidé de faire ce geste fort. Tout le monde nous a dit que c’était le préalable pour entamer le dialogue sur l’ensemble des sujets», a-t-il déclaré.

Edouard Philippe «choqué» par les violences à Paris samedi dernier
Le chef du gouvernement a également réagi aux violences qui ont émaillé la manifestation samedi dernier. «J'ai été choqué par les images et la réalité que nous avons vécues à Paris mais pas seulement. Des dégradations ont été perpétrées, je les condamne. Je veux dire notre admiration pour le sang-froid et le professionnalisme des forces de l'ordre. Le débat démocratique est vif. Il est même parfois sonore. Il est nécessaire. Nous l'aimons tous. Mais la mise en cause des symboles de la République, les menaces qui pèsent sur certains élus ou certains manifestants, sont inacceptables».

 

Ovation des députés à l'Assemblée pour rendre hommage aux forces de l'ordre

Edouard Philippe : «Nous avons sollicité l'apaisement face à la colère»
Le premier ministre a répondu aux questions des députés à l'Assemblée nationale, notamment sur les mesures annoncées dans la matinée. "Il nous appartient de faire en sorte d'augmenter le pouvoir d'achat, de baisser les prélèvements obligatoire et baisser la dette publique. C'est un objectif nécessaire pour le pays. Pour y arriver, nous avons sollicité l'apaisement face à la colère. Nous avons choisi de voter la suspension des taxes pendant six mois pour qu'un travail en profondeur avec l'ensemble des partis, l'ensemble des Français, soit fait et que nous puissions trouver les solutions pour engager la transition écologique. Car la réalité est là. Il faut trouver des solutions pour les mobilités, pour faire en sorte de poser sur la table des questions relatives à l'impôt. Toutes ces questions, nous voulons les poser dans le calme".

Il faut aussi que des gilets jaunes s'organisent", se choisissent "des responsables (...) qui répondent de ce qu'ils font devant leurs mandants" a-t-il souligné devant des journalistes à Bordeaux . "La démocratie spontanée, c'est très bien mais ça n'a qu'un temps, et il faut que les pouvoirs publics qui sont prêts au dialogue aient des interlocuteurs devant eux". Il a appelé les "gilets jaunes" à "arrêter les appels à manifester", car "on sait ce qui va se passer, compte tenu de la récupération inévitable par des casseurs".

"Le premier ministre a eu raison de prendre un certain nombre de mesures d'apaisement qui étaient réclamées", comme le moratoire sur la hausse des taxes sur les carbirants, le gel de la hausse du gaz et de l'électricité, et l'appel à une grande réflexion nationale sur notre système fiscal, a déclaré Alain Juppé.

François Ruffin juge que les mesures annoncées «ne répondent pas au mal de vivre des Français»
Le député La France insoumise de la Somme s'est dit "fier de son peuple" depuis l'Assemblée nationale qui a su "rendre la vue à un pouvoir aveugle". "Les mesures annoncées sont des non-mesures parce qu'elles ne répondent pas au mal de vivre des Français", juge-t-il. Quant à la suite du mouvement des "gilets jaunes", il indique que chaque manifestant doit définir s'il pense que "c'est déjà ça" ou s'il "continue à faire reculer l'adversaire". 

 14:44
Le blocage du dépôt pétrolier de Lorient maintenu, malgré les annonces de Matignon
Les indépendants des travaux publics qui bloquent depuis sept jours le dépôt pétrolier de Lorient (Morbihan) en soutien aux "gilets jaunes" ont décidé de maintenir leur action, malgré les annonces du premier ministre suspendant pour six mois plusieurs mesures fiscales, ont-ils annoncé à l'AFP.

Ils continuent de réclamer le maintien du "gazole non routier" (GNR) pour les professionnels. "On ne bouge pas pour le moment, on veut la suppression de l'article 19 concernant le gazole non routier", a déclaré Norbert Guillou, un des organisateurs du mouvement.

 

 

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