Gilets jaunes : des « moyens exceptionnels » seront mobilisés samedi

Publié le par angeline351

Gilets jaunes : des « moyens exceptionnels » seront mobilisés samedi

Emmanuel Macron a joué les pompiers mercredi en annonçant l'annulation pure et simple de la hausse de la taxe sur les carburants, espérant ainsi éteindre le mouvement des Gilets jaunes. Mais le feu social couvre peut-être depuis trop longtemps... Ce jeudi, le Premier ministre a annoncé des « moyens exceptionnels » mobilisés samedi en plus de 65000 forces de l'ordre et s'est dit ouvert à des mesures ciblant les bas salaires

Maxime Nicolle, alias « Fly Rider » sur Facebook, est un des porte-parole officiels des Gilets jaunes
 
Avec ses vidéos suivies par des milliers de personnes sur les réseaux sociaux, cet habitant des Côtes-d’Armor est devenu une des véritables figures du mouvement.
 
Lire notre article Gilets jaunes. Qui est Fly Rider, dont les vidéos font un tabac sur Facebook ?

Selon un sondage, les mesures annoncées sont trop tardives pour huit Français sur dix

Si 79% des Français interrogés considèrent qu'elles interviennent trop tard, ils sont également 69% à considérer qu'il s'agit d'"un premier pas dans la bonne direction" mais qu'elles "ne vont pas assez loin". 
Pour 65%, les mesures annoncées "sont l'occasion pour les gilets jaunes d'ouvrir le dialogue avec le gouvernement", selon cette enquête d'OpinionWay pour Public Sénat. 
Seuls 38% des Français considèrent en revanche que ces mesures "rendent injustifié le maintien des manifestations prévues" et 27% qu'elles sont suffisantes pour répondre aux revendications des "gilets jaunes". 
 
Enquête réalisée en ligne les 5 et 6 décembre auprès de 1.002 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points. 

Les Gilets jaunes ont ouvert la voie à d'autres colères 
Le mouvement "exceptionnel" des Gilets jaunes a permis aux manifestants portant d'autres revendications, de s'engouffrer "dans une fenêtre de tir", estime le sociologue Michel Wieviorka, chercheur à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris. 
 
Dimanche, des ambulanciers ont bloqué la place de la Concorde, à Paris. Depuis lundi, des lycéens manifestent dans les rues françaises. La semaine prochaine, ce sera au tour des agriculteurs. Les "gilets jaunes" font-ils tâche d'huile ? 

Réponse de Michel Wieviorka, à l'AFP  : Ces différentes mobilisations n'ont pas d'unité sur le fond. Ce qui les rassemble c'est la faiblesse actuelle du pouvoir. Tout le monde se dit "il y a une fenêtre de tir". Donc vous avez des ambulanciers, des paysans, des lycéens, des étudiants qui se disent : c'est le moment de faire valoir nos revendications. Mais il y a une grande différence avec les "gilets jaunes". Ces mouvements ne disent pas "Macron démission", ils ont des revendications catégorielles, sectorielles. 

La comédienne et humoriste a assuré ce jeudi matin qu'elle est et serait "toujours du côté de ceux qui souffrent", ajoutant même qu'elle s'interroge beaucoup "sur l'humanité des hommes politiques".
 
Mais cet après-midi, Muriel Robin a ajouté qu'elle appelait "au plus grand calme pour samedi."

Une nounou pour les enfants des Gilets jaunes
Le journal La Voix du Nord raconte l'initiative de Cathy Hage, à Templeuve-en-Pévèle qui propose de garder gratuitement les enfants des Gilets jaunes pour qu’ils puissent manifester. Une condition : que "les parents ne cassent rien car cette grand-mère, nourrice en périscolaire, vilipende la violence, même si elle cloue au pilori la politique du gouvernement".

Dans le même temps, un collectif d’avocats a appelé le gouvernement à interdire l’emploi par les forces de l’ordre de grenades GLI-F4.
 
Elles ont blessé plusieurs personnes lors des manifestations des Gilets jaunes les 24 novembre et 1er décembre à Paris. Ainsi, Gabriel, 21 ans, originaire de la Sarthe, a eu des doigts arrachés par une grenade GLI-F4 alors qu’il manifestait avec sa famille au rond-point des Champs-Elysées, le 24 novembre. Une autre grenade a blessé à la poitrine Philippe, 40 ans, originaire du Sud, le 1er décembre.Antonio et Ulrich ont également été grièvement blessés au pied. Leurs avocats ont annoncé, ce jeudi midi, des dépôts de plainte.

 Caen, des Gilets appellent à venir samedi « sans enfant ou personne fragile »
 
Dans une vidéo postée sur Facebook, dans la nuit de mercredi à jeudi, Jérémy Martin alias Kouki, un Gilet jaune très actif sur les réseaux sociaux, annonce : « Samedi, ça va être très tendu. On a essayé de faire bouger les choses pacifiquement, ça n’a pas vraiment fonctionné. » Le mouvement caennais va-t-il se radicaliser ?
 

Édouard Philippe est ouvert à des mesures ciblant les bas salaires 
 
Le Premier ministre a déclaré, devant le Sénat : "Je suis prêt à examiner toutes les mesures qui permettraient d'augmenter les rémunérations au niveau du smic sans pénaliser excessivement la compétitivité de nos entreprises." 
Un homme a exhibé une arme de poing devant un barrage des Gilets jaunes, à Octeville-sur-Mer, près du Havre, dans la nuit de lundi à mardi. Un geste fait « pour rigoler », a-t-il expliqué aux forces de l’ordre après son interpellation. Lire la suite.
Des "moyens exceptionnels" seront mobilisés samedien plus des 65 000 forces de l'ordre, a déclaré Édouard Philippe, le Premier ministre, au Sénat.
 
Le chef du gouvernement a renouvelé l'appel aux Gilets jaunes à ne pas se rendre à Paris pour manifester, non pas pour "leur interdire de s'exprimer", mais pour "éviter qu'ils soient pris au piège que leur tendent les casseurs", alors que l'exécutif affiche ses inquiétudes sur le risque de très grandes violences pour cet "acte IV". 
La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a invité les représentants des syndicats et du patronat à venir discuter avec l'Etat vendredi dans le cadre de la concertation promise par le Premier ministre pour trouver des solutions à la crise des Gilets jaunes.

Il devrait être question de la prime transport qui pourrait être versée par les entreprises pour les salariés devant utiliser leur voiture pour se rendre au travail, ainsi que du calendrier et de la méthode de discussion envisagé pour la "grande concertation de terrain" que le gouvernement souhaite mettre en place dans les trois prochains mois.
 
La CGT a d'ores et déjà exclu dans un communiqué de participer à cette réunion et exige l'ouverture de négociations. 

 

Les forces de l’ordre parisiennes se préparent à la mobilisation d’ampleur des Gilets jaunes prévue à Paris samedi prochain. Pour cela, des véhicules blindés de la gendarmerie pourraient être utilisés pour dégager les barricades et protéger certains bâtiments. La préfecture envisage aussi un arsenal juridique pour gérer les interpellations en temps réel

Le député Guillaume Larrivé, secrétaire général délégué au projet, a appelé de son côté ses "compatriotes de l'Yonne" à ne pas "monter manifester à Paris samedi".

L'ancien ministre socialiste Jack Lang a déclaré : "On peut être en désaccord avec la politique du gouvernement mais le devoir de toutes les personnalités politiques est aujourd'hui de dire non à la violence contre les personnes, les institutions et la personne même du président de la République. La France doit rester une société du respect".
 

Edouard Philippe poursuit ce jeudi après-midi au Sénat un débat engagé à l'Assemblée pour défendre les mesures prises en urgence : outre l'annulation de la taxe carbone, il s'agit d'un gel des tarifs du gaz et de l'électricité cet hiver, et du renoncement à durcir le contrôle technique automobile avant l'été

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume s'est exprimé ce jeudi au micro de RTL : "Le président de la République n'est pas fébrile, il est inquiet. Ce n'est pas une grande fébrilité, c'est une grande responsabilité, c'est celle de dire (...) une partie du peuple est en train de se soulever, je dois lui apporter les réponses", a-t-il déclaré au micro de RTL.
Le collectif des "Gilets jaunes libres" demande à être reçu ce vendredi par Emmanuel Macron, pour "calmer" la France qui se trouve "au bord de l'insurrection et de la guerre civile", a annoncé ce jeudi un de ses représentants, Benjamin Cauchy.

"Nous en appelons au sens des responsabilités et au sens de l'Etat d'Emmanuel Macron. Le pays est au bord de l'insurrection et de la guerre civile. Nous demandons à être reçus pour négocier avec lui sur le pouvoir d'achat, qui est ce qui relie toutes les colères" de ce mouvement hétéroclite, a déclaré Benjamin Cauchy à l'AFP.

Lors d'un éventuel rendez-vous à l'Elysée, les "Gilets jaunes libres" entendent réclamer notamment une "revalorisation du Smic, des retraites, des pensions d'invalidité et des pensions handicapés". "Il n'y a que ça qui calmera" le mouvement lancé le 17 novembre, estime Benjamin Cauchy.

Une dizaine de Gilets jaunes ont créé le collectif des "gilets jaunes libres", en rupture avec les initiateurs du mouvement, notamment Eric Drouet et Priscillia Ludosky, dont ils jugent la ligne trop radicale. Dans une tribune publiée dimanche dans le JDD, ils ont affirmé vouloir "être les porte-parole d'une colère constructive" et "tendre la main au gouvernement".

Invités à Matignon mardi, ils avaient renoncé à s'y rendre après avoir reçu, disent-ils, des menaces anonymes de "gilets jaunes". "Si nous recevons encore des menaces, nous passerons outre et nous ferons en sorte de pouvoir nous y rendre en toute sécurité", a assuré Benjamin Cauchy. 
Le gouvernement redoute "une très grande violence" lors de la prochaine manifestation des "Gilets jaunes" samedi, avec "un noyau dur de plusieurs milliers de personnes" qui viendraient à Paris "pour casser et pour tuer", selon une source élyséenne, citée par Reuters.

La précédente manifestation, samedi dernier, a donné lieu à des violences inédites, notamment à Paris, et des scènes de chaos et de dégradations qui ont fait 263 blessés. CREDIT : AFP
 
 
La précédente manifestation, samedi dernier, a donné lieu à des violences inédites, notamment à Paris, et des scènes de chaos et de dégradations qui ont fait 263 blessés.
 
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a prévenu mercredi que toutes les forces de police et de gendarmerie disponibles dans le pays seraient de nouveau mobilisées ce samedi et que toute personne prise en flagrant délit de violence ou de dégradations serait interpellée.
 

 

Paris Match a mis ce jeudi en une, sans savoir qui il était, un Gilet jaune qui s'est avéré être l'auteur antisémite Hervé Ryssen, face à un gendarme mobile, une couverture jugée "consternante" par la Licra.

Sur la photo prise par une photographe d'agence pendant la manifestation parisienne de samedi, le militant d'extrême droite en "gilet jaune", de profil, porte un drapeau tricolore et discute avec un gendarme mobile casqué devant l'Arc de Triomphe.

"Les antisémites et les négationnistes jubilent grâce à la visibilité que vous leur offrez ainsi!", s'est désolée la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) sur les réseaux sociaux.

Hervé Lalin (dit Ryssen), ex-membre du Front National, a été condamné à de la prison à plusieurs reprises pour des messages antisémites, sur les réseaux sociaux, son blog ou dans ses livres.

"La photographie a été choisie comme emblématique de la journée violente du samedi 1er décembre", a répondu le directeur de la rédaction de Paris Match, Olivier Royant dans un communiqué. "Les dizaines de photojournalistes engagés sur le terrain, en raison des conditions extrêmement difficiles, n'étaient pas en mesure de recueillir l'identité, moins encore les arrière-pensées des manifestants", souligne-t-il.

"Cette photographie fortuite révèle néanmoins l'infiltration du mouvement des Gilets jaunes par les extrémistes, notamment, de l'ultra-droite. C'est ainsi que cet individu s'est retrouvé en couverture de notre magazine", poursuit Olivier Royant, rappelant que le magazine du groupe Lagardère combat "sans ambiguïté(...) toutes les formes de racisme et d'antisémitisme".

Tout le monde l'avait identifié, sauf Paris Match, apparemment", a condamné l'historien de la presse Christian Delporte sur Twitter." En toute responsabilité, (...) ce numéro devrait aller au pilon".

"Les Gilets jaunes auront donc permis à un négationniste antisémite, admirateur de Faurisson, de faire la couverture de Paris-Match par effraction", a regretté de son côté la reporter du Monde Ariane Chemin.

Plusieurs musées et lieux culturels parisiens ont décidé à nouveau de rester fermés samedi.

Situé près de l'avenue des Champs-Elysées, le Grand Palais n'ouvrira pas ses portes samedi, comme la semaine dernière. Il propose en ce moment des expositions sur la Venise du XVIIIe siècle, le peintres Miro ou encore Michael Jackson. Les billets déjà achetés resteront valables jusqu'à la fin de chaque exposition, précise la Réunion des monuments nationaux (RMN).

Le Palais de la découverte, situé dans une aile du Grand Palais, n'ouvrira pas non plus samedi "par mesure de prévention", a indiqué l'établissement chapeauté par Universcience.

Le Musée de l'Homme, situé au Trocadéro, restera fermé également, a annoncé son directeur André Delpuech. Il a décidé d'annuler les manifestations "En droits" prévues en partenariat avec le Théâtre de Chaillot (théâtre, conférences, projections, street art et photographie) pour célébrer le 70e anniversaire de la déclaration des droits de l'Homme. Des célébrations devraient en revanche avoir lieu dimanche comme prévu.

En raison de l'actualité, l'inauguration de la peinture murale du peintre Jean-Marie Havan qui reprend un dessin célèbre de Sempé, et qui devait être exposée à l'angle du boulevard des Filles du Calvaire et de la rue Froissart, dans le IIIe arrondissement, près de la place de la République, a été reportée à une date ultérieure, a annoncé la Mairie de Paris.

Ce reports s'ajoute à celui du festival électro INASOUND, parrainé par Jean-Michel Jarre, qui devait se tenir au Palais Brongniart dans le coeur de la capitale, mais a été repoussé au printemps. Lire aussi notre article sur ce sujet.

146 personnes ont été interpellées ce jeudi devant un lycée de Mantes-la-Jolie après des heurts et dégradations dans cette ville des Yvelines, a indiqué à l'AFP le commissaire Arnaud Verhille. Ces arrestations ont eu lieu après de nouveaux incidents à proximité du lycée Saint-Exupéry, où deux voitures ont été incendiées mercredi et où des heurts ont éclaté avec la police, a constaté une journaliste de l'AFP.
À Marseille, incidents après la manifestation à la gare Saint-Charles 
Selon Le Monde, la mobilisation lycéenne a dégénéré à Marseille (13) après la manifestation. Des incidents ont éclaté à Marseille autour de la gare Saint-Charles qui a été fermée. Selon leur correspondant sur place, "les voyageurs errent entre les policiers derrière leur bouclier et les groupes qui cherchent à en découdre" à coups de gaz lacrymogène contre de petites pierres.
 
Deux voitures ont été renversées auxquelles le feu a été mis.
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À Toulouse, une manifestation de lycéens ponctuée de violences
 
La mobilisation des lycéens à Toulouse (31) se poursuit avec des blocages d'établissements et une manifestation ponctuée de violences au cours de laquelle un policier a été légèrement blessé, a indiqué la préfecture de la Haute-Garonne. Quelque 300 manifestants ont participé à une marche dans la ville au cours de laquelle les forces de l'ordre ont essuyé des "tirs de projectiles", selon cette source. Des poubelles ont également été incendiées et du mobilier urbain a été dégradé, a-t-elle ajouté. 
 
Les lycéens se dirigent vers l'université Jean-Jaurès dans le quartier du Mirail où ils vont se joindre à une assemblée générale des étudiants prévue à 12 h 30, a rapporté le syndicat de l'Union des étudiants de Toulouse. 
 
"Environ 1.830 lycéens" se sont mobilisés sur l'ensemble du département avec une vingtaine d'établissements concernés, a ajouté la même source, précisant que deux lycées étaient bloqués. 

À Saint-Malo (35), face à face entre les Gilets jaunes et les gendarmes
 
Les Gilets jaunes étaient passés du filtrage au blocage dans la cité corsaire. Ils étaient une quinzaine à tenir le barrage de fortune sur le port. Contraignant les navires de la Britanny ferries à se dérouter vers Caen-Ouistreham. Ils empêchaient également les éclusages.
 
Des renforts de la gendarmerie sont arrivés ce matin et ont évacué les lieux dans le calme. Une interpellation a été effectuée. 

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy a annoncé mercredi soir que la taxe sur le prix des carburants n'augmenterait pas finalement en 2019. Une décision qui vise à calmer la grogne des Gilets jaunes mais certains observateurs pensent qu'Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont trop tardé à prendre leur décision et que la fronde pourrait se poursuivre au delà de cette 20e journée de mobilisation.

En effet, partout en France, les appels à se mobiliser une nouvelle fois samedi pour un acte IV se multiplient. Les syndicats qui estiment la colère « légitime » dénoncent « toutes formes de violences ». De côté des partis politiques, Laurent Wauquiez apprécie le geste d'apaisement mais souhaite qu'Emmanuel Macron parle aux Français. Le PS, le PCF et la France insoumise vont déposer une motion de censure contre le gouvernement lundi.

Un collectif baptisé « Les Gilets jaunes libres » demande à être reçu ce vendredi par Emmanuel Macron.

Ce jeudi 6 décembre, devant le Sénat, le Premier ministre a annoncé des « moyens exceptionnels » mobilisés samedi en plus de 65000 forces de l'ordre. Il se dit aussi ouvert à des mesures ciblant les bas salaires.

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