«Gilets jaunes» : 412 arrestations à Paris, Macron a salué les forces mobilisées samedi soir

Publié le par angeline351

 

 

 

«Gilets jaunes» : 412 arrestations à Paris, Macron a salué les forces mobilisées samedi soir

 

Emmanuel Macron tient ce dimanche une réunion d'urgence à l'Elysée au lendemain des scènes de violences urbaines à Paris et en régions. Les autorités ont annoncé 136.000 personnes dans les rues samedi.

La réunion de crise est terminée

 
La réunion exceptionnelle entre le président et ses ministres est terminée. L'Élysée a annoncé qu'Emmanuel Macron ne prendra cependant pas la parole à ce stade.


136.000 manifestants samedi en France, selon l'Intérieur
Près de 136.000 personnes ont participé à la troisième journée de mobilisation des «gilets jaunes» samedi dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur.

Un total de 263 personnes ont été blessées, a précisé le ministère.

La précédente mobilisation du 24 novembre avait réuni 106.301 personnes à 17h selon les chiffres provisoires alors communiqués par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Le bilan «complet et consolidé» de cette journée a toutefois finalement été réévalué à 166.000, a précisé dimanche la place Beauvau.

La réunion de crise a commencé à l'Élysée
Emmanuel Macron réunit en ce moment dans le Salon vert de l'Élysée le premier ministre Edouard Philippe, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le secrétaire d'État Laurent Nunez et le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

Cette réunion d'urgence a été décidée après les violences commises samedi, en marge de la mobilisation des «gilets jaunes».


L'Unsa Police demande l'interdiction de la manifestation du 8 décembre
Au lendemain des violences, l'Unsa Police «exhorte le ministre de l'Intérieur à interdire toute manifestation à Paris» le 8 décembre prochain.!!!!

«Les tergiversations doivent s’arrêter», estime le syndicat dans un communiqué, alors que «Paris a été une nouvelle fois le terrain de jeu d'une horde de casseurs revêtus de gilets jaunes ce samedi 1er décembre 2018».

L'Unsa rappelle que la journée d'hier était «le quatrième weekend d’emploi pour les forces de l’ordre» à Paris et de nombreux autres points du territoire, dont l’île de la Réunion. «Les policiers ne sont pas des robots, les rythmes physiologiques doivent être respectés», ajoute le syndicat pour qui «l'administration met les policiers en danger».


Le gouvernement n'a «pas droit» à «un troisième samedi noir», prévient Gérard Larcher
«Le gouvernement n'a pas le droit à un troisième samedi noir» prévient le président du Sénat Gérard Larcher, après la journée de samedi où l'État de droit a été «bafoué» et "la République malmenée".

Mais «la réponse doit être d'abord politique» ajoute-t-il, réitérant son appel à un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants prévue le 1er janvier. Il est interviewé au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. 

Un troisième mort en marge du mouvement
Un automobiliste a été tué dans la nuit de samedi à dimanche à Arles  dans les Bouches-du-Rhône, dans un carambolage provoqué par un bouchon dû à un barrage de «gilets jaunes» sur une route départementale.

Une voiture particulière a percuté, vers 2h du matin,  un poids-lourd immobilisé à l'arrière de ce bouchon et été percutée par un autre véhicule, a-t-on expliqué à Reuters. Le conducteur de la voiture ainsi prise en sandwich «est décédé sur le coup». C'est le troisième mort en marge du mouvement.

Macron démission», crient des «gilets jaunes» face au président
Déplacement tendu pour le président de la République, hué par un petit groupe de «gilets jaunes», tenu à l'écart par les forces de police. Des «Macron démission» fusent suivis d'une Marseillaise.

On entend également quelques «Vive Macron», tandis que le président poursuit son chemin avenue Kléber (XVIe arrondissement).

Échanges avec le chef de la BRI, mobilisée hier soir
Emmanuel Macron a eu un bref échange avec Christophe Molmy, le chef de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI). Très présente ces dernières années sur les scènes d'attaques terroristes, elle a été mobilisée hier pour épauler les forces de l'ordre notamment pour procéder aux arrestations.

Le président salue les sapeurs pompiers et les forces de sécurité
Le président de la République poursuit son déplacement dans les rues autour de l'Arc de triomphe. Il salue les sapeurs pompiers de Paris et les forces de sécurité sur l'avenue Kléber bouclée pour l'occasion.

Ce déplacement n'était pas prévu à l'agenda d'Emmanuel Macron qui était hier encore à Buenos Aires au sommet du G20.

Castaner et Nuñez entendus sur les violences mardi au Sénat
La commission des lois du Sénat entendra mardi les ministre et secrétaire d'État à l'Intérieur Christophe Castaner et Laurent Nuñez «sur les émeutes, les agressions contre les forces de sécurité et les actes de vandalisme et de destruction» lors des manifestations des «gilets jaunes», selon un communiqué dimanche de la Haute-Assemblée.

La commission entendra les «explications» du ministre de l'Intérieur et son secrétaire d'État «sur les moyens mis en place (...) pour y faire face». Cette audition portera également sur «les dispositions nouvelles qui doivent impérativement être prises pour prévenir la répétition et l'aggravation de ces troubles d'une extrême gravité, sans porter atteinte au droit constitutionnel des Français d'exprimer leurs opinions et leur mécontentement par des manifestations non violentes».

Les images de l'Arc de Triomphe mis à sac
Des casseurs ont saccagé hier l'Arc de Triomphe à Paris. L'extérieur a été tagué et l'intérieur a été mis à sac : statues et mobiliers brisés, cadres détruits et musée pillé.


Tôt dans la matinée, les services de nettoyage travaillaient à effacer les inscriptions sur les murs de l'Arc de Triomphe.

 


Emmanuel Macron est au pied de l'Arc de triomphe vandalisé
De retour à Paris, Emmanuel Macron est actuellement devant l'Arc de triomphe pour constater les dégâts commis hier par des casseurs en marge de la mobilisation des «gilets jaunes». Il est accompagné par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Également entouré du président du Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval, Emmanuel Macron s'est entretenu avec des membres du comité de la flamme devant la tombe du soldat inconnu.

Pendant quelques minutes, la délégation s'est inclinée devant la flamme du Souvenir.

Une réunion de crise doit se tenir à 12h30 autour d'Emmanuel Macron, en présence de Christophe Castaner et de son secrétaire d'État Laurent Nunez.

Dans une tribune, des «gilets jaunes» disent «tendre la main» au gouvernement
Un collectif de «gilets jaunes» se présentant comme des porte-paroles du mouvement publie une tribune dans Le Journal du Dimanche. Après un rendez-vous raté entre Édouard Philippe et des représentants des «gilets jaunes» vendredi, les signataires affirment vouloir «offrir au gouvernement une porte de sortie à la crise». 

Ces dix personnes – dont fait partie Jacline Mouraud pour la Bretagne –, qui prennent le soin de préciser que «nul n’a le monopole  de l’expression» des «gilets jaunes», «ni de leur représentation», sont issues de neuf régions différentes. «Nous lançons un appel à tous les citoyens» souhaitant participer «au mouvement engagé, d’en devenir les référents locaux et départementaux» ; «loin de toute radicalisation et en accord avec les 80 % de Français qui nous soutiennent, construisons un projet viable et crédible dans l’intérêt de tous», est-il écrit. 

Revendiquant «une colère constructive», les représentants listent leurs doléances : états généraux de la fiscalité, conférence sociale nationale, assises «territoires et mobilité», référendums réguliers sur les grandes orientations sociales et sociétales du pays, scrutin proportionnel pour les législatives. Ils ajoutent vouloir, «de manière immédiate et sans condition», «le gel de la hausse des taxes sur les carburants et l’annulation de l’alourdissement du contrôle technique automobile». 

Tout en condamnant les violences, ils estiment que «le gouvernement ne doit pas répondre à la colère par l’orgueil d’une politique sans issue» et indiquent se tenir «à la disposition du premier ministre pour un premier rendez-vous».

Un péage incendié «par des casseurs» à Narbonne
Dans la zone de péage de Narbonne sud, des bâtiments, dont celui du peloton de gendarmerie, des véhicules de la société Vinci autoroutes ont été incendiés dans la nuit «par des casseurs», en marge d'une manifestation des «gilets jaunes». «Une enquête de nature délictuelle est ouverte», a annoncé le procureur de permanence, qui a affirmé à l'AFP que l'incendie avait été provoqué par des «casseurs».

Vinci précise dans un communiqué être mobilisée «pour rétablir dans les meilleurs délais la continuité du service public, notamment l'A9, coupée dans les deux sens de circulation au niveau de Sète et d'Agde, et ses échangeurs fermés entre Orange et Narbonne, dans le but de limiter au maximum la gêne pour les usagers».

L'incendie, qui s'est produit sur la bretelle de sortie de l'autoroute A9 (Perpignan-Montpellier) dimanche vers 1h et a mobilisé une cinquantaine de pompiers, n'a pas fait de blessés. «Les bâtiments ont été évacués» avant que l'incendie ne se déclenche, a expliqué la préfecture de l'Aude. «Les salariés de Vinci Autoroutes, les ouvriers logés sur place et leurs familles avaient été évacués et pris en charge au cours de la nuit. Aucun d'entre eux n'a été blessé», a confirmé la société.

Les bâtiments incendiés abritaient aussi, outre le peloton autoroutier de la gendarmerie, des locaux d'exploitation de la société Vinci, «notamment le district et le PC sécurité», a indiqué dans son communiqué la société, qui a activé dans la nuit une cellule de crise et déposé plainte. Selon les pompiers, une vingtaine de véhicules de la société ont aussi été incendiés.

Griveaux écarte à nouveau tout «changement de cap»
Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a une nouvelle fois écarté ce matin un changement de cap, demandant «un peu d'union nationale» autour des forces de l'ordre après les violences samedi à Paris. «On a dit que nous ne changerions pas de cap. Parce que le cap est le bon.»

«Ça fait 30 ans que les gens changent de cap tous les 18 mois. Et si on n'avait pas changé de cap tous les 18 mois depuis 30 ans, le pays s'en porterait mieux. Que ceux qui nous donnent des leçons, y compris d'anciens présidents, commencent par regarder ce qu'ils ont fait et laissent le cynisme de côté», a développé le porte-parole du gouvernement, visant sans le citer François Hollande. 

«On est dans un moment où un peu d'union nationale devant nos forces de l'ordre, autour de ceux qui sont vraiment dans la galère ferait du bien au pays. En revanche, nous avons une méthode plus ouverte de dialogue», a ajouté M. Griveaux, précisant que l'exécutif était «prêt» à discuter avec les représentants des «gilets jaunes» auteurs d'une tribune appelant à une sortie de crise, publiée dans Le JDD.

412 arrestations à Paris samedi
La préfecture de police de Paris indique qu'il y a eu 412 arrestations hier dans la capitale. 378 individus sont en garde à vue ce matin.

En outre, 133 personnes ont été blessées, dont 23 membres des forces de l'ordre.

 

Un policier : «On nous met en danger»
Notre journaliste Stéphane Kovacs a suivi, hier, la fin de la manifestation auprès, notamment, des forces de l'ordre. Dans ses tweets, elle rapporte la fatigue des agents et le sentiment que certains ont eu d'être débordés : 

Le gouvernement étudie toutes les options pour éviter de nouvelles violences

 
Le gouvernement étudie toutes les options pour éviter de nouvelles scènes d'émeutes y compris la piste de l'instauration de l'état d'urgence, a déclaré dimanche le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur Europe 1.
 
«Il faut réfléchir aux mesures qu'on peut prendre (...), a déclaré Benjamin Griveaux. Christophe Castaner a évoqué l'état d'urgence. Il a y a une réunion tout à l'heure avec le président de la république, le premier ministre et le ministre de l'Intérieur pour faire d'abord un bilan de la journée d'hier et voir quelles sont les mesures que nous pourrions prendre pour éviter cela parce qu'il n'est pas question que chaque week-end devienne un rendez-vous et un rituel de la violence.»

L'intérieur de l'Arc de Triomphe a été «ravagé»
Le président du Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval a posté hier soir une vidéo de l'intérieur de l'Arc de Triomphe saccagé : 

 

Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montrent les pilleurs en action même à l'intérieur du bâtiment. Ce dernier était fermé au public hier. Il le restera aujourd'hui pour réparer les dégâts.

Le monument est un symbole national qui abrite la tombe du soldat inconnu de la Première guerre mondiale. À l'extérieur, il a en outre été couvert d'inscriptions hostiles au pouvoir exécutif par des «gilets jaunes» et des casseurs.

En Argentine, Macron n'a pas prononcé les mots «gilets jaunes»

 
Emmanuel Macron a réussi pendant trois jours à ne jamais prononcer les mots de «gilets jaunes», malgré un discours, deux conférences de presse et de nombreuses questions sur ce sujet.
 
Arrivé mercredi soir en Argentine, après 14 heures de vol, le président de la République avait joué de malchance : dès sa sortie de l'avion, victime d'une erreur de protocole, l'actualité l'avait rattrapé. Au lieu d'officiels argentins, il est accueilli par des agents de l'aéroport... en gilet jaune. L'image incongrue de leur poignée de main a beaucoup tourné.
Jeudi, pour sa journée de visite officielle en Argentine, il a choisi de se plonger dans la culture du pays. En commençant par une discussion avec des écrivains argentins, réunis à sa demande dans la plus belle librairie de Buenos Aires. Avec eux, il a disserté de l'imaginaire, de l'importance des parenthèses chez Jorge Luis Borges et confié qu'il écrivait tous les jours. «Une fois que j'aurai fini avec tout cela, je reviendrai à la vérité», a-t-il glissé, cryptique.
 
Jeudi midi, courte conférence de presse avec son homologue argentin Mauricio Macri. Les journalistes qui l'interrogent sur les «gilets jaunes», à deux jours d'une manifestation à hauts risques, doivent se contenter d'une phrase générique sur la nécessité de donner «à nos travailleurs une place dans la mondialisation». 
 
Le soir, devant la communauté française de Buenos Aires, toujours allusif, il s'est fait plus dur, affirmant que ses décisions ne seront «jamais un recul». «Vous suivez sans doute l'actualité», leur a-t-il dit, sa seule référence aux protestations.

 

Les questions qui se posent ce dimanche

 
• L'état d'urgence peut-il être instauré ? Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner ne l'a pas exclu samedi soir. «Je n’ai pas de tabou», a-t-il indiqué. La mesure est préconisée par deux syndicats policiers.

• Les forces de l'ordre étaient-elles suffisantes à Paris ? Les autorités ont annoncé que 5000 hommes avaient été mobilisés à Paris. Selon les récits de nos reporters, certains agents ont indiqué qu'ils étaient fatigués et engagés depuis 5h du matin, sans relais ni ration.

• Les casseurs sont-ils des «gilets jaunes» ? Le ministre de l'Intérieur a indiqué hier soir que sur les 287 personnes arrêtées à Paris, peu avaient le profil de «casseurs», sous-entendu les "gilets jaunes" ont été emmenés par «des professionnels de la casse qui savent eux s'enfuir avant de se faire arrêter».

• Les violences peuvent-elles s'étendre ? Hors Paris, des violences ont été relevés au Puy-en-Velay, à Tours, à Tarbes, à Marseille ou Dijon. Des dégâts importants ont été constatés.

• À combien s'élèvent les dégâts ? Quel est le bilan des opérations «péages gratuits» réalisées depuis plusieurs jours par les «gilets jaunes» ? Pour l'heure, nous n'avons pas de réponse à ces interrogations. 


Une réunion en fin de matinée à l'Élysée
Attendu sur le sol français en fin de matinée en provenance du sommet du G20 en Argentine, le chef de l'État doit retrouver le premier ministre Édouard Philippe, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et «les services compétents» pour tenter de trouver une réponse à un mouvement qui semble avoir échappé à tout contrôle.

L'ampleur des violences, qui ont fait une centaine de blessés, a conduit Édouard Philippe à annuler son déplacement en Pologne pour le sommet sur le climat COP 24. Il s'est rendu dès samedi soir dans un commissariat parisien pour remercier les forces de l'ordre.

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