D. Guégan (FO). Gilets jaunes, syndicats même combat

Publié le par angeline351

D. Guégan (FO). Gilets jaunes, syndicats même combat

Daniel Guégan est membre du bureau de Force ouvrière du pays de Saint-Malo et ancien secrétaire général de son syndicat. Il milite depuis 30 ans et jette un regard intéressé sur le mouvement qui secoue actuellement la France.

Le Télégramme. Quel est votre ressenti sur les combats que mènent les Gilets Jaunes ?
Daniel Guégan. « La nature ayant horreur du vide, les Gilets jaunes ont comblé cet espace en remplacement des syndicats qui dans leur globalité n’arrivaient à obtenir ce qu’ils voulaient. Parce qu’il y a un faible taux de syndicalisation. Car s’il y avait plus de militants, on aurait pu faire plier le gouvernement. Il y a eu dix manifestations organisées à Saint-Malo par FO, la CGT, le FSU depuis un an. Pour l’augmentation des salaires, les retraites, contre les ordonnances Macron… On était 500 personnes mobilisées. C’est faible… ».


Selon vous, les Gilets Jaunes expriment quoi ?
« Une colère. Symbolisée par cette phrase que l’on entend souvent : « on termine la fin du mois dans le rouge ». Pour beaucoup, ils ont l’obligation de se déplacer en voiture. Donc il y a beaucoup de frais. Et en plus, ils sont payés au SMIC. Ont-ils tous un temps plein ? Je me pose la question. Le gouvernement disait : « Nous vous avons entendu ». Mais au final rien ne bougeait. Avec Macron, on a quelqu’un d’assez hautain. On l’a vu quand il est venu en Bretagne en tant que ministre de l’Économie où il avait traité d’illettrées des femmes salariées de l’abattoir Gad. Quant aux Gilets jaunes, ils ressentent un manque de reconnaissance. Mais ils ne sont pas structurés. C’est leur défaut. Ils ne sont pas d’accord entre eux. Les revendications qu’ils portent ont évolué. Au départ l’essence, ensuite leur plate-forme de revendications s’est élargie : le SMIC, les élections à la proportionnelle… Les demandes des Gilets jaunes sont l’équivalent de celles des syndicats ».


Sauf qu’ils ne veulent pas entendre parler de syndicats !
« On pourrait être à leur côté. J’ai mis un gilet jaune sur le tableau de bord de ma voiture. Quand je les croise, je reste causer un peu. C’est dommage qu’on n’ait pas eu la possibilité de s’entendre ».


On a l’impression que la casse, ça marche. En tout cas, ça fait reculer le gouvernement ?
« Oui, mais… Je mets Paris à part. Les casseurs se fondent dans les Gilets jaunes. On n’est pas dans un régime où la terreur doit gouverner. Moi, je suis fermement opposé à la casse qui ne fait rien avancer. Porter atteinte aux symboles de la République, c’est intolérable. Ça dessert la cause des Gilets jaunes. Il faut instaurer le dialogue. Pas facile, car ils n’arrivent pas à s’entendre entre eux. Mais le gouvernement aurait dû agir plus vite : augmenter le SMIC, les pensions des retraités, décider du retour de l’ISF ».

Publié dans COMMUNIQUE FO

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