«Je ne suis pas le clone de Mailly»

Publié le par angeline351

Proche de l'ancien secrétaire confédéral Jean-Claude Mailly, Yves Veyrier a été élu à la tête du syndicat, devançant de peu le candidat des trotskistes, Christian Grolier. Une victoire pour le camp réformiste qui revient aux affaires après l'épisode Pavageau.

Le successeur de Pascal Pavageau à la tête du syndicat Force ouvrière a désormais un nom : celui d’Yves Veyrier, un cadre historique de l’organisation. Ce plus ancien membre du bureau confédéral (direction), où il siège depuis 2004, a remporté 2 720 voix, soit 45,75 % des votes exprimés. Christian Grolier, patron de la section fonction publique, 52 ans, a eu 2 577 voix, soit 43,35 %, quand Patrice Clos, numéro un de la fédération des transports, 53 ans, n’en a obtenu que 10,9 %. «Le score est serré mais tout le monde est satisfait de ce débat et de ce résultat. Tout le monde ressort avec dynamisme et force», a assuré Veyrier, peu de temps après l’annonce de son élection. Reste «quelques blessures» qu’il faudra panser, concède-t-il.

Cette victoire d’une courte tête marque le retour du clan «réformiste» à la tête du syndicat, longtemps porté par l’ancien secrétaire confédéral Jean-Claude Mailly, puis balayé par l’élection de Pascal Pavageau en avril dernier. Elle se fait au détriment de Christian Grolier, le candidat soutenu par le puissant courant trotskiste de FO, et enterre dans le même temps les ambitions du clan Pavageau, dont le candidat Patrice Clos arrive en dernière position. Le nouveau secrétaire confédéral élu, un ingénieur des travaux de la météorologie est qualifié par ses détracteurs de «clone» de Mailly, quand d’autres louent sa bonne connaissance du syndicat. Ce dernier n’a d’ailleurs pas manqué de le féliciter sur Twitter, peu après l’annonce de son élection.

Le successeur de Pascal Pavageau à la tête du syndicat Force ouvrière a désormais un nom : celui d’Yves Veyrier, un cadre historique de l’organisation. Ce plus ancien membre du bureau confédéral (direction), où il siège depuis 2004, a remporté 2 720 voix, soit 45,75 % des votes exprimés. Christian Grolier, patron de la section fonction publique, 52 ans, a eu 2 577 voix, soit 43,35 %, quand Patrice Clos, numéro un de la fédération des transports, 53 ans, n’en a obtenu que 10,9 %. «Le score est serré mais tout le monde est satisfait de ce débat et de ce résultat. Tout le monde ressort avec dynamisme et force», a assuré Veyrier, peu de temps après l’annonce de son élection. Reste «quelques blessures» qu’il faudra panser, concède-t-il.

Cette victoire d’une courte tête marque le retour du clan «réformiste» à la tête du syndicat, longtemps porté par l’ancien secrétaire confédéral Jean-Claude Mailly, puis balayé par l’élection de Pascal Pavageau en avril dernier. Elle se fait au détriment de Christian Grolier, le candidat soutenu par le puissant courant trotskiste de FO, et enterre dans le même temps les ambitions du clan Pavageau, dont le candidat Patrice Clos arrive en dernière position. Le nouveau secrétaire confédéral élu, un ingénieur des travaux de la météorologie est qualifié par ses détracteurs de «clone» de Mailly, quand d’autres louent sa bonne connaissance du syndicat. Ce dernier n’a d’ailleurs pas manqué de le féliciter sur Twitter, peu après l’annonce de son élection.

Au sein de la direction, il a longtemps été en charge de la communication interne et externe. Avant de récupérer un autre portefeuille avec l’arrivée de Pascal Pavageau à la tête du syndicat : celui des études prospectives, des relations institutionnelles et de l’histoire de l’organisation. Pour certains à FO, le nouvel élu n’est qu’un secrétaire de transition. Lui, réfute : «Ce n’est pas le meilleur terme. J’ai 60 ans, et en tout état de cause, je devrai travailler jusqu’à 65 ans avant la retraite.» De quoi laisser planer un doute sur son envie de s’installer un peu plus durablement dans son nouveau fauteuil. «Le moment venu on verra s’il est nécessaire que je refasse un mandat.»

Discret et affable
Et d’ajouter, pour essayer d’affirmer son image : «Je ne suis pas le clone de Jean-Claude Mailly, ni celui de Pascal Pavageau». L’homme est réputé plus effacé, moins offensif à l’oral que ses deux prédécesseurs. «Est-ce que je serais performant sur le plan médiatique ? On verra», dit-il. Il mise surtout sur son expérience. Devant les journalistes, Yves Veyrier a listé les faits saillants de son CV de syndicaliste. «J’ai occupé des responsabilités syndicales dans le syndicat des ingénieurs et techniciens de la météorologie », précisant qu’il est très attaché à l’enjeu du dérèglement climatique. En 1989, il conduit «une des plus grandes grèves» de la Direction de la météorologie nationale, ex-Météo France. Il est aussi chargé des dossiers internationaux et européens à partir de 2004, ce qui l’amène à «porter la parole syndicale partout dans le monde». Et d’ajouter : «J’ai longtemps côtoyé Marc Blondel», l’ancien numéro un de FO de 1989 à 2004, histoire de montrer son ancrage historique à FO.

Cet homme très discret, affable, aura aussi pour lourde mission de remobiliser les troupes, bousculées par la révélation début octobre de l’existence d’un fichier où certains cadres étaient affublés de qualificatifs comme «niais» ou «complètement dingue». L’exhumation de ce document a entraîné la démission de Pascal Pavageau à peine six mois après son élection. A la fin du mois, Le Parisien révélait aussi les pratiques excentriques de certains cadres du syndicat, ayant recours à des notes de frais dont les montants – 388 683 euros au total en 2017, pour treize membres du bureau confédéral – ont fait tache, alors que les comptes de la centrale sont dans le rouge. Selon lui, le syndicat est sur la bonne voie : «FO a fait le choix d’un candidat capable de se projeter dans l’avenir. Et je portais ce profil.» Quant aux orientations du Congrès de Lille de 2017, votées en même temps que l’élection de Pascal Pavageau, elles «demeurent» a-t-il assuré.

Couvercle sur les querelles
Mercredi, les cadres du Comité confédéral national (CCN) ont passé la journée à vider leur sac en tribune et à condamner ce fichier, mais les interventions étaient de bonne tenue, «sans invectives, ni insultes», selon un responsable sur place. Les dirigeants sont aussi contrariés de voir depuis sept semaines leurs querelles internes déballées sur la place publique, n’hésitant pas à parler de «campagne de dénigrement». Quelques minutes avant la fin du dépouillement, les quelques syndicalistes occupés à fumer une cigarette devant l’entrée du siège FO, pendant la suspension de séance, ne pipaient pas mot. «Normal, expliquait un responsable confédéral, on leur a donné pour consigne, hier, de ne pas dévoiler ce qu’il se passait en CCN. Certains racontent n’importe quoi, que c’est un pugilat, alors que c’est un débat tout à fait démocratique et très respectueux.» Des éléments de langage repris en boucle depuis.

«Dans la période actuelle, il faudrait que FO lance une grande initiative sur les salaires et le pouvoir d’achat plutôt que de se déchirer», regrette Fabrice Lerestif, figure anarchiste et soutien de Patrice Clos. Signe des crispations internes : la présence de trois candidats était une première pour FO, dont les statuts ne prévoient pas de second tour. Le bureau a donc décidé une élection à un tour, compliquant la tâche du futur secrétaire général qui n’a pas été élu par une majorité absolue.

Je félicite Yves Veyrier qui vient d’être élu secrétaire général et qui connaît très bien FO

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article