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Paroles de "gilets jaunes"

Publié le par angeline351

Paroles de "gilets jaunes"

La journaliste Aline Leclerc est actuellement sur les Champs-Elysées, à Paris, où un rassemblement de "gilets jaunes" est prévu. Témoignages.

A la présidentielle, Nadine, 55 ans, a voté aux deux tours : "Pour mes deux chiens ! J’ai glissé leur photo dans l’enveloppe, façon de dire qu’ils n’auraient pas fait pire que nos dirigeants..." Attachée à ce droit, elle déplore que les votes comme les siens, qui expriment une colère, ne soient pas davantage pris en compte. C’est aussi pour ça que ce matin, elle a mis son gilet jaune, pour venir, seule, rejoindre les petits groupes présents sur les Champs-Elysées. 
 
Elle est postière à Ivry-sur-Seine. "Je travaille pour un service public qui n’en n’est plus un", précise-t-elle, aussitôt, amère. Son fils de 34 ans travaille aussi à La Poste, mais n’a plus le statut de fonctionnaire. Pour suivre sa conjointe, il est parti vivre en Seine-et-Marne, et fait 160 km chaque jour, aller-retour pour travailler.
 
"Vous comprenez l’essence, c’est une dépense qui fait partie de sa vie. Ils sont obligés compter chaque centime. Alors j’essaye de les inviter souvent, une bouffe à la maison, c’est toujours ça qu’ils n’ont pas à sortir." 
Sur son gilet, elle a écrit son credo : que baisser les taxes serait une façon de relancer la consommation et ainsi l’économie française. 
Ce matin, elle qui a déjà manifesté souvent "depuis ses 16 ans" était choquée de voir, sur les Champs Elysées, les CRS tout faire pour disperser le mouvement - aucune déclaration de manifestation n’avait été déposée, et encore moins autorisée.
 
"Y’a aucune violence dans notre mouvement, on n’est pas des casseurs. Notre but c’était juste de marcher vers l’Elysée, l’Elysée c’est quand même chez nous à la base." 
Ils sont là "à cause de l’augmentation du coût de la vie, la hausse du prix de l’essence, les 80km/h, la baisse des retraites, c’est un tout". Ils sont arrivés vers 9 heures et comptent partir en début d'après-midi. Tous leurs enfants manifestent aussi. (Julien Muguet pour Le Monde)
Ils sont là "à cause de l’augmentation du coût de la vie, la hausse du prix de l’essence, les 80km/h, la baisse des retraites, c’est un tout". Ils sont arrivés vers 9 heures et comptent partir en début d'après-midi. Tous leurs enfants manifestent aussi. (Julien Muguet pour Le Monde)
 
 
 
Paroles de "gilets jaunes"
 
 
Notre journaliste Yves Tréca-Durand se trouve actuellement à Angers avec les "gilets jaunes" sur l'autoroute entre Nantes et Paris. Témoignage. 
 
 
Nadine a 55 ans, elle est fonctionnaire hospitalière. Avec sa fille Kassandra, 14 ans, elle bloque l’autoroute entre Nantes et Paris. « Je lui apprends ce qu’est la vie », dit-elle en riant. L’essence, selon la formule déjà usée jusqu’à la corde, « c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». La famille est recomposée, quatre enfants chacun, et le budget limité : « Je ne vais pas m’endetter pour acheter une nouvelle voiture, même avec 4000 balles de prime. »
 
 
Elle a le sentiment de faire partie de ceux qui payent pour les autres, consciente quand même qu’elle ne fait pas partie « des plus malheureux ». « Plus on bosse, moins on gagne et moins on y arrive ». Elle a déjà manifesté pour protester contre le manque de moyens au centre hospitalier universitaire d’Angers, où elle travaille.
 
« Aujourd’hui, on devrait tous être dans la rue. On devrait être plus que ça, on est tous concernés. Quand je vois qu’il y en a qui nous râlent dessus, je ne comprends pas ».
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