Elysée, raffineries, aéroports… le plan des gilets jaunes pour faire plier Macron

Publié le par angeline351

Elysée, raffineries, aéroports… le plan des gilets jaunes pour faire plier Macron

Alors que le gouvernement pointe la désorganisation potentiellement dangereuse du mouvement des "gilets jaunes" en vue de la journée de blocage prévue le samedi 17 novembre 2018, "Marianne" a contacté ses principaux initiateurs pour voir comment ils préparent la manifestation… et la suite.

Ne les accusez pas de manquer d'organisation. Si les "gilets jaunes" affirment leur indépendance vis-à-vis des partis et syndicats, ils réfutent l'improvisation dont le gouvernement les accuse dans l'organisation du blocage national, le samedi 17 novembre 2018, contre la hausse des taxes sur le carburant. Depuis des jours, des semaines, plusieurs dizaines de militants préparent ainsi leur manifestation du week-end avec une discipline quasi-militaire.

UNE CARTE DE POINTS DE BLOCAGE "STRATÉGIQUES"
Ces citoyens déterminés revendiquent d'avoir mis au point un plan précis pour faire reculer Emmanuel Macron et son gouvernement. Par son ampleur, d'abord. Un site Internet conçu spécialement pour la manifestation (blocage17novembre.com) recense, zone par zone, chaque manifestation prévue en France le 17 novembre. Une carte y affiche plus de 700 "lieux de réunions" où les gilets jaunes pourront se rencontrer avant de se rendre aux points de blocage. "J'y passe près de 5 heures par jour, confie à Marianne Christophe Torrent, 33 ans, salarié dans l’événementiel et qui, en parallèle de l'organisation d'un blocage à Montauban (Tarn-et-Garonne), nourrit le site ainsi que la carte. Aujourd'hui, par exemple, j'ai reçu près de 11.000 messages. Il va falloir que je mette la carte à jour, que je vérifie les informations qu'on m'a données et que j'y réponde. Je vous avoue que c'est assez compliqué, mais c'est pour la bonne cause !".

Une seconde carte, passée plus inaperçue, affiche une autre ambition : celle de durer, en visant des cibles stratégiques. Intitulée "Blocage une semaine", elle recense des raffineries, des aéroports comme ceux de Beauvais, Bordeaux ou Toulouse, ou encore des poste-frontières, comme celui du Mont-Blanc. Un vrai plan de blocus du pays, que n’auraient pas renié les syndicats révolutionnaires en mai 68. "L'objectif, c'est de durer, et tant que Macron ne jouera pas selon nos règles, on ne s'arrêtera pas", promet Christophe Torrent. Ghislain Coutard, celui qui a eu l’idée d’associer le mouvement à l’image du gilet jaune de la sécurité routière, dans une vidéo vue plus de 5 millions de fois, explicite la démarche du mouvement telle qu'il la conçoit : "On veut bloquer les exportations, ce genre de choses, parce qu'on se dit qu'Emmanuel Macron réagira si l'Allemagne et d'autres pays lui mettent la pression, alors que si ça reste seulement à l'intérieur, il n'en aura rien à faire".

"On veut bloquer pour plus longtemps qu’une seule journée…"

C’est pour cette raison, argue-t-il, qu'il a choisi comme nombre de ses camarades de ne pas déclarer sa manifestation en préfecture. "Si je le faisais, je serais non seulement identifié comme responsable mais en plus, je devrais donner une heure de début et une heure de fin. Alors que je sais qu’on veut bloquer pour plus longtemps qu’une seule journée…". Un objectif qui pourrait néanmoins poser problème dès samedi : la police a le pouvoir d'évacuer par la force tout défilé non autorisé qui entraverait la circulation. Les contrevenants encourent jusqu'à deux ans de prison et 4.500 euros d'amende. "Dans les grandes villes, je suis un peu inquiet sur ce qu'il va se passer", ne nous cache pas Ghislain Coutard.

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