Le scandale Lactalis, chronologie d'une crise commencée en 2005

Publié le par angeline351

Le scandale Lactalis, chronologie d'une crise commencée en 2005

De rebondissements en rebondissements, l'affaire du lait contaminé attise la colère des consommateurs et de l'État. De la découverte de la contamination de l'usine dès 2005 à la poursuite de la commercialisation de boîtes de lait interdites, jusqu'aux plaintes des familles et associations, retour sur ce scandale qui secoue la galaxie Lactalis.

Chaque semaine, de nouvelles révélations viennent aggravées un peu plus l'affaire du lait infantile contaminé de Lactalis. Ce jeudi, l'Institut Pasteur a indiqué que la bactérie à l'origine de la contamination de l'usine de Craon en Mayenne, à l'origine de deux épidémies de salmonellose chez des nourrissons en 2005 et 2017 en avait également contaminé 25 autres entre 2006 et 2016.

● Une première contamination de l'usine en 2005

Juste avant son rachat par le groupe français, le site de production de Craon, en Mayenne, avait déjà subi une contamination par la salmonelle, selon un rapport des autorités sanitaires. À cette époque, la laiterie appartenait à la société Celia. Elle a été rachetée par le géant français de l'agroalimentaire en 2006.

 

● En décembre 2017, des rappels en série

Lactalis a décidé d'arrêter le site de Craon «pour un audit drastique et complet» le 8 décembre dernier. À cette date, la société procède à un premier rappel de boîte de lait pour bébé, limité à 12 lots.

Puis des rappels plus importants se suivent. Le 10 décembre, les autorités imposent d'interdire à la vente plus de 620 lots de lait pour bébé.

Le 21 décembre, «en application du principe de précaution», ce sont 720 lots supplémentaires qui sont concernés. Lactalis explique que cette décision fait suite aux résultats de ses investigations: «une contamination dispersée s'est installée dans notre usine de Craon suite à des travaux réalisés courant premier semestre 2017».

● Enquête préliminaire du parquet de Paris

Lactalis est sous le coup d'une enquête préliminaire du parquet de Paris depuis le 22 décembre, suite aux plaintes de familles et aux analyses des services de l'État dans l'usine de Craon. Le pôle santé publique du parquet de Paris a ouvert une enquête pour «blessures involontaires», «mise en danger de la vie d'autrui» et «tromperie aggravée» après la découverte de salmonelles dans du lait pour bébé fabriqué à Craon

● En janvier 2018, les ratés en cascade des distributeurs

Les grandes enseignes de distribution -Leclerc, Carrefour, Auchan, Intermarché, Casino, Système U, Cora- ont reconnu les uns après les autres des ratés dans la procédure de retrait des laits infantiles. Ils ont en effet continué à vendre des produits interdits dans leurs rayons après le 21 décembre. Une nouvelle «affaire dans l'affaire» s'est ainsi enclenchée, déclenchant la colère des consommateurs.

● Une quatrième procédure de rappel

Dans la foulée de ces dernières révélations, l'État a imposé le retrait de toutes les boîtes de lait infantile. Il s'agit ainsi du quatrième rappel des boîtes de lait infantile potentiellement contaminé, produites sur le site de Craon.

● Le groupe présente (enfin) ses excuses

La désinvolture du groupe au début de la crise a cristallisé la colère de Bercy. Le groupe assure de son côté avoir mis «tout en œuvre» pour informer les familles et accompagner les enseignes dans le retrait de produits. Tout juste le groupe reconnaît-il n'avoir «jamais connu d'événement de cette nature», présentant ses «excuses».

Puis Emmanuel Besnier, PDG du groupe Lactalis, présente ses excuses dans une lettre ouverte, publiée sur le site du groupe, qui n'est pas datée, comme l'a relevé Le Parisien. «Auprès des familles concernées et de nos consommateurs tout d'abord: je vous présente mes plus sincères excuses», peut-on ainsi lire. «Toute l'entreprise, moi le premier, sommes mobilisés vers un objectif commun: réparer et améliorer ce qui doit nécessairement l'être et restaurer la confiance entre vous et nous. Cette confiance, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour la rétablir: le chemin sera long mais nous y parviendrons, j'en suis persuadé».

● Des plaintes contre le numéro un du lait

Des parents d'un jeune garçon ayant consommé du lait infantile contaminé aux salmonelles ont déposé une plainte le 24 janvier auprès du tribunal de grande instance de Paris - avec constitution de partie civile pour «administration de substances nuisibles» sur mineur de moins de 15 ans. La plainte vise directement le groupe laitier Lactalis en tant qu'auteur principal des faits mais aussi contre des services de l'État en qualité de complices. Les parents craignent que «leur fils subisse une infirmité permanente liée à cette maladie infectieuse», détaille leur avocat Yassine Bouzrou.

 

Publié dans RAPPEL PRODUITS

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