Rappel Lactalis : des lots restés en rayon chez Leclerc

Publié le par angeline351

 

Rappel Lactalis :

des lots restés en rayon chez Leclerc

984 boîtes de laits infantiles produits par Lactalis, soit 200 références, ont été achetées par 782 clients en dépit de la mesure de rappel, c’est ce qu’a indiqué sur son blog Michel-Edouard Leclerc le mardi 9 janvier. Ce constat fait suite à un article publié dans le quotidien La Voix du Nord mentionnant la présence des boîtes censées être enlevées des rayons et à des réclamations clients. « Je ne peux que constater et confirmer l'existence de défaillances dans les opérations de retrait effectuées par certains magasins de notre enseigne. Nous en avons informé l'administration », explique le p-dg de l’enseigne de distribution. A l’heure actuelle, 602 acheteurs ont déjà été identifiés grâce à leurs tickets de caisse et à leur carte de fidélité. Le GIE Cartes bancaires a été sollicité et les clients seront prévenus par leurs banques.

« Une défaillance inadmissible »

Comment ces références ont-elles pu rester en rayon ? Michel-Edouard Leclerc évoque ce matin dans Le Parisien « une sursaturation d’informations, un problème de tri et d’interprétation ». « C’est très rare qu’un magasin reçoive trois ou quatre mails de rappel de produits surtout en période de Noël », ajoute-t-il. Pour rappel, entre le 2 et le 21 décembre 2017, quatre vagues de rappels successives se sont suivies suite à un signalement du Centre national de référence des salmonelles (l’Institut Pasteur) en raison de la contamination de nourrissons par Salmonelle Agona. Le p-dg de l’enseigne ne remet pas en cause les mesures de rappel mises en place par le groupe Lactalis. Il affirme qu’il y a bien eu un problème de gestion en interne du rappel. « Cette défaillance est inadmissible. Nous assumons cette faille et nous nous en excusons auprès des parents », affirme-t-il.

 

A lire dans notre numéro de Janvier 2018 : Les premières hypothèses d’une probable récidive de la bactérie Salmonella Agona qui avait contaminé l’usine Célia en 2005.

 

 

Quand vous êtes vous rendu compte qu’il y avait un dysfonctionnement ?

Tout a commencé vendredi dernier à la suite d’un article publié dans La Voix du Nord. Une cliente déclarait avoir acheté une boîte de lait qui aurait dû être retirée des rayons dans le magasin Leclerc de Seclin (Nord). Personne n’imaginait alors qu’il restait de tels produits en circulation. A titre personnel, je pensais que tout était nickel. J’ai demandé un état des lieux plus poussé au sein de l’enseigne et patratas… c’est là qu’on s’est rendu compte que 984 boîtes, soit 200 références, n’avaient pas été retirées malgré les rappels successifs. Elles ont été achetées par 782 clients. J’ai donc mis en place un comité de crise pour les contacter.

Comment les avez-vous prévenus ?

A l’heure où je vous parle, tous les clients ont été identifiés à partir de la lecture de leur ticket de caisse. La moitié a déjà été contactée et les produits achetés repérés. Certains ont été retrouvés grâce à leur carte de fidélité. Pour les autres, on a demandé aux banques de les appeler afin qu’on puisse les prévenir. Par ailleurs, des consommateurs sont venus d’eux-mêmes en magasin dès qu’ils ont été informés par les médias. J’ai bon espoir que demain soir (NDLR : mercredi soir), au plus tard jeudi matin, on aura réussi à joindre toutes les personnes concernées. On a également mis en place un numéro vert* (01 71 53 51 20). A 18 heures, ce mardi, on recensait 120 appels. Beaucoup de clients voulaient des précisions et savoir où rapporter leurs produits quand d’autres testaient le dispositif.

Que s’est-il passé exactement ?

L’information sanitaire de retrait nous est bien parvenue. Les données qui nous parviennent sur les lots incriminés sont répertoriés par des codes-barres. Cela requiert un travail méticuleux de repérage en magasin. Mais la gestion humaine n’a pas suivi. C’est très rare qu’un magasin reçoive trois ou quatre mails de rappel de produits surtout en période de Noël. Il y a eu une sursaturation d’informations, un problème de tri et d’interprétation. Il faut remettre plus d’humanité dans un système qui s’est trop automatisé. Cette défaillance est inadmissible. Nous assumons cette faille et nous nous en excusons auprès des parents.

Quelle est la liste des magasins concernés ?

Je ne veux pas le préciser ici. On est à la fin du processus de récupération des produits, il ne faut pas relancer la machine de l’inquiétude. Aujourd’hui, nous avons identifié tous les clients sur l’ensemble du territoire français, inutile de créer à nouveau la panique. On fera un audit plus tard.

Cette faille a-t-elle provoqué d’autres contaminations à la salmonelle ?

A ma connaissance, il n’y a pas eu d’enfant malade. Si c’est le cas, je le dirai. Je suis également père de quatre enfants et j’ai déjà eu des situations compliquées à gérer. Je sais assumer. C’est notre devoir.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article