Le tribunal de commerce donne un nouveau sursis d’un mois à la Papeterie de Raon

Publié le par angeline351

Le tribunal de commerce donne un nouveau sursis d’un mois à la Papeterie de Raon

Après une audience d’une trentaine de minutes, le tribunal de commerce d’Épinal a prolongé d’un mois la période d’observation de la Papeterie de Raon. La prochaine échéance est fixée au 13 février.

À l’issue de l’audience du tribunal de commerce d’Épinal, les sentiments sont partagés. Sur le visage des salariés de l’entreprise raonnaise, on peut d’abord lire le soulagement. La société, rachetée par le groupe italien Cartiera Galliera en 2014 et placée en redressement judiciaire le 17 octobre dernier, a en effet obtenu un nouveau répit grâce aux éléments apportés devant les juges. La liquidation n’a pas été prononcée ce mardi matin et la Justice laisse donc quatre semaines de sursis à la direction de la dernière papeterie implantée en terres raonnaises.

Mais bien vite, le soulagement a laissé place à une certaine forme d’amertume. « On vit au jour le jour. Ce délai, c’est peut-être reculer pour mieux sauter », estime Laurent Fleurogeon, délégué syndical CGT. « Pour le moment, tant que les salaires sont versés et que les matières premières sont payées, on est toujours en sursis. » Car la situation de l’entreprise reste complexe et le précédent délai accordé par le même tribunal n’a pas permis de trouver le million d’euros nécessaire pour compenser l’augmentation du prix des matières premières et la modernisation indispensable des machines, dont certaines tombent régulièrement en panne. Malgré un carnet de commandes satisfaisant, la papeterie ne parvient pas à renflouer ses caisses ni à trouver de nouveaux investisseurs. Aujourd’hui, le PDG italien Alberto Marenghi, qui aurait déjà injecté plusieurs millions d’euros sur le site raonnais, n’est plus en mesure d’amener seul cet apport. « Il ne pourra plus rien apporter lui-même car il ne veut pas mettre en péril son entreprise italienne », poursuit Laurent Fleurogeon. Quant à une éventuelle reprise sans casse sociale, Christophe Cossin n’y croit pas réellement. « Je doute qu’il y ait de potentiels repreneurs. Dans tous les cas, je pense qu’ils attendraient la liquidation pour ne pas récupérer la dette de 4 millions d’euros cumulée par l’entreprise », analyse le délégué de Force ouvrière (FO).

Loin de céder au fatalisme, les représentants syndicaux entendent toujours défendre leur outil de travail. Force ouvrière a obtenu une réponse à sa missive envoyée au président de la République avant les fêtes. Le syndicat espère notamment décrocher une entrevue à Bercy pour tenter d’obtenir un soutien de la Banque publique d’investissement. Alors, ce mois de sursis, les salariés comptent bien le mettre à profit au maximum. « Ça nous laisse le temps de tout tenter. On a contacté l’ensemble les politiques et on attend un rendez-vous avec Bruno Le Maire », ajoute Christophe Cossin, qui laisse toutefois transparaître une certaine lassitude et un état d’esprit général affecté par la longueur de la procédure. « Les employés souffrent moralement car on ne sait pas vers quoi on se dirige. Mais on va, quoi qu’il en soit, continuer à travailler et se battre la tête haute », assure le délégué FO.

La nouvelle échéance a été fixée au 13 février prochain, date à laquelle le tribunal de commerce devra à nouveau se prononcer. La Justice pourra une fois encore choisir de prolonger la période d’observation de la papeterie ou, dans le pire des cas, prononcer la liquidation de l’entreprise.

Publié dans COMMUNIQUE FO

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