Commerce. L'ouverture dominicale n'est plus taboue en centre-ville de Vannes

Publié le par angeline351

 

Après Monoprix et Armand Thiery, c'est au tour de Devred d'ouvrir le dimanche, rue du Mené à Vannes. D'autres suivront, profitant de la possibilité offerte par le classement en zone d'intérêt touristique.

« On fait partie des rares villes de France de 50 000 habitants à pouvoir ouvrir le dimanche, alors pourquoi s'en priver ? »

Depuis le mois de mai, Devred, magasin de prêt-à-porter pour les hommes, situé en bas de la rue du Mené, profite de la possibilité offerte par l'arrêté classant Vannes zone d'intérêt touristique.

Arnaud Laurette, directeur de la boutique, est bien décidé à poursuivre au moins jusqu'en septembre. « C'est un bon début, estime-t-il. En ouvrant de 10 h à 13 h et de 14 h à 19 h, notre chiffre d'affaires est seulement inférieur de 20 % à une journée normale. Ce qui est plutôt pas mal car nous n'avons pas encore communiqué. » Les salariés sont favorables à cette décision. « C'est sur la base du volontariat, ils sont payés double et récupèrent leur dimanche. »

Pour le vendeur de permanence, le travail est moins lourd que le reste de la semaine, ce qui lui permet d'être plus à l'écoute. « On n'a pas la contrainte des vitrines ni de l'administratif, on prend plus le temps de conseiller les clients qui eux aussi sont moins stressés et ont l'esprit plus ouvert à l'achat. » Le directeur reconnaît qu'avec 3,5 postes, le planning n'est pas simple à gérer « mais on y arrive ».

« Ça commence à se savoir »

C'est Armand Thiery, le magasin d'en face, qui lui a donné l'idée. Depuis trois ans, la franchise de prêt-à-porter a ouvert le bal de l'ouverture dominicale, hiver, comme été.

« Ça n'est pas l'équivalent d'un samedi, l'activité est très fluctuante en fonction des animations en ville mais ça commence à se savoir. On a des habitués », indique une vendeuse.

Les deux enseignes espèrent désormais que d'autres suivront. Certains le souhaitent

comme Célio, qui attend qu'un accord soit trouvé au niveau national pour ouvrir le dimanche.

Chez Burton, rue Billault, le nombre de volontaires n'était pas suffisamment important pour permettre une ouverture mais l'enseigne ne désespère pas qu'un jour ça puisse se faire. D'autant que les expériences du week-end suivant les soldes sont concluantes.

« Le monde attire le monde, fait remarquer Arnaud Laurette, qui prend souvent Saint-Malo et Concarneau en exemple. Plus on sera nombreux à jouer le jeu, plus ça se saura et plus les gens prendront pour habitude de venir flâner et acheter dans nos boutiques le dimanche. »

Tout l'enjeu est de faire remonter les gens du port et de la rue Saint-Vincent jusqu'en haut de la ville. « Les commerçants comptent beaucoup sur les élus pour mieux répartir les animations en ville et arrêter que tout se passe sur l'esplanade, autour de la place Gambetta et dans le jardin des remparts», insiste Anthony Bouderbane, commerçant rue du Mené. Un message entendu et relayé par la Fédération des commerçants.

Elle ne s'oppose pas à l'ouverture des commerces le dimanche, « mais ça n'est pas notre priorité », fait savoir Alexandre Madec, coordinateur de la fédération.

Pour l'heure, elle a un autre cheval de bataille : l'ouverture des commerces entre midi et 14 h en semaine. « Quand on sait qu'à Vannes les succursales réalisent 18 % de leur chiffre d'affaires pendant la pause déjeuner, on voit qu'il y a une vraie attente des consommateurs. Les commerçants doivent désormais se poser les bonnes questions... » 

Le couple ouvre ses boutiques 7 jours sur 7

« Quel chef d'entreprise peut s'asseoir sur 52 jours de chiffre d'affaires supplémentaires, soit l'équivalent de deux mois ? » Alain Farace est un défenseur convaincu de l'ouverture des commerces le dimanche.

Après Rouen, Rennes et Caen, il a ouvert en septembre dernier son quatrième magasin de chaussures pour homme Finsbury, rue de la Monnaie.

En face, Caroline, son épouse, a inauguré en octobre sa seconde boutique Mellow Yellow (après celle de La Baule), spécialisée dans les chaussures pour femme.

D'emblée, ils ont senti qu'il y avait un potentiel commercial le dimanche, notamment pendant la saison. « Ça fait trois week-ends qu'on ouvre de 10 h 30 à 19 h et c'est très encourageant, rapporte Alain Farace. Les gens sont plus disponibles et disposés à acheter que dans la semaine. On capte beaucoup de Parisiens ayant des résidences secondaires ici. Ils font leurs achats chez nous car ils n'ont pas forcément envie de perdre du temps dans les transports en commun en région parisienne. On voit aussi passer beaucoup d'étrangers au fort pouvoir d'achat. Dimanche dernier, on a fait notre chiffre grâce à des touristes suisses, autrichiens et allemands. »

Le couple ne voit que des avantages à cette ouverture dominicale. « C'est le seul jour de la semaine où le centre-ville n'est pas concurrencé par les zones commerciales de la périphérie. Il est aussi plus facile de se stationner et en plus c'est gratuit. Quoi demander de mieux ? »

Il semble que leur initiative fasse boule de neige car d'autres commerçants de la rue pourraient bientôt suivre leur exemple, du moins pendant l'été. « Plus on sera nombreux, plus les gens viendront. Il n'y a qu'à voir le centre de La Baule le dimanche, c'est noir de monde, car tout est ouvert ! À Vannes, on peut faire la même chose. »

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