Cévennes : les familles et personnels ont manifesté pour les Ehpad

Publié le par angeline351

Cévennes : les familles et personnels ont manifesté pour les Ehpad

A l'initiative du syndicat Force ouvrière, le personnel réclame davantage de moyens pour les maisons de retraite.

Solange Mata est venue pour sa mère, âgée de 86 ans, placée à l'Ehpad de Saint-Ambroix en février 2016. “Ça se passe bien, il y a des équipes super... Mais le personnel n'en peut plus, on voit bien qu'il court dans tous les sens. Alors on est venu le soutenir.”

Devant l'Ehpad de Saint-Ambroix, comme devant cinq autres établissements du Gard, le syndicat Force ouvrière a appelé, ce jeudi matin, familles et personnels des maisons de retraite à se rassembler pour protester contre le manque de moyens, financiers et humains, accordés aux maisons de retraites.

Les inquiétudes concernant le fonctionnement des maisons de retraite ne s’arrêtent pas

aux personnels. Les directions en partagent une grande partie, comme le reconnaît Erwan Helot, le directeur de l’Ehpad de Saint-Ambroix : "Ces situations tendues sont connues et relayées par les fédérations nationales. Pour Saint-Ambroix, je suis assez serein sur les deux, trois années à venir, explique-t-il. Mais après, on est un peu pétri d’incertitude. On est arrivé à l’équilibre budgétaire. Au niveau des économies qu’on pouvait faire, on est au plancher."

À court terme, la maison de retraite va se retrouver confrontée à la question des emplois aidés (elle en compte sept), voués à disparaître. Au-delà, la question d’une possibilité d’augmenter le nombre de personnels se heurte à des problématiques financières. Qui assumerait le coûtde prise en charge ? Les familles, l’État, les Départements ? "C’est un choix de société qui se pose, reconnaît Erwan Helot. Il y a des situations bien plus compliquées que la nôtre, mais, de manière générale, il ne faudrait pas que la ficelle casse. Il faut qu’on arrête de nous presser comme des citrons."

 

À Saint-Ambroix, une soixantaine de personnes a répondu présente, les familles en tête. “Ce qui manque à nos parents, dit une dame, c'est le relationnel. ils aimeraient passer davantage de temps avec les soignants. Et puis, il y a aussi beaucoup de turn-over, avec des personnels nouveaux qui ne connaissent pas leurs habitudes.” Parmi les professionnels, outre ceux de Saint-Ambroix (lire notre édition d'hier), certains sont venus de Bessèges, de Ponteils-et-Brésis, d'Alès, de Bagard.

"On nous parle de timing, c'est l'usine...”

Serge Balez et Stéphane-François Rochetto, respectivement aide-soignants au Cantou d'Alès et à Bagard, témoignent de la situation dans les maisons de retraite dépendant du centre hospitalier d'Alès : “La situation empire d'année en année, explique Serge Balez. Notre directeur nous a annoncé qu'on avait un déficit d'1,2 M€ rien que sur les maisons de retraite.” “À Bagard, on nous demande d'économiser sur tout : les gants, les serviettes, l'eau, poursuit François Rochetto. Mais nous sommes des aide-soignants, ce n'est pas notre rôle ! Maintenant, on nous parle de timing, c'est l'usine...”

Mais comment augmenter le personnel quand on n'en a pas les moyens ? “Ils avaient mis en place une journée de solidarité nationale, peste une mère de famille. Comment se fait-il que les maisons de retraite n'en bénéficient pas ?” Vers 10 h 30, les manifestants rangent les banderoles. Une partie d'entre eux prend la direction de Nîmes, où tout le monde s'est donné rendez-vous devant le conseil départemental, l'un des financeurs de ces établissements.

Publié dans COMMUNIQUE FO, SANTE

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