Entre mariage forcé et mariage de raison

Publié le par angeline351

Entre mariage forcé et mariage de raison

C’est fait, depuis quelques mois, la fnac a pris de force Darty. Certains articles de journaux laissaient entendre que les salariés (lesquels ?) préféraient un rapprochement avec Conforama. La mariée était belle et la fnac ne lui a pas laissé le choix.

Les salariés ont reçu une lettre de leur Président qui se présente comme celui de « fnac Darty ».

Entre les CCE des fnac (logistique, périphérie, relais, Paris, CODIREP…) et le Comité de groupe (tout frais) de la fnac, les CE et le Comité de groupe de Darty, et surtout les accords on ne peut plus différents entre les entités de ces deux groupes, notamment ceux de la mise en œuvre de la loi MACRON sur le travail du dimanche chez Darty, ce qui n’est pas le cas à la fnac où la direction a essuyé un droit d’opposition dans les règles pour préserver la conquête sociale du Repos Dominical ; qu’en sera-t-il des structures de représentation du personnel ?

On est dans le vif de la déstabilisation sociale de tout renvoyer au niveau de l’ »entreprise ». Fnac et Darty relèvent bien de la convention collective nationale des commerces et services de l’audiovisuel, de l’électronique et de l’équipement ménager, mais par le fait du peu de réelles négociations en branche, le traitement des salariés est extrêmement différent.

Conforama, vexé de s’être fait piquer sa belle, aura trouvé du réconfort dans les bras du groupe Casino pour créer une centrale d’achats commune.

« Elle se positionnerait ainsi comme un leader ou co-leader dans ses champs d’intervention et permettrait de renforcer la compétitivité des enseignes Conforama, Cdiscount, Géant, Monoprix et Supermarché Casino. » (Extrait du communiqué officiel de Conforama et Casino)

Dans la branche du Commerce de l’audiovisuel et de l’électroménager, on a cité la fnac et Darty, il n’en reste plus qu’un… Boulanger, du groupe HTM, qui avait racheté Saturn.

La pauvre enseigne Boulanger toute seule face à cette concurrence… C’était sans compter sur Auchan qui lui a offert un partenariat. Bon ! pas un mariage, ça ne se fait pas entre frère et sœur. Comme le dit le directeur Offre et Supply Boulanger :

« Notre partenariat était une évidence de valeurs, de sens et de culture aux yeux de tous. Même si les enseignes maîtrisent un positionnement commercial bien distinct, les équipes d’Auchan et Boulanger partagent le même ADN et le même sens du client ce qui assurera la réussite et la puissance de notre action »[1].

Le même ADN, oui, ces deux enseignes appartiennent à l’AFM (l’Association de la Famille Mulliez).

Avec plus de trente ans (loi Auroux) de NAO (négociations annuelles obligatoires), les fossés se sont creusés entre les salariés des enseignes concurrentes. Bien entendu, les forces syndicales en présence ont fait aussi la différence.

La loi Travail va accentuer cette situation à cause de la possibilité de déroger aux textes conventionnels.

Dans le Commerce, les accords défensifs seront légions entre le dumping social, la concurrence commerciale, les quasi-monopoles (de groupe) Mulliez en tête. Toutes les enseignes crieront au loup pour détricoter les droits des salariés et rendre inexistantes les conventions collectives par leur non-application.

Elles savent s’organiser d’un point de vue commercial pour faire face à la concurrence et se refusent de limiter la concurrence au niveau social. Seuls les textes conventionnels impératifs peuvent limiter la casse.

Ne parlons pas des TPE (Très Petites Entreprises) qui seront broyées face à ces monstres internationaux. Elles n’auront pas la force de s’allier et entraîneront dans leur chute leurs fournisseurs, les commerces de gros.

En plus de la sur-implantation des centres commerciaux et zones commerciales, nous allons vivre des années sombres dans le Commerce.

Ils n’en n’ont pas fini. Un projet monstrueux est annoncé et encore confirmé dernièrement :

« Après plusieurs mois de concertation, la Commission nationale du débat public vient de rendre son rapport demandant à Auchan « d’amender » son projet. Il est vrai qu’EuropaCity, par son gigantisme, est forcément un projet clivant. Les protecteurs de l’environnement s’érigent contre la destruction programmée de centaines d’hectares de terres agricoles. Les élus de la Seine-Saint-Denis s’inquiètent de la fragilisation possible des autres structures commerciales du secteur face à un tel mastodonte. D’autres voix ironisent sur la prétendue « dimension culturelle » de ce complexe qui sera avant tout dédié à la consommation.« [2]

Bien entendu, la famille Mulliez (3ème fortune en France soit 26 000 M€ / +13 % en 2016) fera appel à ImmoAuchan (tout doit rester dans la famille) pour s’installer à 7 kilomètres de l’aéroport Charles-de-Gaulle, sur les terres du « triangle de Gonesse » (95).

Ce monstre menacera, bien entendu, les milliers d’emplois directs et indirects des centres commerciaux d’Aéroville (95), Usine Center et Parinord 2 (93 et 95).

C’est en résistance qu’il faut rentrer contre les lois qui permettent cela et brandir nos revendications pour qu’elles entrent dans les esprits et qu’elles soient portées par le plus grand nombre.

Publié dans COMMUNIQUE FO

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