Hôpitaux de Paris : poussée de fièvre sociale en vue sur les 35 heures

Publié le par angeline351

Hôpitaux de Paris : poussée de fièvre sociale en vue sur les 35 heures

Martin Hirsch, le directeur général des Hôpitaux de Paris, rencontre les syndicats ce mercredi. La CGT, Sud et Force Ouvrière appellent déjà à une journée d’action le 21 mai.

Lorsqu’il est arrivé, il y a un an et demi, à la tête de l’Assistance publique-Hôpitaux de

Paris (AP-HP), Martin Hirsch a réussi à décrisper le climat social, concluant même un

accord avec tous les syndicats, sauf FO, sur les modalités de dialogue entre direction

et représentants des salariés. Mais le vent pourrait bien être en train de tourner.

S’il ne le savait pas déjà, le directeur général de l’AP-HP est prévenu : le chantier de la

remise à plat des 35 heures annoncé mi-mars, qu’il s’apprête à lancer cette semaine,

est à très haut risque social. Les discussions sur la révision du protocole d’accord

signé en 2002 par la CFDT, la CGC et l’UNSA commencent ce mercredi, mais déjà,

jeudi dernier, la CGT, Sud et FO – 68 % des agents des Hôpitaux de Paris à eux trois

– ont annoncé une journée d’action le 21 mai « sans doute » sous la forme d’une grève.

Cette date n’a pas été choisie au hasard : la veille est censée s’achever la discussion

sur l’état des lieux et, une semaine après, la direction de l’AP-HP ouvrirait les

négociations proprement dites en présentant un premier projet d’accord, selon le

calendrier prévisionnel transmis aux syndicats, qui fixe au 18 juin la clôture des

discussions pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2016.

 

Le fait que la CFDT, troisième organisation représentative avec 15,5 % des voix (32 %

 

pour la CGT, 24 % pour Sud et 12 % pour FO), ne s’associe pas à l’appel du 21 ne

 

doit pas tromper. Cela résulte du choix par les trois autres d’un mot d’ordre très large

 

contre « l’austérité », récusé par la centrale de Laurent Berger. Son syndicat de l’AP-

 

HP, qui est reçu par Martin Hirsch en bilatérale ce lundi – ce qu’il juge bien trop tardif

 

–, aborde aussi les discussions fâché, alors même qu’il vient de signer seul l’accord sur

 

la titularisation des contractuels. « On ne connaîtra le projet que dans trois semaines,

 

alors qu’on sait qu’il est déjà ficelé », dénonce Abdel Abdoun (CFDT). « C’est comme si

 

l’on voulait pousser tous les syndicats, y compris réformistes, dans une intersyndicale

 

type front du refus. » La CFDT s’attend elle aussi à ce que Martin Hirsch mette ce

 

mercredi l’emploi dans la balance pour obtenir une hausse du temps de travail. On

 

évoque plusieurs milliers de postes à économiser pour satisfaire les exigences de

 

l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, qui fixe les contraintes budgétaires.

Le directeur général de l’AP-HP promet qu’une meilleure efficience améliorera les

conditions de travail. Mais si Martin Hirsch peut arguer d’un système actuel qui va en

deçà des 35 heures, les syndicats lui opposeront des conditions de travail très difficiles

et la rigueur salariale. « Il veut nous faire travailler plus sans gagner plus », entend-on.

Personne ne parie sur un accord, a fortiori d’ici à fin juin. Mais en acceptant d’ouvrir à

son niveau la boîte de Pandore du temps de travail à l’hôpital, le directeur général de

l’AP-HP enlève une belle épine du pied de Marisol Touraine : il évite à la ministre des

Affaires sociales de porter en direct le dossier, alors que la Fédération hospitalière de

France réclame un assouplissement général de la réglementation des 35 heures. Chez

les syndicats aussi, on a bien conscience de l’ampleur de l’enjeu et on sait que la

réforme des Hôpitaux de Paris aura valeur d’exemple. Mais aussi de test.

 

Publié dans SANTE

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