Les Français craignent une hausse de leurs dépenses de santé

Publié le par angeline351

Les Français craignent une hausse de leurs dépenses de santé

Ce mardi, le cabinet Deloitte a dévoilé son baromètre santé annuel*, réalisé en partenariat avec l'Ifop, alors que la loi Santé devrait être votée ce jour à l’Assemblée. Pour cette édition 2015, les Français ont été interrogés sur l’accessibilité aux soins, leur budget en matière de santé ou encore sur la santé connectée.

Entre satisfaction et inquiétude

Diagnostic, prise en charge, traitement: «dans leur grande majorité (86%), les Français sont satisfaits de la qualité des soins qui leur sont prodigués», indique Michel Sebbane, responsable de la santé publique chez Deloitte. Ils sont par ailleurs attachés à l'universalité des prestations: 63% des sondés refusent que les remboursements de l'Assurance Maladie soient modulés en fonction des revenus de l'assuré. Même si «sept personnes sur dix ne seraient pas contre le fait que ceux qui ont des comportements à risques (tabac, alcool ou sports extrêmes) participent davantage aux dépenses de santé qu'ils entraînent», relève l'expert.

Mais tout n'est pas rose. L'accessibilité des soins et leur coût sont jugés moins satisfaisants. Une inquiétude renforcée par le sentiment que le nombre de médecins, généralistes ou spécialistes, ne cesse de diminuer, «surtout dans les zones rurales», précise Michel Sebbane. Comme en 2014, une large majorité (86%) des personnes interrogées estime que la part des dépenses restant à leur charge va augmenter. Au point d'en pousser certaines à renoncer à certains soins, notamment dentaires (34%).

Prêts à payer plus pour être remboursé plus

Côté porte-monnaie, les prix pratiqués par les complémentaires santé sont jugés élevés par 63% des Français, pour qui les remboursements des soins dentaires, d'optique et d''orthodontie restent insuffisants.

La généralisation de la complémentaire santé à l’ensemble des salariés, qui doit entrer en application au 1er janvier 2016, pourrait convaincre un Français sur deux de recourir à une «supplémentaire santé», un troisième niveau de prise en charge au-delà de la Sécu et de la complémentaire. «Un tiers serait même prêt à payer au moins 25 euros par mois en plus de la mutuelle collective», précise Jean-François Poletti, associé chez Deloitte et spécialiste du secteur assurance et mutuelle.

Sécuriser la e-santé

En théorie, plus de 70% des Français interrogés sont convaincus des bienfaits de la e-santé, que ce soit pour améliorer la coordination des professionnels de santé ou pour lutter contre les déserts médicaux. Mais en pratique, la santé connectée souffre d’un déficit de confiance et de communication. 

Ce désintérêt s'explique surtout par «des craintes sur la confidentialité des données personnelles» (41%), note Jean-François Poletti. Site Internet d'informations, dossier médical personnel, applications mobiles ou encore objets connectés: «Pour le moment, tout reste à faire, admet-il. Près de la moitié des assurés n'utilisent aucun des outils disponibles». 

*Enquête menée en ligne du 20 au 26 mars 2015 auprès d'un échantillon de 2.000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Publié dans SANTE

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