En toute franchise, ils en ont après nos droits ! » – Extrait du JEC n°76

Publié le par angeline351

 En toute franchise, ils en ont après nos droits ! » – Extrait du JEC n°76

En toute franchise, ils en ont après nos droits !

On peut organiser la diminution de la représentation des salariés par la négociation. La tentative a échoué faute de majorité et malgré quelques envies de l’Organisation Officielle du gouvernement, proche partenaire social du MEDEF et qui voudrait, en plus, se présenter comme réformiste.

On peut, aussi, tenter de légiférer. C’est l’option mise en œuvre actuellement, à la suite des négociations qui ont échoué. Rappelons que le cadre avait été fixé par le MEDEF.

A-t-on encore besoin de démontrer que le gouvernement a une « ouïe sélective », limitée à la voix du patronat ?

Le soir des résultats de la défaite cuisante au deuxième tour des élections départementales, le Premier ministre, droit dans ses bottes (que le MEDEF lui a prêtées), rappelle que ce projet de contre-réforme, « la loi sur la modernisation du dialogue social… » a été lancé « …pour simplifier et donc dynamiser la vie de nos entreprises ».

Limite s’il ne dénonce pas les représentants du personnel d’être à l’origine de l’austérité. Mais, il ne peut pas parler d’austérité au risque d’irriter son partenaire Laurent BERGER. Selon ce dernier, il n’y aurait pas d’austérité. Le gouvernement a un problème auditif et la CFDT, un problème oculaire. Nous sommes bien partis avec ce couple infernal. Mais il y a un peu de la faute de Jean-Claude Mailly devrait le savoir que toute vérité n’est pas bonne à dire. Peut-on lui reprocher ? Non, car il est le Secrétaire général d’une Organisation libre et indépendante et nous partageons pleinement ce qu’il développe dans son édito du début avril :

« C’est tout l’objet de notre journée de grève et de manifestations du 9 avril.

Cette responsabilité est du rôle d’une confédération qui combat l’austérité et ses effets néfastes. Il s’agit de se faire entendre par le gouvernement. » (1)

Alors, si certains en ont assez de se faire rouler dans la farine, qu’ils viennent chez nous, où il n’y a pas de D, dans notre sigle, comme Démocratie… Nous, nous la mettons en œuvre.

Dans son même discours, le Premier ministre explique : « les Français par leur vote et même leur abstention, ont dit, à nouveau, leurs attentes, leurs exigences, leur colère, leur fatigue, face à une vie quotidienne trop difficile ; le chômage, les impôts, la vie trop chère, j’ai entendu ce message… ». Il est sympa, il va donner une « prime d’activité » financée bien entendu par nos impôts, en lieu et place d’un vrai travail et d’un vrai salaire. Résultat, il veut continuer sa politique rejetée.

Il nous impose de ne pas se limiter aux urnes, puisqu’il ne prend pas en compte les résultats. Le 9 avril aura été un début de réponse. Seul un blocage de l’économie pourra porter ses fruits.

Avant de vouloir moderniser le dialogue social dans le monde du travail et mépriser la représentation salariale, il faudrait donner envie aux électeurs de voter pour les suffrages politiques en répondant aux attentes des travailleurs (augmentation des salaires donc du SMIC, un vrai travail, mais aussi du temps de repos avec leur famille, etc.). Avec des moyens de faire campagne, nettement supérieurs aux nôtres, on se retrouve avec une abstention de plus d’un électeur sur deux qui ne vote pas et dans le pire des cas, près de 75% d’abstention.

Revenons à la représentation du personnel, celle qu’ils veulent remettre en cause. Une autre solution existe et celle-ci est mise en œuvre. C’est la réorganisation du Commerce en succursale (magasins intégrés) par un passage en franchise.

Les grandes chaînes qui sont très nettement au-dessus des seuils pour déclencher des élections, se délestent des problèmes salariaux en favorisant le développement des franchises. Pour un grand nombre, ces entreprises franchisées sont en-dessous de 50 salariés ETP (équivalent temps plein), donc pas de délégué syndical, pas de Comité d’entreprise, pas de Comité d’Hygiène et de Sécurité et des Conditions de Travail et celles qui seraient en dessous de 11 ETP, pas de délégué du personnel.

Résultat : des entreprises où il n’y a pas de négociation, donc pas de 13ème mois et tout ce qui n’est pas mis en place au niveau des branches (d’où l’importance des négociations de branches, donc des conventions collectives). C’est une bonne méthode pour faire diminuer la masse salariale pour le franchiseur, comme pour le franchisé.

Aucune représentation du personnel, c’est aussi aucune protection pour prendre la parole face au patron. Rappelons que le projet de Loi Macron ambitionne de renvoyer le salarié au gré à gré.

 

Les franchises ont le vent en poupe.

Entre 2009 et 2014, elles sont passées de 53 101 à 68 171 (plus de 28%) avec une augmentation de 7,82% du chiffre d’affaires (de 47,72 à 51,45 millions).(2)

9% sont des commerces divers, 19,99% sont des commerces de l’équipement de la personne et 6,79% sont des commerces de l’équipement de la maison. (2)

Entre 2013 et 2014, elles auront eu 8,54 % de progression du chiffre d’affaires. Ce qui fait dire à la déléguée générale de la FFF (Fédération Française de la Franchise), Chantal Zimmer : « Si notre chiffre d’affaires global progresse dans un environnement économique en stagnation, cela signifie que les franchisés prennent des parts de marché sur les commerçants isolés ou sur les réseaux intégrés. »2 et c’est confirmé par René Prévost, le Président de la FFF : « Les commerçants sous enseigne s’en sortent mieux que les commerçants isolés »(2).

Il n’est pas étonnant que des réseaux, à l’origine succursalistes, se tournent aujourd’hui vers la franchise pour étendre leur toile sur le territoire, à l’instar des Darty, Fnac, Burton of London, Picard…2 sans oublier le groupe Vétir (Tati, Gémo, Eram…), Distrilap et d’autres.

Comme il l’est rappelé : « La franchise permet à ces réseaux de s’implanter dans des zones de chalandise plus petites où le succursalisme a du mal à bien fonctionner, mais où un point de vente géré par des franchisés se montre, lui, rentable, observe Chantal Zimmer. C’est aussi la preuve que la franchise contribue à l’animation économique de tous les territoires. »(2)

La cible est belle et bien identifiée, les parts de marché des commerces indépendants et, par conséquent, du Commerce de gros, puisque les indépendants s’approvisionnent auprès des commerces de gros contrairement aux franchises qui s’adressent aux franchiseurs.

Il n’y aura pas assez du travail du dimanche et de nuit dans le Commerce pour créer des distorsions de concurrence, il y aura la franchise qui menacera aussi les emplois des salariés travaillant chez les indépendants et les commerces de gros.

Tout un programme qui va à contresens de la diminution du chômage et de la relance économique. Ces mesures, on les retrouve chez nos voisins européens, ce qui provoque la même réaction, un rejet.

Publié dans COMMUNIQUE FO

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