le blog EURODIF-FO:par Olympia & Sylvie

ROUTIERS
LE BLOCAGE EVITE DE JUSTESSE
A





Les syndicats de routiers ont levé vendredi en fin d'après-midi leur appel à bloquer les plate-formes de ravitaillement en produits frais à partir de dimanche soir, après avoir obtenu un accord salarial avec la principale organisation patronale, sous l'égide du gouvernement.

Après la levée, jeudi, des préavis de grève reconductible déposés par plusieurs syndicats de la SNCF à compter de ce week-end, c'est maintenant la menace d'un conflit dur dans le secteur routier, à dix jours des fêtes de fin d'année, qui s'éloigne.

L'accord a été signé vendredi en début de soirée par l'organisation patronale Transport et logistique de France (TLF) et les cinq organisations syndicales qui appelaient à la grève (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC), en présence du secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, a-t-on constaté sur place au ministère des Transports à Paris.

Cet accord prévoit notamment des hausses de salaires allant de 2,9% pour les plus hauts salaires à 4% pour les plus bas. En contrepartie de cet accord salarial, le patronat va bénéficier d'allégements de charges sociales pour un montant de 100 millions d'euros.

"Le gouvernement s'attachera à ce que cet accord entre très rapidement en vigueur", c'est à dire "dès le début de 2010", a déclaré M. Bussereau lors d'une conférence de presse en présence des syndicats et du patronat.

L'accord prévoit également la tenue d'états-généraux du transports routiers, début 2010, pour engager notamment une refonte de la convention collective de la profession et définir un contrat de performance.

"C'est l'accord du bon sens, et surtout l'accord du respect des salariés", s'est félicité le porte-parole de la CFDT Maxime Dumont, visiblement harassé comme les autres syndicalistes par des heures de négociations, dont une nuit complète de discussions entre jeudi et vendredi matin.

"On est arrivé à un compromis acceptable. On regrette qu'une seule partie patronale ait participé jusqu'au bout", a pour sa part déclaré Richard Jaubert (CGT).

Les discussions avaient repris vendredi en fin de matinée au ministère des Transports à Paris, après une nuit de négociations. Les discussions vendredi se sont déroulées en présence de l'ensemble des organisations syndicales, mais d'une seule organisation patronale sur quatre, Transport et logistique de France (TLF).

Les trois autres avaient en effet quitté les négociations dans la nuit, jugeant "irréalistes", le projet d'accord proposé. Malgré une seule signature patronale, l'accord peut toutefois s'étendre à l'ensemble des entreprises du secteur. TLF "est en train de reprendre le leadership en matière de négociation sociale", s'est félicité le président de cette organisation patronale, Philippe Grillot.

En revanche, du côté des organisations patronales qui ont refusé de s'associer à la fin des négociations et à la signature, le mécontentement domine.

"Finalement, cet accord qui se voulait historique au regard des réévaluations accordées et qui permettait effectivement aux rémunérations du transport routier de se détacher du SMIC, risque sans avancées concrètes au cours des futurs états généraux (...) de creuser la tombe d'un très grand nombre de PME du secteur dans les 12 prochains mois", a ainsi estimé l'Organisation des transports routiers européens (OTRE) dans un communiqué.

Les négociations auront été particulièrement difficiles. Elles avaient été entamé mercredi sous l'égide du ministère des Transports en présence de médiateurs nommés par le gouvernement, après plusieurs mois de blocage entre le patronat et les syndicats et sur fond d'ultimatum de ces derniers faute d'accord. AP

Sam 12 déc 2009 Aucun commentaire