le blog EURODIF-FO:par Olympia & Sylvie
Patronat et syndicats de routiers ont entamé jeudi soir des négociations dans un climat tendu
Les syndicats des 500.000 salariés du transport routier ont posé un ultimatum à vendredi matin pour obtenir un accord salarial. Ils menacent de bloquer à partir
de dimanche des entrepôts de la grande distribution.
Les syndicats avaient quitté la table des négociations mercredi mais sont finalement revenus jeudi.
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A la reprise des discussions au ministère des Transports, chacun campait sur ses positions. Les syndicats réclament des hausses minimales de leurs salaires de 4% alors que le patronat propose une augmentation de l'ordre de 2%.Les négociations entre patronat et syndicats de routiers sous l'égide de Dominique Bussereau avaient tourné court mercredi, malgré la proposition de l'Etat de réduire de 100 millions d'euros la taxe carbone des entreprises du secteur pour les encourager à faire des concessions aux salariés. Cette mesure est jugée insuffisante par les organisations patronales.
Du côté des salariés, plusieurs syndicalistes ont reproché au patronat de se tourner vers l'Etat pour qu'il mette la main à la poche. Les syndicats viennent "déposer des revendications, on ne vient pas chercher des subventions", a lancé le secrétaire général de FO Transports, Gérard Martinez. "J'attends que les employeurs se comportent comme des employeurs et parlent des salaires" plutôt que de réclamer l'aide de l'Etat, a-t-il dit.
Les routiers, qui réclament la revalorisation des salaires, veulent bloquer des entrepôts de marchandises dès dimanche soir en cas d'échec: cinq syndicats des 500.000 salariés du transport routier de marchandises ont appelé à une grève illimitée.
Les syndicats, qui dénoncent une paupérisation des routiers, mettent en avant une série de revendications salariales: passage à un salaire de 10 euros brut de l'heure pour les coefficients les plus élevés, 4% d'augmentation pour les cadres, 4% pour l'augmentation des frais de déplacement, un 13e mois pour tous, une grille d'ancienneté identique pour tous. Ils demandent aussi une mutuelle de branche. Le patronat propose une augmentation de l'ordre de 2%.
Dominique Bussereau a proposé l'organisation d'"états généraux du transport" au premier semestre 2010. But: refondre la convention collective.
Trois membres d'un cabinet spécialisé ont été chargés de rapprocher les points de vue entre le patronat et les syndicats que Dominique Bussereau juge "éloignés aujourd'hui mais rapprochables". Les médiateurs ont commencé dès lundi soir à discuter avec les représentants de l'intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC).
L'Association des producteurs laitiers indépendants (APLI), dont le secteur est également en crise, a annoncé jeudi qu'elle pourraient se joindre au mouvement des routiers, selon une information de France Bleue Périgord jeudi.
Les Français solidaires avec le mouvement
73% de sondés jugent justifié le futur mouvement de grève des routiers pour une hausse de leur salaire horaire, selon un sondage BVA-Absoluce rendu public mardi par Les Echos et France Info. A la question "l'intersyndicale des routiers appelle à un mouvement de grève illimité à partir du 13 décembre - les syndicats réclament notamment un taux horaire revalorisé de 9,16 euros à 10 euros - vous, personnellement, trouvez-vous ce mouvement justifié ?", 22% répondent "tout à fait", 51% "plutôt", 13% "plutôt pas" et 10% "pas du tout" (4% sans opinion).
Le soutien au mouvement s'établit à 84% parmi les sympathisants de gauche et à 56% parmi ceux de droite (56%). A titre de comparaison, selon des chiffres de BVA, les soutiens les plus forts à un mouvement social dans les quatre dernières années étaient intervenus en mars dernier, lors de la journée d'action du 19 mars et des grèves en Guadeloupe (78% dans les deux cas) et le plus faible en octobre 2007 lors des grèves RATP et SNCF contre la réforme des régimes spéciaux de retraite (43%) .
Jeu 10 déc 2009
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