le blog EURODIF-FO:par Olympia & Sylvie


La France risque d’être privée de dinde à Noel. Les routiers la menacent d’une grève générale. Le gouvernement pourra-t-il sauver le repas des Français ?

(Edition internationale)- Les cinq syndicats de routiers appellent à la grève à partir du 13 décembre 21h30. 500.000 salariés sont concernés. Leurs revendications sont simples: ils veulent de l’argent. En clair, ils réclament un salaire à 10 euros brut de l’heure pour les coefficients les plus élevés (9,16 à l’heure actuelle), 4% d'augmentation pour les cadres, 4% de plus pour les frais de déplacement, et un 13e mois pour tous. Le tout accompagné d’une mutuelle. "On est dans une profession complètement paupérisée et en janvier mécaniquement lorsque le Smic sera revalorisé, l'intégralité de la grille salariale des routiers sera en dessous du Smic", a déclaré Maxime Dumont, secrétaire général de l'Union fédérale CFDT transports.



Une réaction rapide du gouvernement

La perspective d’un Noël sans dinde a dû jouer car jamais le gouvernement n’a été aussi réactif. Lundi, le secrétaire d’Etat chargé des Transports Dominique Bussereau a annoncé la mise en place d’un médiateur chargé de négocier entre le patronat et les syndicats routiers. Finalement, ils sont trois à avoir été nommés dans ce but : trois membres du cabinet d'experts Mensia Conseil, Martial Belon, Hervé Nadal et Éric Muir, chargés de la délicate mission de négocier avec les deux parties. Ce trio avait une journée pour arriver à des conclusions qu’il doit rendre ce matin à Dominique Bussereau lors d'une réunion qui rassemblera les deux camps au ministère.

Dominique Bussereau propose une discussion en deux étapes
Afin d’éviter le blocage de Noël, "un accord de bonne volonté réciproque" sur les problèmes salariaux pourrait être trouvé avant la fin de la semaine. A la rentrée de janvier, une deuxième session devrait être organisée afin de discuter sur les problèmes de fond.

Réactions des concernés
Les syndicats sont plutôt satisfaits de l’initiative de Bussereau et espèrent une solution rapide. "La situation semble mieux engagée que lors du précédent conflit, voici deux ans. Le gouvernement s'investit. Je pense que quelques organisations patronales ont des propositions à faire pour sortir de l'impasse." explique le secrétaire général de la CFDT, Maxime Dumont. Ils restent néanmoins lucides et n’excluent pas le retour au blocage en cas d’échec des négociations avec le patronat. Ce dernier, de son côté, semble assez coopératif puisque Jean-Paul Deneville, le délégué général de la Fédération nationale des transports routiers, a annoncé qu’elle était prête à offrir une augmentation de 2% pour les bas coefficients.

Les Français du côté des routiers
Selon un sondage BVA Absoluce, Les Echos, France Info, les Français estiment justifié à 73% le recours à la grève par les routiers. A la question "L'intersyndicale des routiers appelle à un mouvement de grève illimité à partir du 13 décembre; les syndicats réclament notamment un taux horaire revalorisé de 9,16 euros à 10 euros; vous, personnellement, trouvez-vous ce mouvement justifié?", 22% ont répondu "tout à fait", et 51% "plutôt". Seuls 23% seraient contre le blocage soit 23% de mécontents de ne pas avoir de dinde sur leur table de Noël..
Jeu 10 déc 2009 Aucun commentaire