CHARTE D’AMIENS 1906 LA FORCE DE L’INDEPENDANCE SYNDICALE

Publié par angeline351

CHARTE D’AMIENS 1906
LA FORCE DE L’INDEPENDANCE SYNDICALE

En 1996, Marc BLONDEL alors Secrétaire Général de la CGT-FORCE OUVRIERE, écrivait à propos de la Charte d’Amiens :

Nous avons fêté à Limoges, en Septembre 1995, le centième anniversaire de la CGT.

1895, ce fut historiquement un événement majeur puisque naissait ainsi la première organisation dont l’objectif était de rassembler toutes les composantes du mouvement ouvrier, et ce, sur des bases syndicales.

Le travail avait été débroussaillé par le Congrès de Nantes en 1894. Il trouva son épilogue au neuvième Congrès de la CGT, à Amiens en 1906, dans la célèbre Charte, qui a marqué de manière indélébile l’histoire et la pratique du syndicalisme français.

Il est vrai que la question était d’importance puisqu’il s’agit des rapports du syndicalisme à la politique.

Question qui sous-tend plusieurs problèmes fondamentaux, définit le rôle du syndicat, sa place dans un régime démocratique, en quoi l’exercice syndical lui-même est gage de démocratie.

De tels débats anciens resurgissent régulièrement. Ce que la Charte d’Amiens a apporté, c’est la notion d’indépendance syndicale et celle de majorité du syndicalisme.

On ne sera donc pas surpris que, depuis 1906, des arguments dilatoires, des interprétations, soient périodiquement développés contre cette Charte d’Amiens, notamment « pour justifier la nécessité d’adapter le syndicalisme ».

Il est indéniable que le syndicalisme a toujours été à la fois courtisé et attaqué.

Courtisé, car à l’encontre des mauvais coups que l’on veut lui faire subir, c’est le syndicalisme qui, historiquement, détient la clé du comportement des forces sociales ouvrières.

Attaqué de toutes parts, et plus particulièrement quand la situation le conduit à être force de résistance, le syndicalisme devient alors gênant. La tentation alors pour les gouvernants, quels qu’ils soient, d’essayer d’intégrer le syndicalisme, d’abord dans l’entreprise puis dans les rouages de l’Etat, est elle aussi cyclique.

Ce qui est toujours en cause, c’est l’indépendance et le droit permanent à la liberté de comportement, qui ne peuvent qu’être le privilège d’un syndicalisme authentiquement libre.

Nous commémorons cette année le quatre-vingt dixième anniversaire de la Charte d’Amiens qui a consacré cette indépendance, c’est-à-dire aussi le refus de toute ingérence extérieure dans les instances délibérantes de l’organisation syndicale.

Au moment de la scission, en 1947, Robert Bothereau, qui fut le premier Secrétaire Général de la CGT-FO, déclarait :

« La crise est due au glissement du syndicalisme loin de son chemin normal de self-détermination. Elle résulte de la menace qui pèse sur son indépendance à l’endroit des partis politiques.

C’est là pour le syndicalisme ouvrier un mal endémique, sans doute congénital, n’ayant jamais cessé de le menacer, mais que les événements actuels ont fait renaître avec violence. »

D’où la nécessité de rester sur le terrain syndical.

Quatre-vingt-dix ans après le respect de ce principe nous apparaît non seulement d’actualité, mais la condition même du maintien de l’indépendance du syndicat, contrepoids essentiel en démocratie.

NB : il s’agit de la période où le Parti Communiste investie par la force de l’Organisation Syndicale.