Jeudi 10 décembre 2009, le tour de la presse économique, par Marco Mosca.

Branle-bas de combat à la City
Le chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling, a allumé le feu à la City de Londres en annonçant un impôt exceptionnel pour 2009 sur les banques. Le Herald Tribune ne mâche pas ces mots en qualifiant cette décision d'"impensable" et en qualifiant cette attaque de "la plus directe contre les bonus dans le monde". Les banquiers ont réagi avec "fureur" au plan gouvernemental de lever immédiatement une taxe de 50% sur les versements des bonus, selon le Financial Times. Alistair Darling a justifié ce prélèvement exceptionnel en avançant que les banques avaient généré des bénéfices excédentaires directement ou indirectement liés au plan d'aide gouvernemental. Quelque 20.000 banquiers seraient ainsi concernés par cette surtaxe qui s'applique aux bonus supérieurs à 25.000 livres. "Je ne peux pas vous dire combien de personnes m'ont appelé de Londres pour partir", déclare un banquier de Wall Street au quotidien de la City. "La question que les banques se posent désormais est: qui veut encore rester au Royaume-Uni? Certains vont partir définitivement", poursuit le FT. Selon un autre, "le contrat entre le gouvernement et la finance est rompu". Dans leur éditorial, Les Echos précisent que "les temps ont changé outre-Manche. Le pays connaît la plus grave crise économique de ces 70 dernières années. Et il a dû injecter 850 milliards de livres pour sauver des banques, dont le rôle dans le déclenchement de cette crise est central. Difficile, dans ces conditions, d'accepter que ces mêmes établissements versent de généreux bonus à leurs traders financés avec l'argent du contribuable". Dans une tribune commune publié par le Wall Street Journal, le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy en appellent à une régulation mondiale des banques, "un pacte mondial à long terme qui fasse la synthèse tant des responsabilités du système bancaire que du risque qu'il présente pour l'économie dans son ensemble". Si les deux dirigeants reconnaissent le rôle primordial joué par l'Europe dans les propositions de régulation qui ont été jusque-là avancées, ils considèrent qu'il faut à nouveau que l'Europe prenne l'initiative pour déboucher sur un consensus global. "Les gens veulent un système bancaire d'après-crise qui mette leurs intérêts en premier. Pour ce faire, un changement global est au minimum nécessaire", concluent-ils.

SFR ouvre la porte à Huawei
Le groupe chinois spécialisé dans la téléphonie mobile Huawei n'avait pas encore réussi à pénétrer le marché français et à y vendre son matériel. C'est désormais chose faite, selon La Tribune qui indique que Huawei a remporté il y a quelques semaines un contrat pour fournir des nouvelles stations de base à SFR dans deux régions du sud de la France."Cela démontre que la technologie chinoise est reconnue par les opérateurs français", d'après un témoignage recueilli par le quotidien. Et ce premier contrat pourrait servir de "cheval de Troie" alors que la 4e licence de téléphonie mobile 3G est en cours d'attribution.

Mickey et les poches percées
"Pendant que Mickey et Donald travaillent dans les parcs Disney, l'oncle Picsou, lui, tape dans la caisse du CE d'Euro Disney", indique Le Parisien qui révèle que plus de 230.000 € auraient été détournés depuis un an par l'actuel secrétaire CGT du CE, selon un ancien employé administratif du comité d'entreprise. "Détournement de paiements en espèces ou de bons cadeaux, abonnements gratuits négociés avec des fournisseurs pour être ensuite revendus aux salariés, envois de fonds du CE en mandat cash à l'étranger… diverses méthodes étaient mises à contribution pour se servir dans les caisse du comité", selon le quotidien. Le CE d'Euro Disney est une "grosse machine" avec un budget annuel de 2,8 millions d'euros.
Le procureur de Meaux "a ouvert une enquête préliminaire" suite au dépôt de plainte contre X fin octobre du syndicat FO pour "malversations" et "escroquerie", a-t-on expliqué de source judiciaire, confirmant l'information du Parisien. L'enquête, menée par les policiers du commissariat de Chessy, "est en cours", a-t-on précisé de source judiciaire.

Explosion de la cyber-malversation
Au moment où l'on parle beaucoup de liste de comptes bancaires dérobée, Les Echos publient les résultats d'une enquête fort intéressante sur le vol de données en entreprise. Selon KPMG, les pertes de données dans les entreprises sont en nette recrudescence, et ce malgré les efforts mis en place pour sécuriser les systèmes informatiques. Quelque 2.300 incidents liés au vol ou à la perte de données affectant un total de 700 millions de personnes dans le monde ont pu ainsi être recensés par le cabinet d'audit. "Entre janvier et juin 2009, 110 millions de personnes ont été directement ou indirectement affectées par ces "cyber-malversations".