Ce ne sont pas seulement nos systèmes de retraite qui sont aujourd’hui menacés par les projets inspirés des réflexions patronales, c’est toute la protection
sociale que l’on entend remettre en cause en transférant sur les individus le poids des prélèvements obligatoires.
Nous avons besoin d’une Sécurité sociale qui permette de garantir un revenu de remplacement et d’assurer la couverture des risques liés aux accidents de la vie.
Nous ne reviendrons pas aux anciennes formes de garanties qui s’appuyaient sur l’entraide autour de la famille et des dispositifs d’assistance.
La crise financière et économique, dans la période récente, a démontré la solidité de nos systèmes de retraite par répartition basés sur la solidarité inter-générationnelle ; face au défi
démographique et à la montée du chômage, le système français a mieux résisté que les nombreux dispositifs initiés par la Banque mondiale et appliqués chez un grand nombre de nos voisins
européens.
La crise financière a démontré l’extrême fragilité de la capitalisation, la chute des rendements financiers a contraint nombre de pays à réviser à la baisse le montant des pensions et à
envisager le recul de l’âge de la retraite.
Il en est de même de nos voisins européens qui se sont engagés dans la voie des régimes en comptes notionnels ou en points. Ces régimes n’ont pas pour autant réglé la problématique des
mutations démographiques ni résolu la validation des périodes non travaillées, qui représentent le volet du non contributif ainsi que les éléments constitutifs des droits familiaux. Le recul de
l’âge de la retraite est inacceptable, le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer la règle de nos régimes par répartition.
Si nous reconnaissons la nécessité d’adapter les recettes et les dépenses, nous considérons que des solutions existent. La crise ne doit pas nous conduire à un repli sur l’individualisme ou à
un conflit de génération. On ne peut que s’étonner de constater que la crise financière n’a pas servi de leçon à ceux qui prônent encore le développement des systèmes de couvertures
individuelles.
Les retraités ne sont pas à l’abri de mesures qui viendraient amputer le niveau de leurs pensions. Les réformes successives qui ont été conduites depuis 1993 ont toujours abouti a faire baisser
le taux de remplacement et nous sommes bien partis pour atteindre des niveaux inférieurs ; de bonnes raisons pour faire preuve de vigilance à l’approche du rendez-vous 2010.
Secteur Retraites Devy Bernard
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