Elle a été licenciée pour avoir envoyé 156 e-mails en deux mois
Valérie n’aurait jamais imaginé que les e-mails qu’elle envoyait à sa mère allaient lui coûter son emploi. « Tout le monde utilisait la messagerie de l’entreprise à des fins personnelles, je ne me méfiais pas », confie cette jeune femme
souriante de 33 ans, ex-assistante de gestion dans un cabinet comptable à Angers (Maine-et-Loire).
En avril 2007, Valérie reçoit pourtant une convocation pour un entretien préalable de licenciement. « Je suis tombée des nues quand mon directeur m’a expliqué qu’il me mettait à la porte à cause
des courriers que j’échangeais avec ma mère ». Très exactement 156 e-mails envoyés et reçus durant les mois de mars et d’avril 2007 : « J’étais déprimée à ce moment de mon existence. Je ne m’étais
pas remise du décès accidentel de mon compagnon et ma mère m’apportait un soutien nécessaire. » Un soutien qui Valérie est catégorique n’empiétait pas sur sa productivité.
« Mon directeur a prétendu que je consacrais une heure par jour à ces courriers, mais c’est faux, cela ne me prenait que quelques minutes. Et mon employeur ne m’a jamais accusée d’avoir mal fait
mon travail. »
Valérie avait signé en 2003 la charte de l’entreprise qui enjoignait expressément les salariés « à n’utiliser Internet
Choquée par son licenciement, elle décide de ne pas baisser les bras. « Cette sanction, sans aucun avertissement préalable, était très injuste », s’emporte-t-elle. Et de souligner que depuis
quelque temps ses rapports avec son supérieur direct étaient « compliqués ». « J’avais même demandé à changer de service. »
Elle porte l’affaire devant la justice. En première instance, les prud’hommes d’Angers la déboutent, estimant que « la fréquence et l’importance en volume » de ses e-mails étaient « génératrices
d’abus ». Valérie fait appel et obtient finalement gain de cause. Le tribunal estime que son licenciement n’est pas motivé par des éléments « assez sérieux ». Elle obtient une réparation de 9 756
€ .
Aujourd’hui, la jeune femme a ouvert son salon de toilettage canin autour d’Angers. « Je n’ai plus de patron sur le dos, c’est le bonheur. » qu’à des fins professionnelles ». « Mais je
pensais que seuls les sites Internet et non pas les e-mails étaient concernés par cette disposition », précise la jeune femme qui faisait porter la mention « personnel » sur ses courriers afin de
s’assurer que son employeur ne les lirait pas.
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