Dimanche 21 juin 2009
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Protection sociale
> LES DÉFICITS SUR FOND DE CRISE, COMME PRÉTEXTE À REMISE EN CAUSE DE LA RETRAITE À 60 ANS
Le gouvernement a commencé à préparer le terrain à une nouvelle régression des droits des salariés. Plusieurs de ses membres s’interrogent tout haut sur la possibilité de faire travailler tout le
monde jusqu’à 67 ans.
La retraite à 67 ans. Dimanche dernier, le ministre du Travail, Brice Hortefeux, a présenté ce recul parmi les solutions qui pourraient être envisagées. «Comme on sait que si on ne fait rien
on va dans le mur, il n'y pas aujourd'hui à ma connaissance 36 solutions, il y en a trois: diminuer les pensions – est ce que vous sentez aujourd'hui dans le pays les gens prêts à cela ? –
augmenter la durée de cotisation, (ou) reporter l'âge de départ à la retraite comme l'ont fait les Allemands sur une trentaine d'années jusqu'à 67 ans», a expliqué M. Hortefeux, avant d’ajouter,
«ce sont les trois pistes généralement présentées et il faut naturellement exprimer des choix». Sa sortie ayant provoqué une levée de bouclier des syndicats, le ministre a ensuite précisé le
lendemain que ces «pistes» n'engageaient bien sûr «en rien» le gouvernement, qui, lui, «ne privilégie aucune de ces pistes».
Plus prudent, le Premier ministre François Fillon,a déclaré que cette question «n'est pas une question taboue» et elle «mérite un grand débat national». Une question a traité sans plus attendre,
selon le ministre du Budget Eric Woerth. La crise explique «la moitié du déficit global du régime général (20,1 milliards d'euros) avec des impacts différenciés selon les branches», a-t-il déclaré
(lundi) devant la commission des comptes de la Sécu. «Sur les 9,4 milliards de déficit de l'assurance maladie, environ la moitié, autour de 4,5 milliards d'euros, est due à la crise. Le déficit
structurel de l'assurance vieillesse est comparativement plus important: sur les 7,7 milliards d'euros, la crise n'explique que 30% du déficit et il reste près de 5,5 milliards d'euros de déficit
structurel», a affirmé le ministre des comptes publics. Pour lui, «cela rend d'autant plus nécessaire le point d'étape (sur les retraites complémentaires) que le gouvernement fera avec les
partenaires sociaux en 2010, sans attendre le prochain rendez-vous des retraites».
«Ce n'est pas anodin (de parler de l'âge de la retraite) maintenant» car «on commence à préparer ou à conditionner l'opinion publique, c'est cela que ça signifie», a réagi Jean-Claude Mailly (FO).
«Si les déficits affichés de nos systèmes de retraite servent de prétexte à ces annonces», son organisation «s’interroge sur l’opportunité d’une telle initiative, qui plus est en période de crise»
alors que «chaque jour de nouveaux plans sociaux viennent grossir les rangs des demandeurs d’emploi» et que «chaque nouvelle vague frappe en priorité les travailleurs dits seniors». La
confédération rappelle que «malgré plusieurs "plans" en faveur de l’emploi des seniors, leur taux d’emploi stagne à 38,2 % et rien n’a changé dans le comportement des entreprises qui utilisent
toujours les salariés de plus de 50 ans comme variable d’ajustement des effectifs». Qui plus est en ces temps de crise. Pour FO, accepter un quelconque recul de l’âge de la retraite au-delà de 60
ans, c’est renoncer au régime de retraite par répartition, (système solidaire et égalitaire) en faisant travailler tous les salariés «jusqu’à la dépendance». Et la centrale d’ajouter: «ces
provocations attestent si besoin était, la nécessité que les salariés doivent se mobiliser pour défendre» l’emploi, les salaires et les pensions.
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